Yep, continue, c'est chouette de suivre ton périple. J'attends avec impatience l'épisode où tu arrives au volcan et où tu descends à D'ni par la faille. [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/yes.gif[/img]
Ces habitations des Anasazis* sont vraiment fascinantes, lovées dans leur falaises depuis des siècles...
<!--sizeo:2--><!--/sizeo-->*mon correcteur orthographique ne connaît pas ce mot et me propose "antinazis" à la place. [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/spamafote.gif[/img] <!--sizec--><!--/sizec-->
Aujourd'hui c'est relâche. Journée shopping à Durango.
C'est une petite ville sympa dans le Colorado.
Typiquement américaine avec sa Main Street aux multiples commerces, le quartier historique encore plus commercial mais très typé, les commerces au rez-de-chaussée et au-dessus des bureaux comme dans les films avec les détectives ou les avocats, vous voyez le genre, et puis ses quartiers résidentiels avec ce genre de maison où on voyait le gamin passer en vélo et jeter le journal au loin.
Je crois que ce genre de distribution existe toujours car en passant devant les bureaux du Durango Herald j'ai vu des vélos qui devaient servir à ça.
De Durango part un antique train à vapeur qui vous emmène vers les hauteurs.
J'ai renoncé, le prix de la place allant de 95 à 200 dollars. J'aime bien faire des trucs mais tout de même, je ne les ponds pas.
Par contre j'ai visité le musée qui est sympa.
Encore un truc étonnant ici, tous les musées que j'ai visités sont gratuits. Et comme toujours il y a une boîte avec indiqué que les dons seront grandement appréciés.
Du coup tu laisses ton petit billet sans remords.
Donc shopping en vue; ça ne me coûtera sûrement pas moins de pognon mais au moins j'aurai quelque chose en main. Mouarf !
Pour le shopping, inutile de dire qu'on trouve tout ce qu'on veut, fringues, alcools, gadgets, armes, etc.
J'ai passé un moment à la terrasse d'un coffee shop à observer le monde qui m'entourait.
Bus scolaires, trucks, pickups, bécanes, bagnoles de fous, bagnoles de police avec énorme pare-buffle à l'avant, plus quelques engins étranges comme cette bicyclette sur laquelle le cycliste est plus allongé qu'assis, avec un guidon ape, une fourche de bécane custom et à l'arrière un mini moteur genre Solex pour aider au pédalage, le spectacle est permanent.
Je suis entré entre autres dans un candy-shop. A côté les magasins de bonbons chez nous sont minables, pas tant par la taille que par le choix proposé. Juste invraisemblable. J'ai résisté.
Bon, j'ai tout de même fait quelques achats et ma carte de crédit a pris un petit coup dans l'aile mais au diable les varices comme disait mon orthopédiste.
Petit tour à la concession HD du coin. Les prix sont quasi les mêmes que chez nous, y a pas de miracle.
J'ai aussi croisé des gars qui à mon avis jouent au foot US dans une équipe du coin.
À côté notre Dédé est anorexique. (Un pote considéré comme 'balaise' de ce côté de l'atlantique)
Ces types sont des monstres.
Ils te filent une baffe et tu passes du Colorado à l'Arizona sans toucher le sol.
J'adore de plus en plus ce sport et les matchs sont d'une intensité incroyable.
J'aime le foot et j'ai apprécié de découvrir le rugby à 7 grâce au gamin de Dédé mais ça c'est vraiment autre chose. Woaw !!!
Le temps est magnifique et comme nous sommes tout de même dans une station de ski, il fait suffisamment frais que pour ne pas être incommodé par la chaleur.
Ici tout les bikers, sauf les touristes, roulent relax.
J'ai donc sacrifié avec grand plaisir aux coutumes locales en roulant en short, basket, t-shirt et casquette sur la tête.
Ca aussi c'est un pur plaisir !!!
Là je me suis arrêté dans un bar "Welcome Bikers" pour siroter une Bud en vous racontant tout ça. La déco est faite à partir de poignées de pompes à bière.
Original, voire photo ci-dessous.
Grâce au copieux petit déjeuner j'ai sauté le repas de midi sans problème.
Ce soir je retourne au bar-resto d'en face et je me tape une pizza maison.
Ce sera tout pour aujourd'hui.
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Intérieur d'une loco.
"Tourne la manette Joe"
"Euh... laquelle ?"
"La rouge Joe, la rouge"
"P... de b... de m... !"
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Intérieur pour les gens zézés !
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Intérieur pour les grattes-culs ou sans-dents.
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Eliot Ness est parmi nous !
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Elles avaient tout de même une classe folle ces caisses !
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Ils ont un peu changé les camions de pompiers !
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Je déteste la chasse et les chasseurs mais ça, ça m'a quand même fait marrer !
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Le plus vieil hôtel de la ville.
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Comme je disais, les immeubles avec commerces au rez et bureaux au 1er. On s'attend à trouver le bureau de Philip Marlowe.
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Et les célèbres escaliers anti-incendie.
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Faut dire que le skate là-bas c'est un vrai moyen de locomotion.
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A boire pour les toutous. Bon, ok, ça se fait aussi chez nous ...
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Mais à manger, avouez que c'est nettement plus rare !!!
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Un petit chewin-gum ?
[attachmentid=859]
Mon bar du jour.
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Déco originale !
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
Trop bien ce voyage par procuration [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/applaudir.gif[/img]
"Qu'est-ce que c'est que ce style de bouffer des petits machins tout secs et trois gallons de flotte par jour ? [...]
Si la jeunesse se met à croire à ces conneries, on se dirige tout droit vers une génération de dépressifs ! Le gras, c'est la vie."
Karadoc - Livre II, Corpore sano
Avant de parler de cette journée commençons par finir celle d'hier.
Pour le soir j'avais donc décidé de retourner manger au même resto-bar que la veille et d'y commander une pizza.
Que je vous explique : au fond du bar se trouve une ancienne caravane transformée en cuisine et il faut se présenter à la fenêtre pour faire sa commande.
Vous payez, vous donnez votre prénom pour qu'on vous retrouve et vous allez vous asseoir.
Je vais donc à la fenêtre et je fais mon choix de pizza.
La jeune fille de service me demande si je veux une pizza 12 inchs ou une 16 inchs.
Comme je ne sais pas vraiment quoi répondre elle me demande si j'ai fort faim.
Je veux que j'ai faim, j'ai rien mangé à midi et j'ai l'estomac dans les talons.
Ok me dit elle, alors prenez une 16 inchs.
Ok, ça roule.
Je vais m'asseoir et je potasse un peu ma route du lendemain.
Au bout d'un moment un gars se dirige vers moi avec un plateau et une énorme pizza.
Devant mon air sceptique il me demande si je suis bien Paul et comme je réponds par l'affirmative il dépose la pizza devant moi et me souhaite bon appétit.
Oh my god !!!
Cette pizza avait la taille d'une des jantes de ma bécane.
Mais comment font les gens ici pour s'enfiler un truc comme ça ?
Parce qu'en plus elle est garnie de façon copieuse.
Même ceux qui ont le plus gros appétit parmi nous n'arriveraient pas à la fin.
Avec une pizza comme celle là Patsi tient une semaine.
J'en ai avalé la moitié par pure gourmandise parce qu'elle était vraiment excellente. Sans doute une des meilleures que j'ai jamais mangé mais à la moitié j'ai calé.
Suis reparti avec un carton et mon autre moitié mais ce matin je l'ai mise à la poubelle.
Je ne me voyais pas me trimbaler avec ma pizza pendant la journée.
J'ai regardé s'il n'y avait pas un sdf qui trainait par là pour la lui filer mais dans ce quartier ils ne traînent pas. Dommage.
Oui, ils ont des sdf aussi.
Bon dodo et ce matin, tôt levé et petit déjeuner consistant.
Aujourd'hui j'ai une de mes plus grosses étapes, +- 500 bornes et pas que d'autoroute.
Il fait frisquet voire même franchement frais et j'ai mis une petite laine pour protéger mon torse de vaillant guerrier de la route.
Durango est à 2000m d'altitude et je pars vers Silverton qui est à 2800m.
Ici l'automne montre le bout de son nez et le matin ça caille.
La route s'élance dans les Rocky Moutains et ça monte bien.
Je passe certainement les 3000m d'altitude puisque ensuite je redescends vers Silverton même.
On se croirait dans les Alpes sauf qu'ici tous les sommets sont arrondis, comme usés.
La forêt qui borde la route des 2 côtés est parée de toutes les couleurs vertes, jaunes, oranges et rouges propres à l'automne par ici.
Ajouter à cela un petit vent qui fait voler de magnifiques feuilles jaunes au travers de la route et vous aurez une idée du trajet somptueux que je fais dans les montagnes.
En arrivant à Silverton une erreur d'aiguillage m'oblige à faire un demi tour sur un truc en pente plein de graviers.
Je vais pour reprendre ma route lorsqu'un camion déboule sur ma gauche.
Vu le genre de camion par ici tu ne discutes pas et tu t'arrêtes, sauf que là je suis en dévers et sur du gravier... et ça ne rate pas, la bécane se couche.
P.... de b.... de m... !!!
Bon j'étais à l'arrêt donc je sais déjà qu'il n'y aura aucun dégât mais je jure tout de même un bon coup, d'autant que la moto n'est pas à l'horizontale mais en pente, le guidon vers le bas.
Avant même d'essayer je sais déjà que je n'arriverai pas à la redresser seul.
J'ai à peine le temps de me dégager qu'un américain d'une cinquantaine d'année arrête sa jeep à côté de moi et me dit avec un sourire 25 carats : Bad place to stop !
Tu l'as dis bouffi.
Ni une ni deux en 15 secondes chrono la moto est sur sa béquille.
Thanks for your help sir !
Bon, je lui dis que je crois que j'ai besoin d'un bon café et toujours avec son grand sourire il m'indique un coffee shop à Silverton, ou alors au bled suivant, Ouray qui, me dit-il, est un coin de Suisse en Amérique.
« Very nice place !!! ».
Comme j'avais décidé de m'arrêter à Silverton je ne change pas mes plans.
Si vous avez un minimum de bases en anglais vous aurez compris que Silverton est une déclinaison de Silver Town, et donc comme c'est une bourgade minière qu'est ce qu'on y trouve ?
Voilà !
Très sympa, avec de vieilles maisons aux façades peintes et plein de commerces du métal en question.
Emplette et hop je reprends la route.
Accessoirement c'est le bled où arrive le train à vapeur que je n'ai pas pris la veille.
