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Syberia : repères
#31
Désir d'ailleurs

5 janvier 1938
Hans est venu me trouver dans ma chambre hier soir.
Je le sentais terriblement gêné et embarrassé.
Effectivement, si j'avais pu me douter.

Il veut partir ! Partir de Valadilène.
Quitter la maison. Abandonner l'usine.
Il veut voyager il ne sait pas où ;
il ne sait pas pour combien de temps.

Ca lui ressemble bien !
Sous le choc, je lui ai dit que son projet était stupide.
Il est sorti de ma chambre sans un mot, tout triste.


----------------

7 janvier 1938
Moi qui croyais qu'il voulait partir à cause de Père.
Et non ! Les mammouths.
Il veut partir à la recherche de mammouths !

Moi qui croyais que cette obsession était du passé.
Et je connais trop bien mon frère,
lui dire que sa quête est illusoire est inutile :
la raison ne peut l'atteindre.


----------------

10 janvier 1938

Quelle égoïste j'ai été l'autre soir.
Je suis retournée lui parler,
lui demander tout doucement s'il était certain de sa décision.

Mais je connaissais d'avance la réponse,
car rien ne le fera changer d'avis.

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#32
Colère du père

19 janvier 1938
Malgré mon immense tristesse et mon profond désespoir,
il faut que je l'aide à accomplir son destin
et à annoncer la nouvelle à Père.
Je crains le pire.


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24 janvier 1938

Le pire était peu de chose !
La colère de Père fut effroyable.

Il a enfermé Hans dans son local à l'usine,
interdisant toute visite,
sauf Gertrud pour lui apporter à manger.


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1er février 1938

Père m'a confirmé que Hans resterait enfermé
tant qu'il maintiendrait sa décision infantile.

Gertrud me dit que Hans est à la fois si abattu et si décidé.
Je vais devenir folle !

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#33
Messages

6 février 1938
Dès que Gertrud revient de l'usine,
je m'empresse de prendre les dernières nouvelles de mon petit frère.
"il ne dit rien et traficote" me répond-elle dans un soupir répétitif.

Je tente désespérément de raisonner Père.
Mais c'est chaque fois peine perdue.


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9 février 1938
Hans a dix-huit ans aujourd'hui.
Et il est tout seul pour son anniversaire.


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20 février 1938

Gertrud m'a remis en cachette un petit automate de la part de Hans.
C'est nous enfants !
Il fonctionne avec un minuscule cylindre.

Je tremblais d'émotion en remontant la clef.
Son message était simple :
il disait qu'il m'aimait très, très fort.


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21 février 1938

Gertrud m'a donné un nouveau minuscule cylindre.
Hans est véritablement incroyable,
il a trouvé un moyen pour que nous communiquions rien que nous deux en secret.


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27 février 1938

Mes journées se passent dans l'attente des messages de Hans.
Il est maintenant décidé à s'enfuir.
Il préparer son évasion, comme si c'était un jeu !

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#34
Départ de Hans

6 mars 1938

Gertrud est revenue affolée :
Hans a disparu !

Père n'a même pas daigné pénétrer dans le local où était séquestré son fils,
ni cherché à comprendre comment il avait réussi à s'échapper.

Il m'a juste jeté un regard noir,
comme s'il avait deviné que je savais ce qui se tramait dans son dos.


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7 mars 1938

Je commence à réaliser que Hans n'est plus là.
Il me manque déjà tant !
Mon Dieu, protégez mon petit frère,
veillez sur lui à ma place.


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11 mars 1938
Hans parti, Père enfermé jour et nuit à l'usine,
la maison est sinistre.


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#35
Mise en scène macabre

12 mars 1938
Ce matin j'ai surpris Père au salon
en train d'installer un cercueil sur des tréteaux.
Cette vision m'a glacé le sang.

Que complote-t-il ?
Il reste muet à mes questions.
Et toujours ce regard noir.


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13 mars 1938
Avec ses rideaux tirés et les immenses cierges
qui maintenant encadrent le cercueil,
le salon est devenu une véritable chambre funéraire.


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14 mars 1938

C'est horrible.
Je viens de comprendre ce que préparais Père.
Ce matin monsieur le curé est venu se recueillir devant le cercueil
et j'ai finalement compris qu'il pleurait la mort de Hans !
Père a fait croire que son fils était mort !
Comment peut-on en arriver là ?




Léon Bonnard, curé de Valadilène,
racontera des années plus tard
comment il a été manipulé par Rodolphe Voralberg ce jour là :
Un jour de mars 1938, Rodolphe Voralberg est venu frapper à ma porte.
A l'époque, j'étais un tout jeune curé,
très impressionné par al forte personnalité de l'homme
le plus important de notre petite ville de Valadilène.
Ce jour là, je m'en souviens encore, il pleuvait.

