Kant,
Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique,
1784
deuxième_proposition.txt
phil_arc
1784 NE
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Kant, Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique, 1784
Deuxième proposition (début)
Idée selon laquelle si la raison qui interroge le sens travaille les individus,
ce n'est pas pour leur faciliter la vie (ils seraient moins inquiets sans ses interrogations) ,
mais parce qu'ils appartiennent à une humanité qui les déborde.
[B7 ext]
Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique,
1784
deuxième_proposition.txt
phil_arc
1784 NE
Chez l'homme (en tant qu'il est la seule créature raisonnable sur terre),
les dispositions naturelles, dont la destination est l'usage de la raison,
devaient se développer seulement dans l'espèce, pas dans l'individu.
La raison, dans une créature, est une faculté d'étendre les règles
et les intentions de l'usage de toutes ses forces bien au-delà de l'instinct naturel
et elle ne connaît aucune limite à ses projets.
Mais elle n’œuvre pas elle-même de façon instinctive.
Au contraire, elle a besoin de tentatives, de pratique, elle a besoin de tirer des leçons,
pour progresser petit à petit d'un degré de discernement à l'autre.
C'est pour cette raison qu'il faudrait à chaque homme une vie démesurément longue
pour apprendre comment il doit faire un usage entier de toutes ses dispositions naturelles ;
ou, si la nature n'a fixé à sa vie qu'une courte durée (ce qui s'est effectivement produit),
elle a alors besoin d'une succession indéfinie de générations,
dont chacune lègue aux autres ses lumières,
pour que ses germes atteignent dans notre espèce un niveau de développement
qui soit pleinement conforme à son intention.
Et ce terme doit être, au moins dans l'idée que l'homme en a, le but de ses efforts,
car, sinon, les dispositions naturelles, pour leur plus grande part,
devraient être considérées comme vaines et sans finalité ;
ce qui supprimerait tous les principes pratiques, et rendrait de cette façon la nature,
dont normalement la sagesse doit servir de principe dans le jugement de ses créations,
suspecte de se prêter, en l'homme seulement, à un jeu puéril#&& [KANT, IMMANUEL]
les dispositions naturelles, dont la destination est l'usage de la raison,
devaient se développer seulement dans l'espèce, pas dans l'individu.
La raison, dans une créature, est une faculté d'étendre les règles
et les intentions de l'usage de toutes ses forces bien au-delà de l'instinct naturel
et elle ne connaît aucune limite à ses projets.
Mais elle n’œuvre pas elle-même de façon instinctive.
Au contraire, elle a besoin de tentatives, de pratique, elle a besoin de tirer des leçons,
pour progresser petit à petit d'un degré de discernement à l'autre.
C'est pour cette raison qu'il faudrait à chaque homme une vie démesurément longue
pour apprendre comment il doit faire un usage entier de toutes ses dispositions naturelles ;
ou, si la nature n'a fixé à sa vie qu'une courte durée (ce qui s'est effectivement produit),
elle a alors besoin d'une succession indéfinie de générations,
dont chacune lègue aux autres ses lumières,
pour que ses germes atteignent dans notre espèce un niveau de développement
qui soit pleinement conforme à son intention.
Et ce terme doit être, au moins dans l'idée que l'homme en a, le but de ses efforts,
car, sinon, les dispositions naturelles, pour leur plus grande part,
devraient être considérées comme vaines et sans finalité ;
ce qui supprimerait tous les principes pratiques, et rendrait de cette façon la nature,
dont normalement la sagesse doit servir de principe dans le jugement de ses créations,
suspecte de se prêter, en l'homme seulement, à un jeu puéril#&& [KANT, IMMANUEL]
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Kant, Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique, 1784
Deuxième proposition (début)
Idée selon laquelle si la raison qui interroge le sens travaille les individus,
ce n'est pas pour leur faciliter la vie (ils seraient moins inquiets sans ses interrogations) ,
mais parce qu'ils appartiennent à une humanité qui les déborde.
[B7 ext]