Départ pour Ouray en empruntant la Million Dollar Highway.
Il y a plusieurs routes pour aller de Durango à Moab mon point de chute, mais on m'avait conseillé celle-là pour sa beauté.
On ne m'a pas menti.
Ce second tronçon est absolument magnifique et s'enfonce profondément dans les Rocheuses.
La route est en bon état et large mais elle a cette particularité de longer d'impressionnants ravins sans qu'il n'y ai le moindre garde-fou ou rail de sécurité. Pour nous habitués à ce genre de trucs c'est un peu déstabilisant.
Pas vraiment dangereux mais étrange.
De toute façon tu ne risques pas grand chose, la vitesse étant strictement limitée à 25 voire même 15 milles/h et les américains respectant scrupuleusement ces limitations, pour se vautrer faut vraiment le vouloir.
Sur le trajet, des travaux.
Pourquoi nous raconte t'il ça vous demandez vous, on s'en fout qu'il y ait des travaux.
Juste pour deux trucs : Primo ici pas de feu réglant la circulation dans un sens ou dans l'autre comme chez nous, mais 2 gars, un à chaque bout du chantier, qui règlent la circulation avec un grand bâton au sommet duquel il y a un panneau à 2 faces.
Un côté avec Stop, l'autre avec Slow. Et les mecs communiquent par talkie-walkie.
À chaque chantier routier tu vois ça avec 2 mecs qui passent leur journée à faire ça.
L'autre truc pour lequel je vous parle de ces travaux c'est qu'il est courant de voir des femmes travailler aussi dur que les hommes sur ces chantiers.
Ce n'est pas chez nous qu'on verrait ça.
Moi j'applaudis à 2 mains... D'autant qu'applaudir à une main est extrêmement difficile.
Bref j'arrive à Ouray.
Ok, mon gars de tout à l'heure n'a jamais mis les pieds en Suisse c'est une certitude.
En dehors du fait que nous soyons dans un paysage montagneux et que les maisons ont vaguement , mais très vaguement, un air de chalets ça s'arrête là.
Pour autant la bourgade est effectivement très jolie et inviterait au repos si j'avais le temps.
Ah oui, ce qui est très Suisse partout où je passe c'est la propreté et l'entretien des lieux.
Allez, ne mégotons pas, ok, on est dans la Suisse américaine.
Sortant des Rocheuses que j'aurai donc traversé de part en part j'arrive sur une sorte de plateau extrêmement fertile puisqu'il est occupé par d'immenses cultures de toutes sortes et surtout évidemment de maïs.
Une occasion de voir les fameux tracteurs jaune et vert de John Deer.
Quelques magnifiques ranchs aussi.
La configuration des bourgades américaines fait qu'au sortir de la ville, perpendiculairement à la route principale partent des routes secondaires qui mènent à des lieux de résidence de plusieurs bâtisses.
Du coup, pour faciliter le boulot du facteur, à l'entrée de ces routes se trouvent des séries de boîtes aux lettres.
Vous savez, ces boîtes typiques avec le petit drapeau qui se lève lorsqu'il y a du courrier dedans.
J'imagine que de loin les habitants surveillent leur boîte à la jumelle pour savoir s'il y a du courrier.
- Il y a du courrier chou ? J'attends un paquet des 3 Suisses.
- Attends, je prends la longue vue et je te dis ça tout de suite. Ah oui, le drapeau est levé. Bon je vais le chercher je reviens d'ici 30 minutes.
Faudra que je pense à m'arrêter pour vous photographier ça.
Nouveau décor, je rentre dans une zone beaucoup plus aride en me dirigeant vers Grand Jonction, Colorado.
C'est incroyable la vitesse à laquelle le paysage change dans ce pays.
Un peu avant d'arriver à Grand Jonction je passe devant un énorme magasin de boots et chapeaux cowboy. Ils soldent tout à 50% pour cause de fin d'activité.
Je pile et je rentre dans le parking.
Ok, ça c'est un putain de magasin de boots !!!
Vous verrez les photos en bas. J'ai photographié 2 rayons et il y en a 15 comme ça.
L'autre coté du magasin est consacré aux Stetson, ceintures et autres accessoires en cuir.
Bon, j'ai craqué pour des boots.
J'aurais bien pris un Stetson aussi mais franchement je me demande où je l'aurais mis.
En plus ici c'est courant mais chez nous t'as tout de même l'air d'un pingouin avec ça sur la tête.
Arrêt à Grand Jonction vers 15h pour avaler une sorte de croque-monsieur et discuter le bout de gras par Messenger avec ma femme.
Je fais le plein.
Important de faire le plein régulièrement aux states et bien avant d'être à sec car tu ne sais jamais quand tu verras une autre pompe.
Très bonne idée, la ville suivante est à 150 km et je ne verrai pas une seule pompe entre les deux.
Ici c'est pas comme chez nous, il n'y a des pompes qu'aux abords des villes ou bourgades, pour le reste va te faire voir.
Allez hop, j'enquille la Highway 70 et me voilà parti pour 150 km de désert absolu.
Encore un changement de décor.
Les Highways sont les autoroutes américaines.
Vitesse limite 75 ou 80 milles à l'heure maxi.
2x2 bandes mais séparées par un terre plein central sur lequel dans sa portion la plus étroite tu peux mettre un terrain de tennis en longueur et dans la plus large, facile un terrain de foot.
Et ceci sans raison vraiment apparente. Ils s'en foutent ils ont toute la place qu'ils veulent.
Si je ne dois retenir qu'un truc de ce voyage ce sont certainement ces immensités désertiques …
et aussi la gentillesse des américains, leurs véhicules en tous genres, la majesté de certains lieux, les portions invraisemblables de bouffe et l'américain way of life.
Oui je sais ça fait plus d'un truc, et alors ?
C'est moi qui raconte oui ou merde ?
Bon.
Donc c'est le désert mais pas comme au Sahara, ici le sol est recouvert d'une végétation, rabougrie certe, mais bien présente.
Il fait une chaleur infernale et tu n'oses même pas imaginer ce qui t'arriverait si tu tombais en panne d'essence.
Pour pisser tu te mets le dos au soleil de peur de voir ta bite transformée en merguez le temps que tu te soulages.
Heureusement tu transpires tellement que t'as plus rien à pisser.
La moto a aussi chaud que moi et j'ai les mollets qui cuisent.
En plus depuis ce matin j'ai un point douloureux dans le dos.
C'est simplement musculaire et pas bien grave mais ça me fait tout de même iech.
Bref je serai content d'arriver.
A l'approche de Moab nouveau changement de décor.
Je reviens vers le grand canyon et les immenses falaises rouges vifs. Je passe devant d'énormes rochers gris qui ressemblent à s'y méprendre à de la peau d'éléphant.
On dirait vraiment qu'on a enterré là d'immenses éléphants dont seul le dos dépasserait. Marrant.
Allez, me voici enfin à Moab et j'ai bien mérité un petit tour de piscine puis de jacuzzi.
Si, si, il y a ça dans ce motel aussi.
Une bonne petite bouffe en ville, avec un Jack Daniel's-Coca de derrière les fagots, quelques achats et me voici devant le bureau de ma chambre à vous raconter ma journée.
Demain visite de Canyonland National Park.
A plus les potes et potines.
[attachmentid=861] Silverton et ses facades colorées
[attachmentid=862]
[attachmentid=863] Un vieux bâtiment avec le Coffee Shop où je me suis remis de mes émotions.
[attachmentid=864] Les rangées de boites aux lettres.
[attachmentid=865] Un putain de magasin de boots !!!
[attachmentid=866] Un second rayon, il y en a 15, rien que des boots !
[attachmentid=867] La partie STETSON.
[attachmentid=868] J'ai donc craqué pour ça ! Le tiers du prix chez nous.
[attachmentid=869] Une vue des rocheuses. C'est les alpes en plus arrondi.
[attachmentid=870] Ma chambrette. Cosy !
[attachmentid=871] Le bureau temporaire de la rédaction de ce compte-rendu fantastique ! Si, si !!!
[attachmentid=872] Le repos du guerrier, parce que bon, faut pas déconner non plus !
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
<!--quoteo(post=47078:date=15/10/2015, 14:01:name=Gandalf le OUF)-->CITATION(Gandalf le OUF @ 15/10/2015, 14:01) [snapback]47078[/snapback]<!--quotec-->J'imagine que de loin les habitants surveillent leur boîte à la jumelle pour savoir s'il y a du courrier.
- Il y a du courrier chou ? J'attends un paquet des 3 Suisses.
- Attends, je prends la longue vue et je te dis ça tout de suite. Ah oui, le drapeau est levé. Bon je vais le chercher je reviens d'ici 30 minutes.<!--QuoteEnd--><!--QuoteEEnd--> [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/laugh2.gif[/img]
T'as craqué pour les bottes mais pas le chapeau ? Quitte à avoir le look cow-boy tu aurais pu pousser le vice jusqu'au bout quand même. [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/biggrin.gif[/img] Bon, c'est vrai, un chapeau c'est chiant à trimbaler et sur une moto c'est ptet pas l'idéal...
Question pratique d'ailleurs, tu étais équipé comment niveau bardas ? Tu pouvais transporter combien de kilos sur ton bolide ?
C'est vrai que c'est étonnant ce changement de paysage, du désert aride aux montagnes suisses !
Les photos sont vraiment chouettes et permettent de mieux te suivre.
En fait tu devais avoir l'impression d'être dans un film en permanence, on a tellement l'habitude d voir ces décors dans des films [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/biggrin.gif[/img]
Ma frangine a fait un voyage l'année dernière sur la "route du blues", en passionnée de cette musique. De Menphis à la Nouvelle-Orléans, sur les lieux mythiques du blues avec des concert très "roots"
Elle me disait qu'elle s'était parfois sentie comme "prise dans un film" tellement les lieux lui semblaient caricaturaux alors qu'ils étaient juste réels.
"Qu'est-ce que c'est que ce style de bouffer des petits machins tout secs et trois gallons de flotte par jour ? [...]
Si la jeunesse se met à croire à ces conneries, on se dirige tout droit vers une génération de dépressifs ! Le gras, c'est la vie."
Karadoc - Livre II, Corpore sano
Pour Scribe : Je n'aurais vraiment pas su où le foutre le Stetson, sinon je crois que j'aurais craqué aussi !
Niveau équipement : j'avais des chaussures montantes mais pas trop rigides qui ne m'ont pas quitté, en moto comme en randonnées pédestres. Nickel !