Sous ses cheveux trempés, son visage traduisait une souffrance infinie.
Il m'annonça alors, les mâchoires serrées et les yeux noyés de douleur,
que son fils Hans venait de mourir
et qu'il voulait que je vienne immédiatement bénir son corps.

Quand je pénétrais dans le sombre salon de la maison familiale,
le cercueil du jeune Hans trônait au milieu de la pièce, fermé.
Monsieur Voralberg m'expliqua qu'il ne souhaitait pas que l'on voie
le cadavre de son fils retrouvé déchiqueté au fond d'une précipice.
Un faux pas, une mauvaise chute probablement, dû au fait que malgré ses 18 ans,
le fils Voralberg n'avait plus toute sa tête.
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#36
16 mars 1938
La folie douloureuse de mon père se transforme
en une machiavélique machination.

Il a extirpé de son vieil ami, le docteur Schmol,
un certificat de décès en bonne et due forme,
sans que celui-ci ne voie le corps !
Je n'ose imaginer ce qu'il a pu lui raconter.



On en a une idée avec ce qu'il a raconté au curé comme on l'a vu
et au journaliste de la Gazette de Valadilène,
qui publie le lendemain (extrait de Journal retrouvé dans le cercueil) :
Gazette de Valadilène
mardi 17 mars 1938

Chute mortelle dans les alpages


Quelques rochers glissants dans la brume matinale furent probablement
la cause de la chute mortelle du jeune homme, à peine âgé de 18 ans ;
c'est en tout cas la thèse avancée par sa famille,
puisqu'il n'y a eu aucun témoin.

[Image: 20230603095039-060c01a4.jpg]
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#37
17 mars 1938

Les obsèques de Hans seront célébrées officiellement dimanche prochain.

Père m'a interdit formellement d'y être.
Cette sordide mascarade me rend malade.

Mais la dénoncer, c'est dévoiler aux yeux de tous
la fragilité mentale de mon père.
Et il en mourra de honte, c'est sûr.


-----------------



Dimanche 22 mars 1938
Obsèques de Hans Voralberg :
mise au caveau d'un cercueil vide.
(le jour est inféré à partir de celui de l'annonce de la Gazette)
-----------------

23 mars 1938

Je devrais partir aussi.
Loin, très loin.

Répondre
#38
Un mois plus tard

23 avril 1938

Non, je ne partirai pas.

J'ai longuement réfléchi.
Ma vie est ici auprès de mon père ;
il a trop besoin de moi maintenant.

L'usine aussi a besoin de moi,
car Père n'est plus capable de la diriger.
D'ailleurs aujourd'hui je ne me sens bien qu'au milieu des automates de Hans.

Et puis, quand il m'enverra des nouvelles,
comment le saurais-je si je ne suis pas à la maison pour les attendre.

Non je ne partirai pas.
Mon destin est de rester et de veiller.

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#39
3.
Les séjours de Hans



Valadilène

Hans est né en 1920,
et a son accident alors qu'il a 10 ans, le 13 mai 1930.
Il sort du sort du coma le 20 mai 1930, mais tarde à retrouver toutes ses facultés.
Il séjourné à Paris du 1er au 14 juillet 1931 pour examens médicaux.
Début 1932 Hans est envoyé à l'usine, où il se plaît.
Hans ne quittera définitivement Valadilène qu'à 18 ans
(contrairement à la version de la bd qui place ce départ en 1933).
Les relations de Hans avait son père, détériorées d'abord par les séquelles de l'accident,
sont devenue bonnes lorsque Hans a fait preuve de ses compétences remarquables
comme ingénieur mécanicien.

Vaghen
Comme on l'a vu plus haut, S4 fait état de quelques visites plus à l'est avant ses 18 ans.
Ainsi Hans a visité la ville de Vaghen dans les Alpes suisses en 1934,
qui venait de connaître un incendie dramatique ayant ravage une partie importante de la ville.
Hans a été sensible à son sort, et a grandement contribué à la rénovation d'équipements de la ville,
en les mécanisant sur de nombreux points.

