16787 AH
Il est 3h15 du matin, mais impossible d'oublier cette folie…
Après avoir passé l'essentiel de la journée d'hier à méditer avec les Araï,
et le plus clair de la soirée à discuter de la nature de ces mondes avec CW,
j'ai pris une gorgée de cette abominable gnôle d'Hunrath
et je me suis effondrée sur mon siège.
Je viens de me réveiller d'un rêve étrange.
Je ne suis pas du genre à prêter grande attention aux rêves,
mais peut-être les Araï m'ont-ils amenée à comprendre une chose…
ou peut-être qu'après cette intense discussion,
mon subconscient a établi des connexions logiques….
Ou alors, c'est l'effet de la gnôle.
Ce rêve…
Je m'occupais d'un jardin… un jardin gigantesque.
L'important, ce n'était pas les fleurs ou les légumes… c'était l'état de ce jardin.
Je travaillais d'arrache-pied pour le contrôler, le maîtriser et améliorer son état…
mais le jardin semblait me mettre sans cesse des bâtons dans les roues.
Et après ce qui m'a semblé être des journées de travail, j'ai laissé tomber…
Je suis restée là, à ne rien faire, et le jardin a prospéré devant mes yeux…
grandissant et s'étendant dans toutes les directions.
Parce que (comme je l'ai alors compris), ce n'était pas à moi de gérer
et contrôler le système sur lequel reposait cette végétation.
Le système naturel des plantes se porte mieux lorsqu'il est livré à lui-même…
lorsqu'elles sont libres de se propager, de s'entremêler,
de se fertiliser mutuellement et de muter.
D'accord, d'un point de vue humain, elles risquent de ne pas me fournir ce que j'attends.
Les fruits sont plus petits, les fleurs aussi, et il y a pas mal de saletés.
Mais du point de vue des plantes, elles sont plus robustes, plus résilientes et résistantes.
Plus elles sont éparpillées, plus leurs chances de survie sont élevées.
Et en y réfléchissant, je constate qu'à titre individuel,
les plantes et les graines ne bénéficient pas toutes de la situation.
Elles ont été arrachées à leur lieu d'origine,
contraintes de subir des conditions apparemment extrêmes…
au risque de périr dans ce nouvel environnement.
Mais pour les graines qui survivent… ah, celles qui survivent…
Elles présentent un potentiel, une force et une abondance…
C'est à la fois magnifique et terrifiant.
Et au-delà de cette beauté, il y a un système et une structure qui défient l'entendement.
Et si tout cela est un processus naturel…
On peut percevoir des signes de l'existence de quelque chose, derrière,
mais ces signes sont bien dissimulés.
Alors, eh bien… quand j'examine tout ça,
la cellule, l'arbre, l'eau, les graines, le centre, la santé, même les enlèvements…
Eh bien… cela semble relever d'un vaste système… ou d'un grand projet.
Mais ce projet ne tient pas compte de "moi".
Il n'a aucune émotion et ne s'intéresse qu'au bien-être de quelque chose de beaucoup plus vaste.
C'est assez déplaisant, mais… après tout…
que "suis-je" par rapport au grand dessein de l'univers ?
Je n'ai aucune idée de ce qui a pu donner naissance à ce processus
(si tant est que quelque chose l'ait amorcé), mais c'est sans importance.
Mon choix se limite à lutter contre le processus ou à laisser le jardin grandir.
Demain je parlerai à C. W.
Il est peut-être possible de lui faire oublier son plan de batterie.
Il est 3h15 du matin, mais impossible d'oublier cette folie…
Après avoir passé l'essentiel de la journée d'hier à méditer avec les Araï,
et le plus clair de la soirée à discuter de la nature de ces mondes avec CW,
j'ai pris une gorgée de cette abominable gnôle d'Hunrath
et je me suis effondrée sur mon siège.
Je viens de me réveiller d'un rêve étrange.
Je ne suis pas du genre à prêter grande attention aux rêves,
mais peut-être les Araï m'ont-ils amenée à comprendre une chose…
ou peut-être qu'après cette intense discussion,
mon subconscient a établi des connexions logiques….
Ou alors, c'est l'effet de la gnôle.
Ce rêve…
Je m'occupais d'un jardin… un jardin gigantesque.
L'important, ce n'était pas les fleurs ou les légumes… c'était l'état de ce jardin.
Je travaillais d'arrache-pied pour le contrôler, le maîtriser et améliorer son état…
mais le jardin semblait me mettre sans cesse des bâtons dans les roues.
Et après ce qui m'a semblé être des journées de travail, j'ai laissé tomber…
Je suis restée là, à ne rien faire, et le jardin a prospéré devant mes yeux…
grandissant et s'étendant dans toutes les directions.
Parce que (comme je l'ai alors compris), ce n'était pas à moi de gérer
et contrôler le système sur lequel reposait cette végétation.
Le système naturel des plantes se porte mieux lorsqu'il est livré à lui-même…
lorsqu'elles sont libres de se propager, de s'entremêler,
de se fertiliser mutuellement et de muter.
D'accord, d'un point de vue humain, elles risquent de ne pas me fournir ce que j'attends.
Les fruits sont plus petits, les fleurs aussi, et il y a pas mal de saletés.
Mais du point de vue des plantes, elles sont plus robustes, plus résilientes et résistantes.
Plus elles sont éparpillées, plus leurs chances de survie sont élevées.
Et en y réfléchissant, je constate qu'à titre individuel,
les plantes et les graines ne bénéficient pas toutes de la situation.
Elles ont été arrachées à leur lieu d'origine,
contraintes de subir des conditions apparemment extrêmes…
au risque de périr dans ce nouvel environnement.
Mais pour les graines qui survivent… ah, celles qui survivent…
Elles présentent un potentiel, une force et une abondance…
C'est à la fois magnifique et terrifiant.
Et au-delà de cette beauté, il y a un système et une structure qui défient l'entendement.
Et si tout cela est un processus naturel…
On peut percevoir des signes de l'existence de quelque chose, derrière,
mais ces signes sont bien dissimulés.
Alors, eh bien… quand j'examine tout ça,
la cellule, l'arbre, l'eau, les graines, le centre, la santé, même les enlèvements…
Eh bien… cela semble relever d'un vaste système… ou d'un grand projet.
Mais ce projet ne tient pas compte de "moi".
Il n'a aucune émotion et ne s'intéresse qu'au bien-être de quelque chose de beaucoup plus vaste.
C'est assez déplaisant, mais… après tout…
que "suis-je" par rapport au grand dessein de l'univers ?
Je n'ai aucune idée de ce qui a pu donner naissance à ce processus
(si tant est que quelque chose l'ait amorcé), mais c'est sans importance.
Mon choix se limite à lutter contre le processus ou à laisser le jardin grandir.
Demain je parlerai à C. W.
Il est peut-être possible de lui faire oublier son plan de batterie.