J'avais pris mon jean's en Kevlar mais j'y ai renoncé après 2 jours, trop chaud en moto et trop raide lors de longues marches, retour au jean's classique.
Des T-Shirts et comme je l'explique quelque part mais peut-être pas encore ici, mon blouson de cuir qui m'offrait une bonne protection en cas de chute mais aussi et ça m'a surpris moi-même une excellent protection contre les ardeurs du soleil.
J'ai assez peu roulé en toute décontraction, mais quand je l'ai fait c'était vraiment très très agréable.
Pour mes affaires je disposais de 2 sacoches latérales dont une a été remplie par les boots et un peu de linge sale, d'un coffre de porte-bagage assez conséquent puisqu'il contenait tout mon linge propre au départ et d'un sac à dos que j'ai fixé sur le siège passager dés que le linge sale et les achats cadeaux et autres souvenirs sont devenus trop conséquents que pour tenir dans le simple coffre.
C'était juste mais j'y suis arrivé. J'étais parti avec un strict minimum aussi !
Pour Volyo : C'est exactement ça. Tu roules ou te promènes et subitement tu as l'impression d'être dans un décor familier de film ou de série. C'est étonnant mais magique !
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
Pas de grand déplacement aujourd'hui, je visite les environs de Moab.
Départ tôt car je vais visiter Canyonland, 5 h de visite prévues et je voudrais faire un autre truc l'après-midi.
Canyonland est une autre zone de tout ce qui touche de près ou de loin le Grand Canyon.
On monte sur une Mesa et on avance jusqu'au bord qui surplombe les canyons environnants.
Première partie, Island in the sky.
C'est un parc national donc mon pass fonctionne.
Après une assez longue route dans le parc on arrive aux différents centres d'intérêts.
Premier arrêt pour aller pedibus admirer un cratère fait il y a 2.000.000 d'année par l'arrivée inopinée d'un météore un poil distrait.
Ce con a fait un trou comac dans le sol, allant jusqu'à faire ressortir le sel qui se trouvait tout en dessous.
Oui, il y a 3.000.000 d'années toute cette zone était une gigantesque mer intérieure qui s'est lentement évaporée, d'où le sel.
Il y a donc au milieu de ce cratère comme des rochers grisâtres qui seraient du sel.
Je dis qui seraient parce que j'ai pas été goûter.
Mais bon, je fais confiance aux panneaux explicatifs. Vous me connaissez, je ne suis pas du genre chicaneur.
Gros trou tout de même. J'aurais pas voulu être là quand c'est tombé.
Sous l'impact le météore c'est vaporisé mais heureusement personne n'est venu le réclamer, on aurait été emmerdés.
Je repars pour aller à l'extrême bout de la Mesa d'où la vue à la réputation d'être magnifique.
Et je ne suis pas déçu du déplacement. Du haut de ce promontoire la vue est à couper le souffle.
On voit jusqu'à une distance de 100 miles ce qui plutôt grosso que modo fait tout de même 160 kms.
D'ici à là-bas ce ne sont que canyons enchevêtrés.
Les falaises sont vertigineuses et on voit un peu partout ces piliers de pierre coiffés d'un gros rocher qui semble en équilibre tout là haut.
C'est étonnant, le temps et l'énergie que ces mecs auront dû dépenser pour aller foutre ses cailloux là en haut. Mais le spectacle en vaut la peine.
Ah, on me signale à l'instant que ce ne serait pas du tout comme ça que ça c'est fait, il s'agirait de l'érosion toussa toussa.
Bon on s'en fout, le spectacle est au rendez-vous.
Je repars pour m'arrêter cette fois au bord d'un autre canyon.
Je m'arrête surtout parce que je vois des 4x4 s'engager dans une piste qui semble descendre dedans.
Je m'approche du ravin et effectivement les 4x4 descendent une piste qui plonge dans le canyon.
La piste est large pour une bagnole et demi, n'est pas macadamisée et présente par-ci par-là des élargissements pour que ceux qui montrent puissent croiser ceux qui descendent.
Faut bien regarder sa route pour voir où on met ses roues et faut bien regarder devant pour anticiper la venue d'un autre véhicule car ces élargissements ne sont pas légion.
Putain, un truc comme j'aime. Si je reviens je loue un 4x4.
Ça doit être trop cool de descendre ainsi dans le fond d'un canyon.
Bon allez je vais un peu plus loin.
Nouvel arrêt et magnifique spectacle d'étendues d'eau en escaliers de couleur turquoise.
Ce sont des salines. Donc il y a bien du sel ici, ils ne racontaient pas de conneries tout à l'heure.
Cette touche turquoise dans cette immensité rouge est du plus bel effet.
Je repars encore une fois pour aller voir Dead Horse point of vue.
Cette fois c'est une plongée visuelle sur la Green River qui nous est offerte.
Magnifique.
Et devinez quoi ?
Cette rivière est effectivement toute verte.
En même temps elle aurait été violette qu'on aurait moins compris qu'elle s'appelle la Green River.
D'ici je vois aussi la piste dont je vous parlais tout à l'heure d'un autre point de vue, avec les 4x4 qui passent en bas.
Allez, mine de rien avec le temps de retour vers l'hôtel les 5 heures seront bien passées.
Je repasse donc par l'hôtel pour me rafraîchir un peu avant de repartir et aussi pour dire quelques mots sur Skype avec ma petite famille.
Devant l'hôtel est garée une de ces motos avec 2 roues devant qu'on voit pas mal par ici.
Comme je la regarde le couple qui en est propriétaire et qui est assis là en train de fumer une clope engage la conversation.
Je leur explique qu'on ne voit pas vraiment ces engins chez nous, ce qui explique ma curiosité, et que chez nous on voit plutôt les trikes avec 2 roues derrière.
Et comme je lui demande si c'est facile à conduire il me répond avec cette candeur typique des américains : "Comme une moto-neige mais je suppose que vous ne savez pas ce que c'est."
Genre chez nous il n’y a pas de neige et donc on connaît pas.
Mouarf, ces amerloques sont vraiment trop parfois.
On a papoté ainsi un bon moment et, petite satisfaction toute personnelle, alors que les premiers jours j'étais un peu paumé avec mon anglais je constate avec plaisir que ça va de mieux en mieux.
Je retrouve mon vocabulaire, je fais moins de fautes et je comprends de mieux en mieux ce qu'on me dit.
Je n'en suis pas à regarder les News en comprenant tout mais je progresse.
Cet après-midi le programme consiste à emprunter ce qu'ils appellent une Scenic Road, c'est à dire une route particulièrement belle.
Celle que je vais emprunter pénètre dans un canyon pour longer le Colorado mais en étant vraiment à côté et pas au-dessus.
Magnifique route effectivement, enchâssée entre les parois du canyon et sinuant de concert avec les méandres du rio.
C'est un aller-retour mais ce n'est vraiment pas un souci tant les jeux de lumière dans ce canyon en cette fin d'après-midi donne l'impression de ne pas refaire la même route.
En chemin je fais un stop dans un petit musée qui retrace l'histoire de tous les films tournés dans la région. Il y en a une chiée.
J'ai fais une autre halte juste pour le plaisir d'aller sur une petite plage et m'asperger le visage avec l'eau du rio.
Je me suis rafraîchi avec la flotte du rio Colorado les mecs.
Ma vie ne sera jamais plus tout à fait la même.
Ceci étant elle est plutôt fraîche.
Je n'ai pas fait de photos sur cette route mais bien une vidéo avec ma GOPRO. Vous n'en verrez donc rien mais c'était plus que joli, croyez moi sur parole !
Je termine ma journée dans un autre petit resto sympa qui propose tellement de sortes de hamburgers que c'est vraiment toute une histoire de choisir.
Miam.
Allez, à demain.
[attachmentid=873] Canyon Land et un bout de la piste.
[attachmentid=874] La piste qui descend !!!
[attachmentid=875] le jeu local, il faut tenter de rajouter une pierre. Il y en a vraiment partout !
[attachmentid=876] Le cratère du météore et la couche de sel dévoilée.
[attachmentid=877] Island in the sky.
[attachmentid=878] La Green River. Vous la verrez mieux plus loin.
[attachmentid=879] Les Hoodoos, flèches rocheuses surmontées d'un roc de structure différente.
[attachmentid=880] Vue de plus près. C'est vraiment étonnant !
[attachmentid=881] Phénomène d'érosion. On a vraiment l'impression que tout ça c'est effondré d'un coup !
[attachmentid=882] Les strates.
[attachmentid=883] Green River, indubitablement verte !
[attachmentid=884] Les salines
[attachmentid=885] Idem
[attachmentid=886] Je ne pouvais pas ne pas photographier ça !
[attachmentid=887] Est-ce qu'on n'est pas dans un film là Volyo ?
[attachmentid=888] Rencontre inopinée !!!
[attachmentid=889] La moto à trois roues, rare chez nous, très commune là-bas !
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
Avant de quitter définitivement Moab je pars visiter Arch Valley.
Je vous le dit tout net, Arch Valley ça se mérite.
D'abord parce que les arches sont relativement distantes les unes des autres mais aussi parce que pour une fois la route ne conduit pas à proximité des points de vue ou de visite, faut marcher et pas qu'un peu sous un soleil omniprésent.
Premier arrêt après une entrée magnifique dans le parc, Balanced Rock, un énorme rocher en équilibre sur une aiguille rocheuse.
Vraiment impressionnant. Tu te dis qu'à un moment tout de même ils vont interdire aux oiseaux de se poser dessus de peur qu'il ne bascule.
Tout semble figé dans ces parcs rocheux mais le désert vit et change encore régulièrement.
Une aiguille rocheuse plus petite mais semblable à peu de distance de celle-ci s'est effondrée il y a quelques années. Rien n'est immuable, même pas les montagnes.
Quelques photos et je repars.
Arrêt suivant Delicate Arch.
Une demi-heure de marche pour accéder au site et ça monte.
Sur le chemin une antique baraque de pionnier. Fallait vraiment avoir envie pour venir se foutre ici. Je vous raconte pas la simplicité de la baraque, mais elle est toujours débout malgré son âge.
Après un sentier plus ou moins horizontal commence une sérieuse ascension sur une énorme plaque rocheuse.
Nouvel épisode de la gentillesse spontanée des américains : une dame d'une cinquantaine d'années est appuyée contre une barrière en bas de cette plaque rocheuse et semble attendre quelque chose ou quelqu'un me dis-je.