Hans a été tout particulièrement sensible à l'histoire de la violoncelliste Véra Schoenberg,
qui a continué à jouer au milieu des habitants prisonniers de l'incendie.
En son hommage, il a conçu la rénovation totale de la place musicale,
avec l'automate qui rend hommage à la musicienne.
Après son importante contribution à la restauration de Vaghen,
Hans a disparu "aussi soudainement qu'il était apparu"
indique un prospectus sur l'histoire de la ville.
Atelier
C'est en 1938 que les relations de Hans avec son père se sont altérées,
lorsqu'il a manifesté son souhait de partir à la recherche des mammouths.
Son père l'a enfermé dans son atelier le 24 janvier 1938.
Il s'enfuit le 6 mars 1938,
sans doute avec la complicité, morale au moins, d'Anna.
Père n'a même pas daigné pénétrer dans le local où était séquestré son fils,
ni cherché à comprendre comment il avait réussi à s'échapper.
Il m'a juste jeté un regard noir,
comme s'il avait deviné que je savais ce qui se tramait dans son dos.
Lors de ses voyages, il a fait des haltes plus ou moins longues dans diverses villes,
où il a en général laissé sa marque.

Barrockstadt

Arrivée

L'arrivée de Hans à Barrockstadt se situe vraisemblablement
peu de temps après son départ de Valadilène,
et donc dès 1938 sans doute.
Il s'est rendu à l'université où l'étude des mammouths était la plus valorisée,
comme en témoignent les statues de pachydermes qui la décorent.

On sait par ailleurs que Sokal voyait en Barrockstadt
ce que lui évoquait l'université allemande avant la guerre,
ce qui laisse très peu de temps après le départ de Hans de Valadilène pour situer ce passage.
Pour moi l'Allemagne d'avant-guerre est symbolisée par l'université.
Peut-être parce que mon père était un universitaire
et que je suis né en Allemagne pendant qu'il faisait ses stages.
Hans s'y lie d'amitié avec Cornelius Pons
en raison de leur passion commune pour les mammouths.
Ils sont tous deux étudiants, Pons de manière classique,
Hans avec un statut particulier : n'ayant pas de cursus scolaire ordinaire,
il est autorisé à suivre les cours de paléontologie
en échange de travaux mécaniques faits pour l'université, dont en particulier :
- l'aigle chargé de faire fuir les coucous d'Amerzone,
- le kiosque à musique avec ses trois violonistes,
- et, à la fin, la porte de Barrockstadt.

Selon Pons en 2002 :
C'est notre passion commune pour les mammouths qui nous a rapprochés. (...)
A l'époque nous étions tous les deux étudiants, enfin... pas tout à fait.
Hans suivait uniquement les cours de paléontologie,
une autorisation exceptionnelle pour quelqu'un qui ne possédait pas les diplomes requis.
En échange de quoi de quoi Hans faisait de menus travaux pour l'université.
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#40
Messages de Valadilène
Hans et Anna communiquent alors qu'il est à Barrockstadt :
Anna lui fait parvenir des cylindres qui l'informent de sa vie à Valadilène.
Kate en découvrira un au labo de paléontologie,
mais il faut sans doute y voir un condensé des messages reçus,
si l'on croit les pages successives tournées dans l'album souvenir qui accompagne son audition,
et la pluralité des dates qui y apparaissent.
On peut alors distinguer trois moments :

1939
Première page de l'album souvenir :
portait de Rodolphe Voralberg 1880-1939
(même photo que le prospectus du village #29,
date de naissance ambiguë [1880 ou 1881 ?],
mais confirmée par le caveau de famille).
Voix d'Anna correspondante (avec filtre rétro) :
Hans, voici une bien triste nouvelle.
Notre père est mort !
Il s'est éteint paisiblement dimanche dernier, dans son sommeil.
entre 1939 et 1942
Deuxième page : photos de l'usine
voix d'Anna (sans filtre) :
Hans, je ne me sens bien seule désormais.
Même si, depuis ton départ, Père n'était plus que l'ombre de lui-même,
sa présence me réconfortait et son besoin de moi me potait.
S'occuper de la maison, administrer l'usine, gérer les employés, la clientèle...
Tout ça, je le faisais à sa place.
Aujourd'hui je ne sais plus pour qui, ni pour quoi me battre.
15 février 1942
Troisième page de l'album :
15 février 1942
La gazette de Valadilène
La guerre fait rage !
[article + images de bombardement]


voix d'Anna (changement de musique) :
Les temps sont durs et cette horrible guerre bouleverse tout.
Nos automates n'intéressent plus guère de monde,
mais je m'accroche à l'idée de ton prochain retour, petit frère,
et ce jour-là, je t'offrirai une usine digne de ton génie.
Prend bien soin de toi.
Je t'aime si fort.
Anna.
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#41
Départ : la Porte

La Porte est la dernière réalisation de Hans à Barrockstadt.
Peut-on préciser sa situation dans le temps ?
En ce qu'elle figure le rideau de fer,
on pourrait la placer quelque part dans la période
sur laquelle s'étend la matérialisation de ce rideau de fer,
longue transformation des interdits politiques de migration en mur infranchissable.
On pourrait ainsi le placer dès Yalta en février 1945 en un sens,
mais bien plus tard si l'on veut voir dans le mur de Barrockstadt une évocation du mur de Berlin.
Mais il s'agit là de données externes.
Le jeu offre d'autres indications, internes cette fois.

- L'une est la déclaration d'un des trois recteurs de l'université (celui de droite),
qui affirme :
Voilà bien longtemps qu'il en est parti.
Oh oui, bien longtemps.
L'année de ma nomination a ce poste,
il y a presque 50 ans... déjà !

Ce qui situerait le départ après 1952.

- Pourtant un autre recteur actuel de l'université déclare :
Le bougre est reparti quand il a su tout ce
qu'il y avait à savoir sur les mammouths.

Il serait bien étonnant qu'il lui ait fallu rester 14 ans à Barrockstadt pour cela.

- Une autre donnée est la déclaration du capitaine Malatesta,
gardien actuel (en 2002) de la Porte,
qui répond à la question de Kate Walker :
- Vous connaissez donc Hans Voralberg ?
- Non... Enfin pas personnellement.
J'étais à peine né à l'époque où il a séjourné à Barrockstadt.
Mais mon père m'a beaucoup parlé de lui.

On a appris plus tôt qu'il a remplacé son père au poste de garde en 1968.
Dans l'hypothèse où Hans serait parti après 1952,
il faudrait que Malatesta soit né en 1952 environ pour n'avoir pas connu Hans,
ce qui l'aurait amené à occuper la responsabilité de garde à 16 ans,
ce qui paraît bien jeune pour la fonction.
Il y a donc certaines incohérences dans ces indications,
et il faudrait prendre en compte l'estimation de la date d'arrivée à Komkolzgrad,
bien plus proche de la fin de la guerre.
Mais c'est alors l'"erreur" de la déclaration du recteur qu'il faudrait expliquer...
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#42
Komkolzgrad

Cylindre
Le cylindre trouvé à Komkolzgrad livre quelques aperçus du passé :

- Images de Staline, célébration de la victoire (24 juin 1945)
Voix d'Anna (filtre rétro) :
Cher petit frère,
quel bonheur d'avoir enfin de tes nouvelles
après le long silence de toutes ces années de guerre.
Te voilà donc arrivé chez les soviétiques.
On entend des choses inquiétantes ici à leur sujet.
- Image de la partie de la tuyauterie de l'usine qui sera transformée en orgues
Voix d'Anna (filtre rétro)
L'environnement insalubre de l'effrayante usine que tu dépeins ne me dit rien qui vaille,
même si ton talent semble être reconnu à sa juste valeur
et que petit à petit, les automates que tu imagines remplacent,
pour les travaux les plus pénibles, les ouvriers.
- Image de l'automate géant, puis des automates-mineurs.
Je suis fière que les automates Voralberg contribuent,
même modestement, à l'amélioration de la vie des gens ici.
- Image de l'album de souvenir à Valadilène : usine Voralberg
Voix d'Anna, sans filtre :
Ici, à Valadilène, nous tentons, tant bien que mal,
de panser nos blessures de guerre.
Des gens sont revenus, d'autres non...
La vie reprend doucement ses droits.
Je t'embrasse.
Anna.
Puisque la fin du message porte sur le retour de la guerre,
et que ce qui précède parle de l'automatisation progressive de l'usine,
l'arrivée en union soviétique précède sans doute la fin de la guerre.
S4
Syberia 4 confirme cette estimation,
en indiquant que la cité de Vaghen a été libérée par des troupes soviétiques
conduites par un officier venu de Komkolzgrad,
cité qui devait déjà son développement aux automates Voralberg.

---------------
S4 donne par ailleurs un autre aperçu de l'année 1945,
avec la lettre d'Anna à Gustav Renner, le père de Leni,
où elle donne son accord à la demande d'aide mécanique à la situation de sa fille.
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#43
Cosmodrome

La période à Komkolzgrad (au sens large, y compris au cosmodrome)
est particulièrement longue (si elle s'étend de 1943 à 1979),
et on n'a que peu de repères.