Au moment où j'arrive à sa hauteur un américain qui marche à côté de moi s'arrête et demande à la dame : Are you ok ?
Effectivement la dame a renoncé à la grimpette et préfère attendre son mari et rassure le bonhomme, mais une fois encore c'est un exemple de cette spontanéité des américains. En Europe je pense qu'il aurait fallu qu'elle s'écroule par terre avant que quelqu'un daigne s'intéresser à elle.
Bon grimpette il y a, grimpette je fais.
Mon passé de randonneur en montagne me fait retrouver mes réflexes, ne pas regarder l'obstacle à franchir, diminuer fortement la longueur des pas et se concentrer sur sa respiration. Au bout de quelques minutes je trouve mon rythme et je grimpe en laissant derrière moi tous ceux qui m'accompagnaient plus ou moins.
Au moins ça je sais encore le faire, et ça grimpe, je vous le dis.
Une fois en haut ça repart le long d'une corniche relativement large et enfin je débouche sur l'arche.
Et une fois encore : WOAW !
Cette arche suspendue dans le ciel est de tout beauté. Le spectacle est magnifique et je m'assieds un bon moment pour admirer cette merveille de la nature.
Je perds aussi un bon moment à attendre un moment où aucun clampin ne va se placer sous l'arche pour faire quelques photos.
C'est incroyable ce besoin des gens de se faire photographier juste à côté ou juste en dessous, voire même carrément sur un truc remarquable.
À croire que s'ils n'ont pas la photo de leur tronche avec le sujet à photographier leurs copains ne croiront pas qu'ils y ont été.
Quel intérêt de se faire photographier sous une arche alors qu'elle est simplement splendide toute seule ?
Bref, retour vers la bécane. Cette première excursion m'aura pris une petite heure.
En route pour aller voir Sand Dune Arch et Broken Arch qui ne sont distantes que d'une dizaine de minutes de marche.
Sand Dune Arch est une petite arche sympa au fond d'un petit canyon.
C'est surtout le chemin pour y parvenir qui est cool entre les parois du canyon.
Ensuite direction Broken Arch qui doit son nom au fait qu'elle est fêlée. Celle-ci est nettement plus imposante. Allez, photos et retour vers la moto.
Comme d'habitude il fait soif et je bois beaucoup.
En route pour The Devil's Garden.
Sous ce nom poétique entre tous se cache une putain de randonnée de plus de deux heures aller-retour.
La première partie est plutôt facile avec un sentier bien damé qui mène jusqu'à Landscape Arch.
Une pure merveille. C'est une arche toute fine de la longueur d'un terrain de foot.
WOAW again !!!
A partir de là commence la seconde partie qui mène à la Double Arch et celle-là aussi elle se mérite.
Le chemin qui y mène est un' primitive trail ´ c'est à dire qu'à part t'indiquer le chemin rien n'a été fait pour te faciliter le boulot.
C'est grimpette en tous sens, montée et descente dans le bush et chaleur d'enfer.
Les sand-rocks dont est composé le relief ont tendance à se fendre facilement sous l'effet de l'érosion, des infiltrations d'eau, etc.
Donc, pour imager un peu, certains gros blocs ressemblent un peu à un pain découpé. Et vous vous promenez sur la croûte d'une tranche, sachant que les autres tranches ne sont pas juste à côté. Bon, les tranches sont larges mais c'est spectaculaire et vraiment fun.
Lorsque j'arrive enfin à cette Double Arch je finis ma bouteille d'eau d'un litre et demi. Avec ce que j'ai bu au petit déjeuner je dois en être à largement plus de deux litres ingurgités dans la matinée.
Tout va à l'envers ici. En Belgique je bois deux bières et j'en pisse un bac, ici je bois 3 litres de flotte et je pisse un gobelet.
Encore une fois il fait très chaud mais cette chaleur est infiniment plus supportable que chez nous. Je préfère largement un 35° ici qu'un 25° chez nous parce que l'air est sec. On n'est pas écrasé par le taux d'humidité.
Par contre on se déshydrate à toute vitesse. Après 10 minutes de marche on a la bouche en carton et il faut boire, boire et encore boire.
Pour certaines randonnées les panneaux recommandent 3 litres d'eau minimum par personne. C'est vous dire.
Bref me voici à Double Arch qui comme son nom l'indique est composée de 2 arches superposées. C'est une nouvelle fois splendide. Comme d'autres je reste aussi assis là un bon moment à admirer.
Bon allez, en route pour le retour, sans flotte. Je sens bien que je vais avoir soif pendant l'heure qui suit. Heureusement dans ce sens ça redescend plutôt.
Au bout d'une demi-heure je n'arrive même plus à avaler ma salive tant elle est épaisse.
En chemin je rencontre un lapin local suffisamment sympa que pour me laisser approcher à moins de 3 mètres pour le photographier.
J'engagerais bien la conversation mais déjà que j'ai encore un peu de mal avec mon anglais, alors le ´Lapin des sables' j'ose même pas vous en parler.
Je le remercie tout de même de son obligeance et je repars.
Je finis par arriver au parking et je me jette sur la fontaine. Il y en a partout aux states de ces fontaines et heureusement.
Vous voyez de quoi je parle hein ? Ces petites fontaines qui ressemblent à un évier et dont le jet est dirigé vers le haut quand vous appuyer sur le bouton.
Il y a aussi un robinet pour remplir les gourdes et bouteilles. Je remplis la mienne et j'en vide aussi sec la moitié. J'en suis à plus de 3 litres ingurgités et la sensation de soif reste présente. Impressionnant.
Bon, il est maintenant près de 15h et je dois encore repasser chercher un bagage à l'hôtel avant de me taper 350 km.
Retour à l'hôtel, récuperrassionage du bagage et en route.
Et me voilà reparti dans les grandes zones désertiques.
Tout en roulant je me fais la réflexion qu'il fallait tout de même les avoir sérieusement accrochées pour oser se lancer dans ce genre de traversées sur des chariots branlants et de vagues pistes toutes cabossées sans aucune certitude de trouver de l'eau.
Ces pionniers en avaient.
Ceci étant quand on sait que je vous parle là d'il y a moins de 200 ans d'ici et qu'on voit le réseau routier aujourd'hui on se dit qu'ils n'ont pas lésiné sur le macadam par la suite. La vache !
En roulant je croise beaucoup d'autres motards et je constate une fois de plus qu'il existe une véritable inimitié entre Harleyistes et propriétaires de Japi ou autres.
Ceux là ils peuvent toujours se brosser pour avoir un petit signe de la main lorsqu'ils croisent les Harleyistes qui sont évidemment très largement majoritaires.
S'ils veulent un bonjour ils le font entre eux et puis c'est tout.
Mais c'est vraiment incroyable. A un moment je suivais 2 mecs qui faisaient aussi un voyage en moto mais sur des japis. Eux devant donc et moi 50 mètres derrière.
Arrive en face un groupe de Harley, eh ben pas un signe jusqu'au moment où ils sont arrivés à ma hauteur et moi j'ai eu droit à un signe de la part de toutes les motos.
Tu dois te sentir un peu seul parfois en Japi par ici. Mouhahahaha !
Ah oui j'oubliais, comme j'avais tout de même un gros coup de barre en sortant du parc, avant de reprendre la route je fais le plein et je vais boire un café.
Dans le magasin je me laisse tenter par un tout petit pot, genre Yakult, sur lequel il est écrit : Energy for 5 Hours.
On dirait du yoghourt liquide comme consistance mais alors le goût il arrache. J'avais pris goût raisin mais c'est tellement puissant que t'en reste scotché un moment à la première gorgée.
Mais alors pour être efficace c'est efficace. Je ne sais pas ce qu'ils foutent là dedans mais après 15 minutes mon coup de barre était passé et je pêtais la forme.
Je claquerai mes derniers dollars pour en ramener quelques flacons.
J'arrive à Hanksville.
Déjà faut être américain pour appeler ça ´Ville'.
Moi j'aurais appelé ça Hank-Trou-Perdu.
Bonjour le bled.
Bon, pourquoi j'en parle, c'est parce que le gars d'hier ( celui avec son trike à l'envers, essayez de suivre un peu, merde ) m'a parlé de la route qui suit entre ce bled et Torrey où je me rends.
Cette route m'a t'il expliqué est magnifique car elle passe dans une vallée étroite très verte mais dans laquelle vivent aussi quantité de ´deers' sorte de biches locales et de ´wild turkeys' soit des dindes sauvages.
Des dindes sauvages ???
« Ouaip et grandes comme ça « me dit il en montrant son genou.
« Et ces animaux ont une fâcheuse tendance à traverser sans regarder. »
Ah ouais ?
Putain, effectivement si tu rencontres ça au détour d'un virage tu vas au plancher sans coup férir.
Donc à partir de Hanksville, mollo-mollo sur la manette des gaz.
Eh ben j'ai eu droit aux deux.
Les biches dans une prairie sur le côté et les dindes carrément sur le bord de la route.
Ça surprend tout de même.
J'ai photographié la biche et son petit mais les dindes se sont barrées le temps que je m'arrête en sécurité.
Je dis ça parce qu'ici les dégagements sont tous en dévers et en gravier.
Et le gravier en dévers j'ai déjà donné.
J'ai même failli donner une deuxième fois tant ces trucs sont traîtres.
Donc méfiance.
Le crépuscule se pointe et j'ai droit à un ciel rouge et orange de toute beauté une fois de plus.
Torrey enfin.
J'ai zappé le petit tour dans Capitol Reef, il était trop tard. De toute façon on m'avait prévenu que ce serait limite et que je ne pourrais faire qu'un petit tour dedans.
Pas l'impression d'avoir raté quelque chose.
L'attrait de ma chambre d'hôtel et de sa douche après ma journée l'aura emporté.
Hôtel sympa façon motel de film une fois de plus avec l'excellente idée d'avoir un Resto inclus. Ça m'évitera un nouveau déplacement. Suis un peu naze.
Au menu de ce soir ça a été steak de thon avec ses petits légumes. Une petite salade fraîche en entrée et un diet cola. Ça va mieux tiens.
Et me voici dans mon pieu, à vous raconter tout ça avec un œil sur l'inévitable match de foot us.
Bon, j'ai dû changer de carte mémoire dans mon appareil photo. Ça veut dire pas loin de 700 photos pour ma première semaine. Plus ce que la Go Pro a enregistré.
Les gars si je dois vous faire un montage avec tout ça soit je sabre sérieusement soit attendez-vous à un truc de 5 heures. Mouahahahahaha !
À vous de choisir.
Putain mes pompes de moto sont ocres à force de poussière du désert. Me demande si je saurai les ravoir.
Bah m'en fous, c'est beau aussi.
A plus bande de zouaves.
Addenda à la journée :
Je me suis livré à une petite expérience : comme je voyage léger pour cause de place, il y a deux jours j'ai fait ma petite lessive le matin dans l'hôtel puisque je restais deux nuits. Je pouvais faire sécher.
Le soir ce n'était pas vraiment sec à cause de l'air co.
Donc j'ai sorti la planche à repasser qu'il y a dans beaucoup de chambre et j'ai terminé le séchage au fer en regardant la tv.
Pas de soucis sauf qu'à la fin j'en avais marre et que je me suis demandé : est-ce qu'on peut faire sécher des chaussettes au micro-onde ?
Allez hop, 2 minutes pour voir.
Eh ben on peut mais faut sortir les chaussettes avec une pince après tellement elles sont chaudes. Mouahahahahaha on n'arrête pas le progrès.
[attachmentid=890] Balanced Rock
[attachmentid=891] Jeu d'équilibre
[attachmentid=892] La nature fait ça ...
[attachmentid=893] Les hommes font ça. Je vous avais dit que c'était le jeu à la mode.
[attachmentid=894] Authentique cabane de pionnier, fallait le vouloir !
[attachmentid=895] Rustique mais de bon goût !
[attachmentid=896] Chemin vers Delicate Arch
[attachmentid=897] Delicate Arch
[attachmentid=898] La même avec 2 pingouins qui se trouvent beaux en-dessous.
[attachmentid=899] Elle va casser un jour, c'est sûr !
[attachmentid=900] Des petroglyphes.
[attachmentid=901] Broken Arch
[attachmentid=902] Landscape Arch, toute en finesse.
[attachmentid=903] 'Primitive Trail' C'est par là mais démerde-toi !
[attachmentid=912] Les rochers découpés comme des tranches de pain
[attachmentid=904] Double Arch
[attachmentid=905] Vue par l'autre côté.
[attachmentid=906] Mon pote le lapin
[attachmentid=907] Biche locale dans le crépuscule
[attachmentid=908] Son petiot
[attachmentid=909] Coucher de soleil sur Torey
[attachmentid=910] Mon motel avec resto inclus et l'omniprésent drapeau national
[attachmentid=911] Putain mes pompes ... !
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
Et pourquoi qu'on peut pas voir la vidéo ?
Tu la postes sur Viméo ou sur You Tube et tu la rends privée pour que seul ceux à qui tu donnes le lien puissent la voir.
Et sinon, c'est quoi un tour de cou de motard et à quoi ça sert ?
Et aussi, tes photos sont superbes et vachement parlantes, je trouve. Tu as souvent saisi tout ce qui fait l'Amérique et nous semble si exotique, que ce soit dans les paysages ou dans le mode de vie ! [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/number-one-45.gif[/img]
"Qu'est-ce que c'est que ce style de bouffer des petits machins tout secs et trois gallons de flotte par jour ? [...]
Si la jeunesse se met à croire à ces conneries, on se dirige tout droit vers une génération de dépressifs ! Le gras, c'est la vie."
Karadoc - Livre II, Corpore sano
Ah oui, Youtube je vais voir pour vous en faire l'une ou l'autre.
Le tour de cou de motard est un anneau de tissu plus ou moins élastique que le motard passe autour du cou et remonte sur la bouche et éventuellement le nez pour protéger son visage du froid ou des insectes lorsqu'il roule avec un casque ouvert. Ce n'est pas utile avec un intégral.
Merci pour le commentaire sur les photos.
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
21-10-2015, 12:58 AM (Modification du message : 22-10-2015, 12:19 AM par Gandalf le OUF.)
Jour 11 :
Pour les américains le plus court chemin entre deux points est la ligne droite et ils ne se privent pas de le montrer. Il y a de telles lignes droites ici que quand tu arrives à la fin tu as presque oublié comment on fait pour tourner avec une bécane.
Ce préambule pour vous dire qu'aujourd'hui les choses devraient changer puisque je vais à Bryce Canyon en passant pas une Scenic Road qui promet de viroler car elle va franchir plusieurs cols avant de m'amener à bon port.
Le temps est couvert et il fait vraiment frisquet lorsque je prends la route.
Je verrai Bryce Canyon sous la grisaille mais au moins je ne pêterai pas de chaud.
Après quelques kilomètres 2 panneaux attirent mon attention.
Le premier a une vache dessinée dessus avec inscrit en dessous : OPEN RANGE.
En clair ces vaches sont en totale liberté.
Putain ils vont me refaire le coup des biches et des dindes mais avec des vaches cette fois-ci.
Second panneau, il est écrit : Bikers, take care, sharp curves on 100 miles.
100 miles de virages serrés, WOAW.
Ok, on verra, j'attaque le col via la UT 12.
Je n'ai pas fait deux kilomètres et 5 virages que je tombe sur 4,5 vaches qui broutent sur le bord de la route. Quand je dis le bord, c'est vraiment le bord. Entre elles et la route il n'y a pas le moindre fil ni la moindre clôture.
Ok. J'étais prévenu mais tout de même, ça surprend.
3 virages plus loin, au sortir d'un virage, cette fois je tombe sur quelques vaches au beau milieu de la route. Oh my god !!!
Bon, j'ai compris, on va monter à son aise.
Je rencontrerai des vaches en totale liberté une dizaine de fois durant l'ascension.
Du coup je comprends mieux les T-shirts qu'on vendait à l'hôtel avec l'inscription : I survive the UT 12.
Revenons à nos virages serrés.
Bon, ok les gars, si on emmène nos américains dans "le col de la mort" (cf note en fin de texte) ils font un infarctus au second virage.
Des virages serrés comme ça c'est quand tu veux.
Au pire j'ai eu 3 épingles à cheveux et encore, bien larges.
En même temps leur mobilhomes de 4 kilomètres doivent passer aussi, donc ...
Bon, la route est splendide et les paysages aussi.
Les falaises et canyons environnants sont composés de pierres grises et blanches.
Ils devaient plus avoir de rouge.
Plusieurs arrêts en cours de route pour faire des photos.
Au fur et à mesure que je m'approche de Bryce Canyon le temps s'améliore de même que le t°.
Finalement j'aurai du soleil mais pas trop chaud. Génial.
C'est beaucoup plus vert par ici que ce que j'ai vu jusque là et ça fait du bien de rouler à nouveau entre les arbres et sapins.
De temps en temps la route est traversée aussi par des chipnunks (Pas certain de l'orthographe) c'est une sorte de mélange entre la souris et l'écureuil.
C'est tout petit, ça file à toute vitesse et ça a une bonne bouille.
C'est curieux cette manie qu'ont les animaux par ici de traverser la route.
Enfin me voici à Bryce Canyon.
Les gars et les gates, le Grand Canyon était sans conteste le plus impressionnant, Antelope Canyon était le plus délicat, Monument Valley sans doute le plus spectaculaire, mais Bryce Canyon est pour moi le plus beau.
It's great, wonderful, amazing, unbelievable, voire même gorgeous, c'est vous dire.
Si vous y allez, faites comme moi :
En fait Bryce Canyon n'est pas vraiment un canyon, c'est-à-dire une gorge.
C'est plutôt une falaise complètement déchiquetée en forme d'amphithéâtre.
Quand vous entrez dans le parc vous êtes sur une route au-dessus de tout qui va s'avancer jusqu'au bout de cette falaise.
La falaise est à votre gauche et franchement à droite il n'y a pas grand chose à voir.
Donc vous allez jusqu'au bout où il y a un splendide point de vue puis vous revenez sur vos pas en faisant tous les points de vue et vous terminez en apothéose avec SUNSET POINT OF VUE.
J'ai fais comme ça par intuition et c'est vraiment ce qu'il faut faire.
Tous les points d'arrêt vous offrirons des vues magnifiques et à chaque fois différentes et le final ... Ah putain le final !!!
Cette falaise et toutes ses avancées est déchiquetée de façon incroyable en Hoddoos, sortes d'aiguilles de pierre de toutes les nuances partant du blanc cassé en passant par le rose pour aller à l'orange multi nuances.
C'est somptueux.
Ne reculant devant aucun effort pour satisfaire ma curiosité j'ai entamé la descente au fond du canyon.
Un chemin est aménagé et permet de le faire confortablement si on oublie momentanément que ce qu'on a descendu il faudra le remonter.
En bas c'est tout aussi splendide et évidemment le point de vue change totalement. On se promène entre les sapins et les pitons rocheux, et partout où le regard se porte on a envie de faire une photo. Je ne m'en suis pas privé.
Et puis il faut remonter ...
Même technique que la fois passée. Pas trop vite, ne pas regarder en haut, maîtriser son rythme respiratoire et ça passe.
Putain d'ascension tout de même.
Allez un petit tour au shop près de l'entrée et en route vers mon motel, et là les potes c'est juste Byzance pour un biker.
Déjà le motel est installé dans une vieille station d'essence et est tenu par un vieux biker pur jus. Il y a un resto genre 60ties et un magasin d'accessoires moto à côté que je visiterai demain matin.
Mais la chambre ...
Mieux que des mots je vous ai fait une petite vidéo. (A voir sous peu sur YouTube)
Et une petite photo tout de même !
WAZAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!
Note pour Myst Aventure : un truc qu'on à fait en Italie en allant à Venise en bécane, il existe un montage vidéo complet de ce voyage, si ça vous dit je le mettrai aussi sur Youtube.
Ahah, cette dernière photo, je comprends ta réaction. [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/laugh2.gif[/img]
Merci pour le détaillage du bardas ! J'ai rattrapé mon retard de lecture des derniers jours, mazette, c'est vrai que ces paysages ont l'air à couper le souffle.
J'imagine que ces kilomètres (pardon, ces miles) qui défilent en ligne droite sans fin, ça doit laisser de beaux moments de cogitation solitaire.
<!--quoteo(post=47104:date=19/10/2015, 03:20:name=Gandalf le OUF)-->CITATION(Gandalf le OUF @ 19/10/2015, 03:20) [snapback]47104[/snapback]<!--quotec-->C'est incroyable ce besoin des gens de se faire photographier juste à côté ou juste en dessous, voire même carrément sur un truc remarquable.
À croire que s'ils n'ont pas la photo de leur tronche avec le sujet à photographier leurs copains ne croiront pas qu'ils y ont été.