Elle se terminera par l'abandon du projet spatial de Hans au cosmodrome,
à la suite de recherches qui ont certainement dû prendre beaucoup de temps.
Mais comment cela s'articule -t-il avec les délires de Borodine à l'usine ?
Sont ils contemporains, ou successifs ?
Ces délires ont-ils même commencé après le départ de Hans ?
Fin de la présence de Hans au cosmodrome.
Au cours de l'année 1978,
les inspecteurs de la Commission Spatiale du Gouvernement visitent le cosmodrome
officiellement pour s'assurer du bon déroulement des recherches de Hans concernant l'aile volante,
mais en réalité pour lui demander de militariser son projet, en équipant l'aile d'une tête nucléaire.
Hans s'y refuse.

Le 15 avril 1979, le gouvernement décide de mettre fin à la recherche.
Le 21 avril 1979 un courrier officiel annonce cette fin,
en prétextant que la recherche n'a mené à
aucun résultat concret susceptible de servir les intérêts de notre pays dans le domaine militaire
Selon le pilote Charov, 23 ans plus tard :
Il rêvait d'atteindre les étoiles. Pas d'envoyer des bombes.
Un jour, Hans a compris à quelle fin allait servir son lanceur.
Ici, c'est toujours les généraux qui ont fait la loi, vous savez.
Il a été très déçu quand on lui a demandé d'étudier
la possibilité de fixer une tête nucléaire sur son aile volante.
Alors il est parti... comme ça.

--------------
On n'a en revanche pas d'indication sur le début de cette phase spatiale.
On peut simplement rappeler que le jeu aimant faire
une sorte de parallèle ludique avec l'histoire est-européenne,
la période du cosmodrome a dû commencer en parallèle approximatif
avec l'époque de la recherche spatiale soviétique,
marquée au début par Spoutnik en 1957 ou Gagarine en 1961.
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#44
Borodine
La présence de Borodine à Komkolgrad comporte deux périodes bien distinctes :
Phase 1
- Borodine est devenu directeur de l'usine de Komkolzgrad

- Il fait venir la cantatrice Helena Romanski alors que l'usine est à son sommet.
(On sait qu'Helena était en tournée, à Paris par exemple, dans les années 50,
mais cela ne donne pas l'étendue de sa carrière.)
Helena Romanski...
Une voix si pure, si cristalline, un ange.
Un jour, elle est venue chanter ici, à Komkolzgrad, vous savez.
Du temps de la splendeur de cette cité industrielle.
Cela a été un moment irréel, magique !
Je m'en souviens comme si c'était hier.
Article de l'album souvenir,
au musée consacré par Borodine à la cantatrice :
Après Kiev, notre diva arrive à Komkolzgrad.
Rayonnante, Helena pose en compagnie du directeur,
le camarade Borodine, et de quelques admirateurs.
[Image: 20230603085538-d9b9f1ad.jpg]
Photo au musée que Borodine consacre à Helena

- Borodine fait un musée personnel à la gloire de la cantatrice.
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#45
Phase 2
Bien des années plus tard,
- Borodine apprend l'abandon de l'exploitation industrielle de la mine :
Quand on m'a annoncé que le programme
d'exploitation de la mine allait être abandonné,
j'ai compris que je ne serais plus désormais
que le gardien inutile de vestiges d'une ère révolue.
- il conçoit le projet de faire revenir la cantatrice à l'usine
Que pouvais-je faire de tout ce temps ?
C'est alors qu'un projet grandiose est né dans mon cerveau :
faire revenir Helena Romanski, ici, dans cette usine !
Et cette fois qu'elle chante pour moi seul !
- il transforme la tuyauterie en grandes orgues
J'ai dû d'abord m'occuper de convertir toute cette monstrueuse tuyauterie
pour en faire les plus impressionnantes orgues jamais réalisées.
Mais là où jadis coulait le métal en fusion,
il n'y a plus aujourd'hui que e souffle pur de la musique.
Et puis j'ai dû concevoir un automate pianiste.
- il fabrique un automate organiste

- il envoie des lettres d'invitation à Helena, qui ne les reçoit pas.
Il a dû envoyer les premières lettres alors qu'Helena, en soin à Aralbad, a mis fin à sa carrière.
("malade et épuisée", elle a fait ses adieux au public au Bolchoï).
Le 15 juin 1997, Borodine écrit "pour la 112e fois"
à Helena à son adresse à Moscou pour réitérer son invitation,
(il indique que "les grandes orgues sont presque terminées maintenant").
mais sa lettre lui revient avec à nouveau,
avec la mention "N'habite plus à l'adresse indiquée. Retour à l'expéditeur."
Helena étant à Aralbad depuis 1981
(raison pour laquelle elle ne réceptionne plus son courrier à Moscou),
le projet fou de Borodine peut remonter à une telle date.
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