Quel intérêt de se faire photographier sous une arche alors qu'elle est simplement splendide toute seule ?<!--QuoteEnd--><!--QuoteEEnd-->Je te rejoins complètement, ça m'a toujours laissé assez incrédule. Ces dernières années en particulier, avec la mode du selfie, ça devient insupportable, les gens se photographient partout, tout le temps, et surtout devant n'importe quoi...
Première journée en demi-teinte de mon voyage.
Pour résumer je dirais : le matin frisquet, le midi torride, l'après-midi caniculaire et un peu plus tard encore une chaleur de titan.
Mais revenons sur les moments de cette journée.
Après une excellente nuit dans la chambre que vous savez, je m'en vais prendre le petit déjeuner.
Le patron, un vieux biker chenu et extrêmement sympa me demande si je prends le "regular breakfast ". Je n'ai aucune idée de ce que c'est mais allons y.
Putain il m'amène un hamburger avec la viande, le fromage et un œuf en plus dedans et à côté des espèces de ficelles de pommes de terre rôties.
La vache !
Bon j'essaie de faire honneur au déjeuner mais j'avoue avoir laissé la moitié du pain. Avec ça je suis calé.
De toute façon depuis une semaine je prends le petit déjeuner, je saute le repas de midi et je soupe copieusement le soir.
C'est la seule façon de tenir le coup sans prendre 25 kilos et ça me va très bien, mais là pour le coup, le hamburger du matin...
Pendant que je mange le patron qui m'a à la bonne me remplit régulièrement ma tasse de café, ce qui est d'usage ici, et taille la bavette.
Marrant il est venu à Gand.
C'est vraiment un bonhomme sympa qui se marre tout le temps, fait le service en chantant et raconte des blagues aux clients.
Comme son wifi ne marchait pas trop il est venu en douce et en se marrant me refiler celui du motel d'en face. Lol.
Quand il a le temps il bricole des bobbers dans son atelier que j'ai visité. Je lui ai acheté un t-shirt et une chemise tout ce qu'il y a d'américaine. Trop cool.
Bref me voilà parti et ça caille.
En route pour Zion Canyon, le point fort de ma journée.
Après une cinquantaine de miles j'arrive à l'entrée du parc pour m'entendre dire que cette entrée est fermée pour cause d'éboulement mais que l'entrée ouest est ouverte.
Sauf que pour faire le tour j'en ai pour au moins 2 heures.
Bon, y a pas, j'y vais.
En route je pousse tout de même un poil la machine histoire de récupérer un peu de temps mais en regardant bien loin devant et en ralentissant si je ne vois pas assez loin. Je n'ai pas envie de faire la connaissance des flics du coin.
A un moment donné, assez loin devant je vois une voiture blanche qui déboule sur la gauche et prends ma route.
Prudent je lâche les gaz et je rattrape la bagnole.
Oups, Highway Patrol !!!
Bien vu l'artiste.
Je les suis quelques centaines de yards et le voilà qui se met sur le côté.
Pas de gyrophare donc je dépasse sagement.
Merde, il redémarre juste derrière moi.
Du coup j'ai un peu d'adrénaline qui me fouette le sang mais toujours pas de gyrophare et aucun signe annonciateur de problème.
On roule ainsi à vitesse strictement réglementaire durant quelques miles et je le vois qui refait le même coup avec une bagnole.
Ça doit être son truc au flic de filer les chochottes aux gens ainsi.
Comme le gars dans la voiture roule plus lentement que la vitesse permise, il a sans doute aussi le cœur qui bat, tout doucement je les distance et comme la route monte et descend j'en profite chaque fois que je suis hors de vue pour accélérer un bon coup.
Je roule avec un œil devant moi, un œil dans le rétroviseur et le troisième œil sur le gps.
Oui, Shiva est avec moi.
Et je vous merde.
Donc je me tape 2h30 de détour et me voilà à l'autre entrée et là, Ô joie suprême on m'annonce que oui par ici c'est ouvert mais seulement pour les randonneurs, la route, elle, est fermée.
Nom de Dieu de bordel de m.... !!!
Bon, petit coup de téléphone à mon agence de voyage pour les prévenir, ils sont un jour derrière moi et pour demander une solution.
Il est désolé mais évidemment il n'y peut rien et me conseille de zapper le canyon, de toute façon avec tout ce que j'ai déjà vu je ne perds pas grand chose.
Ce qu'il y a de bien dans ces parcs américains c'est qu'une route te mène très près des points de vue. On pourrait dénigrer ce système au nom de la protection de la nature et toussa mais en même temps ça permet à tout le monde de venir voir. Franchement j'aurais pu amener ma vieille mère voir tout ça sauf sans doute Arch Valley. C'est bien !
Allez, en route vers "The Valley of Fire" autre visite au programme.
100 miles à me taper.
Avant je m'arrête à un "Traiding Post", sorte de resto-shop où on trouve de tout.
La déco extérieure est vraiment sympa, voir photos.
Je fais un brin de causette avec ma chérie en dégustant une glace au cactus.
C'est bon, ça goûte un peu la pêche.
Avanti.
Autoroute ou plutôt Highway jusqu'à mon but, 30 miles avant Vegas.
Je me cale à 75 miles à l'heure pour ne pas trop me faire dépasser par les énormes trucks parce que quand ceux là te dépassent tu sens le vent, c'est rien de le dire.
Il fait torride au moment où je prends le départ.
Plus je m'avance vers Vegas et le désert plus la chaleur monte alors que l'après-midi avance.
J'arrive à l'entrée du parc et un panneau lumineux annoncé 100° Fahrenheit, c'est à dire +- 38 ° celcius.
Ajoute la chaleur du moteur qui me monte sur les cuisses et tu imagines ce que je ressens.
The Valley of Fire c'est peut-être la visite de trop. Des rochers rouges de formes bizarres j'en ai vu plein mais en sus le truc est dans une cuvette faisant office de four.
Je ne sais pas combien il faisait là dedans mais largement au-dessus des 100° Fahrenheit. C'est une chaleur de titan.
Même si comme je le disais la visite ne m'apporte visuellement rien je suis content d'y être passé car ça me donne une idée de ce que je vais prendre dans la Vallée de la Mort dans 2 jours.
WTF !!!
En plus la route est assez abîmée et je roule vraiment mollo pour cette raison d'une part et parce qu'à part une ou deux bagnoles je ne vois strictement personne.
L'idée de me planter dans cet endroit me fait froid dans le dos, ce qui est bienvenu vu la chaleur, mais je me dis surtout qu'il risque de se passer un bon moment avant que quelqu'un ne vienne me ramasser.
Franchement quand je vois au bout de la route l'embranchement sur l'autoroute je pousse un soupir de soulagement.
L'arrivée sur Vegas est étonnante.
Voir soudain surgir dans la brume de chaleur du soir ces buildings qui sortent du sol plat du désert c'est un spectacle.
La fin de l'autoroute ne l'est pas moins, 5 bandes et des bretelles qui partent dans tous les sens et qui se croisent à qui mieux mieux.
Je suis logé au Golden Nugget.
Juste énorme.
Un hôtel de la surface du Woluwe Shopping plus 10 étages au moins.
125 chambres au moins par étage selon un panneau indicateur, faites le compte.
Les couloirs sont infinis.
Bon, ma chambre, spacieuse et d'un goût de chiotte.
Golden Nugget donc tout est dans les tons dorés.
Pas de frigo mais chaque couloir est équipé d'un distributeur de boissons fraîches et d'une machine à glace.
Ah oui, les bouteilles de boissons fournies par la machine sont nettement plus volumineuses que chez nous. Je regarderai combien.
Une douche bien méritée et je sors de l'hôtel, enfin j'essaie parce que tout le rez-de-chaussée n'est que couloirs, piscine, magasins et évidemment casinos.
Je mets facilement un quart d'heure à trouver la sortie.
Tout est indiqué sauf la sortie évidemment, pour que tu restes à l'intérieur.
Mon hôtel donne sur le mall, c'est à dire une rue de +- 500 m entièrement couverte et sur le plafond duquel passe en boucle différentes vidéos.
C'est juste dément.
La rue en elle même aussi.
Un monde de fou, des jeux de lumière, la musique à fond la caisse, des centaines de magasins et échoppes, une faune incroyable tant parmi les touristes que parmi les personnages "attractions".
J'ai rencontré la moitié du groupe Kiss, Batman, Spiderman, Elvis, un gladiateur, des body buildés en slip et manchettes, un pirate, un type en string qui jouait de la guitare, des filles à moitié nue qui racolent pour les casinos ou qui dansent sur les bar en rue et aussi des laissés pour compte qui campent à côté des poubelles pour y récupérer la bouffe et surtout l'alcool que tu y balancerais.
Incroyable mélange d'opulence et de misère.
C'est la folie pure, la débauche absolue, le délire total, le royaume du jeu, de l'alcool, du sexe et sans aucun doute de la drogue, et je vous le dis tout net, quitte à passer pour un rétrograde, c'est tout ce que je déteste.
Je ne savais même pas où aller pour bouffer.
J'ai parcouru le mall 2 fois avant de me réfugier dans mon hôtel et y trouver un petit resto sympa où je déguste en vous racontant ça un plat à base de riz et de Shrimps, vous savez les fameuses crevettes de Forest Gump.
Délicieux.
En y venant je suis passé devant un bar dont j'ai fait une photo. J'ai compté 25 écrans de télé rien que dans ce bar. Tu ne peux rien rater de ce qui passe à la télé, suffit de choisir une table près de l'écran qui t'intéresse.
On touche à l'absurde dans le superlatif.
Bref je ne me sens pas à ma place et je vais plutôt vous raconter deux ou trois trucs.
Primo, les bus scolaire jaunes, vous les connaissez mais ce que vous ne savez peut-être pas c'est qu'ils vont ramasser les mômes vraiment loin hors des villes et bourgades. Mais ils ne rentrent pas dans les allées annexes qui mènent à des ranchs ou groupes de maison et ces allées sont parfois vraiment longues.
Donc les gamins prennent leur vélo pour aller jusqu'à l'arrêt du bus et au lieu de laisser le vélo sur place on le monte sur le bus.
Sur le toit ? Non. Derrière ? Non plus. Mais où alors ? Ben devant. Le porte vélo est à l'avant du bus ce qui permet au chauffeur de voir quand le gamin a placé ou enlevé son vélo. Génial.
Parlons un peu équipement.
Si vous venez ici et que votre casque peut supporter une visière je vous conseille de vous l'offrir. Croyez-moi, 150 miles avec le soleil rasant de face et vous serez tout heureux de pouvoir légèrement baisser la tête pour épargner vos yeux. J'aime ma visière d'amour.
Laissez votre jeans en kevlar à la maison, je n'ai supporté le mien que deux jours. Trop chaud et chiant en randonnée.
Par contre n'hésitez pas à prendre votre blouson en cuir. C'est encore la meilleure protection contre le soleil.
J'ai essayé de rouler en manches courtes, faisable sur de courtes distances, après bonjour les coups de soleil. En manches longues vous n'êtes pas vraiment rafraîchi par le vent, c'est une illusion. En blouson, celui-ci par son épaisseur vous protège du rayonnement direct du soleil et vous garde plus ou moins au frais. Vous le laissez largement ouvert devant pour le vent et roule ma poule.
J'ai parfois laissé mon blouson étalé sur mon pare-brise pendant que je partais en randonnée (petit truc, le câble-cadenas que tu passes dans la manche et que tu fixes au guidon, antivol garanti) et bien quand je revenais et que je mettais mon blouson il était étonnamment frais par rapport à la chaleur ambiante.
Un autre truc c'est de vous acheter une sorte de foulard qu'ils vendent ici, mais ce foulard est fermé comme s'il était roulé sur lui même. A l'intérieur ils mettent je ne sais quoi qui se gorge de flotte si vous le laisser tremper quelques minutes. Ensuite vous vous nouez ça autour du cou et ça vous tient la nuque au frais pendant des heures. Impeccable pour lutter contre les insolations.
Ah oui, prenez un porte-monnaie parce que c'est encore pire que chez nous.
J'ai récupéré un paquet de Marlboro pour y foutre la monnaie.
Avant je la mettais dans une poche et je penchais même en dehors des virages.
Sinon vous vous débarrassez de la monnaie en pourboires divers. Comme on en donne partout, y compris à la pompe à essence c'est un bon truc.
Bon, il est 23h30 ici, je vais aller me réfugier dans ma chambre.
A propos le wifi ça me coûte 10 euros pour 24h ici alors que partout où j'ai été c'était gratuit.
Comme quoi à Vegas tout n'est pas offert.
Demain je fais une grasse matinée et puis j'irai voir les hôtels.
À plus.
[attachmentid=940] le lieu marrant où j'ai mangé ma glace au cactus.
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[attachmentid=944] Ma chambre dans les tons dorés, beurk !
[attachmentid=945] Les couloirs infinis de l'hôtel.
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Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
Parce qu’il n'y a rien à raconter, cette ville est morte, il ne s'y passe rien, il n'y a rien à voir et on s'y emmerde copieusement.
Vous ne voulez pas plutôt que je vous raconte un conte de Perrault ?
Non ? Vraiment ?
Pfffffff, vous ne savez pas ce que vous ratez, je les fais bien les contes.
Bon alors ...
Nuit reposante. Un peu plus longue que d'habitude pour une fois et nouveau petit déjeuner gargantuesque. Pourtant j'ai pris le moins cher.
En route pour le Strip, gigantesque avenue sur laquelle se trouvent tous les plus célèbres hôtels et casinos de la ville.
Il fait un bon 35 ° alors que je démarre et il n'est que 10h.
Quelques miles me séparent du Strip que je parcoure tranquille en observant autour de moi.
Le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est pas Byzance partout et pour tout le monde. En dehors du Strip et du quartier où se trouve mon hôtel on voit pas mal de bâtisses abîmées ou laissées à l'abandon. Visiblement tout le monde ne roule pas sur l'or non plus mais ça on s'en doutait.
Je croise une ou deux de ces chapelles où on vous marie en 10 minutes montre en main. Marrant.
Mon idée est de remonter tout le Strip pour en avoir un aperçu puis de trouver un parking et de le faire à pied, un trottoir puis l'autre.
C'est faisable avec de bonnes chaussures.
Ok, mon premier passage me confirme évidemment le côté complètement dingue de cette ville.
Je ne suis pas fan mais je comprends qu'on puisse aimer, en tous cas le spectacle est au rendez-vous.
Les hôtels sont plus incroyables les uns que les autres.
Je n'en citerai que quelques uns dont les noms devraient vous être +- familiers : le Belagio, le Luxor, le Venetian, le Caesar palace, etc.
Chacun offre un spectacle rien qu'avec ses structures et sa façade.
Évidemment chacun contient un casino et une galerie marchande avec des dizaines si pas des centaines de boutiques pour les plus grands. C'est un peu comme si le long d'une avenue vous aviez 20 ou 30 Shoppings les uns à côté des autres.
On y vend à peu près tout ce que la société de consommation produit et qui est directement emportable par le touriste, donc pas de meubles, d'électroménager ou de tracteurs mais fringues, chaussures, bijoux, armes, objets de décoration, parfums, gadgets, souvenirs, etc, etc, etc. La liste serait interminable.
Évidemment toutes les grandes marques sont là et pas qu'un peu.
Il y a des restaurants, bars et snacks partout et je me demande vraiment comment certains survivent.
À part les snacks et autres burger-machin qui ne désemplissent pas, la plupart des restos sont au 3/4 vides et pourtant on est en pleine saison.
Vu les loyers qu'ils doivent se taper je ne sais vraiment pas comment ils font.
La rue est occupée par une foule de personnages. J'ai à nouveau rencontré Elvis, Spiderman, les Tortues Ninja, un ou deux Transformers, Batman, Bob l'éponge, des Minions et Chubaka. J'en oublie certainement.
J'ai aussi rencontré un nombre incroyable de sdf et autres paumés. Du coup je me suis débarrassé de toute ma menue monnaie et Dieu va devoir me bénir pendant quelques jours vu le nombre de fois où on me l'a souhaité.
Quelques putains de dollars ne changeront rien pour moi mais pour eux ...
Il y en a un tous les 20 mètres mais ne peuvent surtout pas importuner les gens sinon ils se font embarquer aussi sec. La police et la sécurité des hôtels veillent au business.
Idem pour les vendeurs à la sauvette, sans licence ils ne durent pas longtemps.
Par contre j'ai trouvé le truc pour me débarrasser des racoleurs officiels des magasins, casinos et autres organisateurs de tour en hélico ou autres, je les regarde avec un air idiot ( Je le fais très bien ça aussi) et je dis : Aille aime French, aille donte spique haine-gliche.
Ça marche super !!!
Début de l'après-midi il fait plus de 40°. Ça tape dur et on se surprend à faire des crochets par l'intérieur des galeries marchandes pour chercher la fraîcheur de l'air conditionné. Elle fonctionne absolument partout et en termes d'énergie Las Vegas doit consommer en une semaine ce que Bruxelles consomme en un an. C'est hallucinant mais sans ça impossible de survivre ici. Nous sommes en plein désert.
Ce qui était fou depuis le départ c'était de construire une telle ville dans un endroit pareil.
Je ne vous parle même pas des jeux d'eau alors qu'une fois encore on est en plein désert !
Par contre et ça c'est marrant, vous ne verrez pas un brin d'herbe naturel, tout est en synthétique. Ils peuvent avoir des fontaines démentielles mais ils ne peuvent pas arroser. Un soupçon de logique dans un monde absurde. Lol
Bon, avec la meilleure volonté du monde à un moment les boutiques on s'en lasse. Reste les casinos.
J'ai longuement regardé les tables et les joueurs. C'est intéressant et les sentiments par lesquels passent les joueurs se lisent sur les visages (sauf au poker of course).
En règle générale ça n'a pas l'air de s'amuser beaucoup mais ceux qui ont le plus l'air de s'emmerder ce sont ceux scotchés aux machines à sous. C'est vraiment incroyable, ils font tous une gueule d'enterrement. Franchement on se demande pourquoi ils continuent.
Faune incroyable bien entendu, de tous les âges mais surtout aux machines à sous de vieilles personnes complètement hypnotisées pas la machine.
Gadget indispensable pour l'accro, le collier avec enrouleur rattaché à la carte de crédit elle même en permanence enfoncée dans la machine. Trop classe.
Quand je suis descendu déjeuner les machines du hall de l'hôtel étaient déjà occupées.
Ah oui, détail, il est interdit de photographier les joueurs en train de jouer.
On peut photographier toutes les tables ou machines inoccupées mais pas celles où on joue. On est très gentiment venu me le dire alors que je m'apprêtais à faire une photo.
Superstition ou peur que madame découvre dans le journal comment monsieur dépense son argent je n'en sais rien.
Bon, ça aussi on se lasse, donc direction ma chambre pour une douche bien méritée.
Ce soir je vais souper au resto Harley-Davidson.
Ça va le faire ça.
Quelques hôtels :
[attachmentid=951] Le Stratosphère
[attachmentid=952] Le Luxor
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[attachmentid=954] L'Excalibur
[attachmentid=955] Le New-York
[attachmentid=956] C'est normal, c'est construit comme ça !
[attachmentid=957] Le Paris
[attachmentid=958] Le Venise
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[attachmentid=960] Le Caesar Palace
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[attachmentid=962] Celui de l'autre andouille !
[attachmentid=963] Il paraît qu'il faut économiser l'eau !
[attachmentid=964] Les jeux d'eau du Belagio
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!
Après mon souper au Harley-Davidson Café j'ai encore traîné un peu sur le Strip histoire de profiter des incroyables jeux de lumières de l'endroit.
Las Vegas de nuit doit se voir depuis la lune voire plus loin.
C'est démentiel et incroyable mais c'est assez fantastique il faut bien l'admettre.
Puis retour à l'hôtel et quelques minutes encore dans le mall. C'est vraiment l'expression de l'Amérique dans toute sa démesure mais ça aussi ça reste un spectacle qui me laissera un souvenir ébloui.
Rien à voir avec les merveilles naturelles mais tout de même.
Ensuite tôt au lit car j'ai décidé de suivre les recommandations de mon agence en ce qui concerne Death Valley, à savoir partir vraiment tôt pour profiter de la fraîcheur matinale.
5h debout, une douche, les sacs, à 6h je suis au Starbuck dans le hall pour un grand café latte comme ils le font super bien.
J'ai décidé de sauter le petit déjeuner, de toute façon à cette heure je ne saurais rien avaler de solide. Je mangerai plus tard sur la route.
A cette heure les machines à sous du même hall sont toujours occupées.
Les gens sont fous.
Malgré l'heure matinale il ne fait pas frais du tout. Il fait même déjà relativement chaud mais ce genre de chaleur qu'on rencontre dans les villes.
Faut dire qu'hier à 23h le thermomètre affichait toujours 90° Fahrenheit soit 32° tout de même.
En prévision j'emporte 3 litres d'eau fraîche.
Me voici en direction de la Vallée de la Mort avec le soleil dans le dos ce qui me fait bénéficier d'un lever de soleil somptueux sur les montagnes au loin.
Dès que les rayons me touchent je sens la t° monter dans mon dos. C'est incroyable à cette heure de la matinée.
J'en ai pour une bonne heure avant d'être sur place.
La route est sympa, elle virole dans les montagnes qui précèdent la vallée.
Après 15 jours passés aux States j'ai toujours la banane en démarrant le matin.
J'apprécie à fond la chance que j'ai d'être là et de faire ce run.
Chance que de nos jours les communications permettent ce genre de voyage, chance de pouvoir m'offrir un tel voyage, même si j'ai dû vendre un rein, un œil et hypothéquer une gonade, chance d'être suffisamment en bonne santé que pour pouvoir l'entreprendre et chance d'avoir une petite femme qui m'autorise à faire ce trip de folie.
D'ailleurs pour la remercier je lui ramène 3 mouchoirs brodés fabriqués en Chine.
Je suis sûr qu'elle appréciera.
Naaaaan, j'deconne ......
Il y a 6 mouchoirs.
.
.
.
Mais non, évidemment il y a dans mes sacs deux ou trois petites choses qui devraient lui plaire, enfin j'espère.
Bon me voilà à l'entrée de Death Valley.
Au fur et à mesure que je descends la température, elle, monte.
C'est impressionnant.
En plus graduel et l'humidité en moins c'est comme si vous entriez dans un sauna.
A mi-descente premier embranchement pour aller au Dante's View.
Oui, ils ont des noms assez évocateurs ici, Dante's View, Furnace Creek, Last Chance Range, Devil's Golf, etc.
Si t'as pas compris ce qui t'attend ...
On remonte au sommet d'une colline qui domine la vallée. Ici il fait un poil plus frais grâce à un petit vent.
Je me parque et j'avance vers le rebord et là c'est l'émerveillement.
Il faut dire que j'ai de la chance car le ciel est remplis de moutons qui par le jeu des lumières donnent à toute la vallée l'air d'être comme la peau d'un Dalmatien.
C'est juste sublime et je suis subjugué.
Du coup je vais m'asseoir sur le rebord et verser une larme ...
Non, tout de même pas, mais j'ai vraiment les poils dressés sur les bras.
Donc je vais m'asseoir et fumer une cigarette.
Ah ben non, ça non plus j'ai arrêté, mais c'est vraiment le genre de situation où j'aurais aimé le faire.
Donc je vais m'asseoir et boire mon premier demi-litre d'eau. Ça je peux.
Et je reste là, de longues, longues, longues minutes à admirer le spectacle qui m'est offert.
Je ne suis d'ailleurs pas le seul à rester scotché ainsi. D'autres touristes sont sous le charme du moment.
Après les délires humains de Las Vegas je vous jure que la simplicité des lieux et leur magnifique éternité c'est tout de même autre chose.
Que sont nos vanités ridicules face à ça.
Mes pensées vont vers ces questions existentielles qui sont : qui suis-je, où vais-je, qu'acoustiquai-je, dans quelle étagère, pourquoi courge, qu'asperge.
Je déconne mais vraiment on se sent un peu ridicule avec nos ambitions à la petite semaine.
Bon, foin de philosophie à 5 balles, je repars pour rejoindre mon point de bifurcation et terminer la descente.
J'ai vraiment l'impression de descendre dans un four et pourtant comme je vous le disais le ciel est partiellement couvert de petits nuages qui font de l'ombre.
Second embranchement et arrêt, Zabriskie point.
Avant ici l'homme exploitait le Borax. Me demandez pas ce que c'est je n'en ai aucune foutue idée, mais toujours est-il que lorsque les profits de cette exploitation ont baissés la compagnie minière qui avait les droits sur la vallée a envisagé d'en faire un lieu touristique, ce qui a manifestement marché, et le directeur de cette compagnie qui s'occupa du projet était un certain Mr Zabrisky.
C'est un endroit étonnant avec des dunes pétrifiées de toute beauté.
Troisième embranchement, je pars vers les BadWaters mais en route je fais un arrêt au Golden Canyon.
Ce canyon ne doit pas nom à l'or qu'on trouverait dedans hélas mais bien à sa couleur.
On avance en effet entre des parois de couleur or pâle.
Au fur et à mesure les gens font demi-tour car le soleil est maintenant presque à la verticale, les nuages du matin ont finalement disparu sous l'ardeur du soleil, les zones d'ombre se font rares et ça tape, croyez-moi.
Mais bon, moi je suis un peu dingue donc je continue.
Et enfin après une demi-heure la récompense, la Cathédrale Rouge, une falaise du plus beau Bordeaux foncé dont les colonnes et tours de roches peuvent effectivement faire penser à une cathédrale.
Photos et retour.
Arrivé à la moto je m'octroie mon second demi-litre d'eau.
Y a bon.
En route vers les BadWaters.
Une vingtaine de miles tout de même sous le cagnard.
Waters parce qu'effectivement il y a de l'eau ici, aussi incroyable que cela puisse paraître.
Bad parce qu'elle est incroyablement salée. Oui cette vallée aussi est une ancienne mer évaporée.
Et m'y voici, 85.5 mètres sous le niveau de la mer.
Je descends les quelques marches qui me permettent d'être à l'endroit le plus bas du continent américain.
Je ne suis jamais tombé aussi bas !!!
Je fais quelques pas sur une immense plaque de sel.
Un panneau annonce que le Dante's View est juste au-dessus de nous et qu'entre les 2 points il y a presque 15° celsius de différence.
J'avais déjà chaud là haut mais alors ici ...
Et je repars une fois de plus, cette fois vers Furnace Creek et le resto qui s'y trouve.
25 miles à faire dans une salamandre. Je serai cuit en arrivant.
Le paysage est lunaire malgré quelques buissons rabougris de ci de là.
Furnace Creek, à l'intérieur il fait délicieusement frais et je commande un sandwich à la dinde et un coca light. Ici dès que tu passes à table on t'apporte d'office un énorme verre d'eau fraîche avec des glaçons. J'en boirai trois totalement plus mon coca. Entre un à deux litres de liquide et j'ai encore soif.
Je prends mon temps pour souffler un peu et puis je ressors.
Je n'ai plus de superlatifs pour décrire la chaleur qui s'abat sur moi.
Disons qu'il fait chaud, très, mais vraiment très.
J'estime qu'il doit faire les 50° dont la vallée à la réputation. Peut-être même plus mais je ne peux en juger que selon une impression. En tous cas les brumisateurs extérieurs du resto sont pris d'assaut.
Je reprends la bécane qui n'a pas refroidi d'un seul putain de degré depuis que je suis là.
Elle se comporte bravement mais j'ai tout de même quelques appréhensions pour son moteur. Comment pourrait-elle refroidir dans de telles conditions ?
Je reprends la route et j'ai l'impression de rouler face à un énorme sèche-cheveux.
C'est totalement dément.
Je termine la traversée sans m'arrêter au dernier point de vue qui est constitué de dunes de sable. Ça les dunes on en a et plus que les quelques unes que j'aperçois de la route.
Vamos.
La route remonte pour sortir de la vallée et redescend ensuite dans une seconde vallée tout aussi chaude même si moins grande.
En fait Death Valley c'est 2 vallées l'une à côté de l'autre, une grande et une petite.
Quand je le raconte ça à l'air d'aller vite pour franchir tout ça mais il y a un paquet de miles tout de même. Je fonds littéralement sur la moto.
Le paysage est évidemment particulièrement aride même si un semblant de végétation couleur poussière pousse envers et contre tout dans cet endroit hostile entre tous.
Je me prends à rêver de quelque chose de vert, vraiment vert, n'importe quoi, de gros buissons, un champ de maïs, quelques arbres, une bouteille de Carlsberg ...
Oui c'est ça, une forêt de bouteilles de Carlsberg !!!!
Au sortir de la vallée je suis salué pouce levé par un groupe d’américains qui savent par quoi je viens de passer.
Il faut bien comprendre qu’alors que les autres touristes ne sortent de leur voiture ou autobus climatisés que quelques brefs instants et courent s’y réfugier bien vite, moi, comme les autres motards qui font cette route, je viens de passer plusieurs heures dans une chaudière en pleine activité !
C’est quelque chose que je n’oublierai jamais ! Mais quel pied de l’avoir fait !
La vallée suivant n'est pas vraiment plus hospitalière même si la t° a légèrement diminué et si l'activité humaine y est bien plus présente.
Une grosse centaine de miles et je serai à mon hôtel.
Ça va être long d'autant que je commence à sentir les effets de mon lever matinal et que moteur n'ayant aucune possibilité de refroidir est en train de me cuire les mollets.
C'est assez pénible.
Enfin mon motel à Ridgecrest, il est 17h.
Je gagne ma chambre et je m'écroule sur le lit.
Retour aux affaires 2 heures plus tard ça va mieux sauf mon mal de dos qui est revenu en plus fort.
Je crois que ces 15 jours non-stop de moto, de randonnées et autres commencent à laisser des traces dans mon corps délicat.
Si, parfaitement, délicat.
Mais je n'échangerais ma place pour rien au monde.
Allez petite bouffe sympa dans un resto local dédié au base-ball et au dodo.
Demain je pars vers le Séquoias géants, enfin du vert.
À plus tard public admiratif.
[attachmentid=974] Brume de chaleur à 8h du matin
[attachmentid=975] Vue depuis Dante's View
[attachmentid=976] Juste sublime.
[attachmentid=977] Zabriskie Point et les dunes pétrifiées.
[attachmentid=978]
[attachmentid=979] On trouve ces panneaux un peu partout. Vous êtes prévenus !
[attachmentid=980] Le Golden Canyon, vraiment couleur or.
[attachmentid=981] La cathédrale rouge
[attachmentid=983] Bad Waters
[attachmentid=984] Le fond de la poêle !!!
[attachmentid=985] 85.5m sous le niveau de la mer.
[attachmentid=986] Ca y est j'y suis.
[attachmentid=987] Mes pieds sont à 85.5m sous le niveau de la mer, ma tête à seulement 83.7m sous le niveau mais je ne sens pas de différence.
Quand on est jeune on est con ! Je le sais, j'ai été jeune !!!