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Syberia : repères
#16
16 novembre 1930

C'est mon anniversaire aujourd'hui.
Gertrud a pensé me préparer une tarte aux pommes comme j'aime.

Mais Père n'est pas rentré déjeuner
et Hans n'a pas voulu sortir de sa chambre.
Mon plus beau cadeau serait que la santé de Hans s'améliore.


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25 décembre 1930
Il neige et c'est beau.


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10 janvier 1931
Le médecin est venu refaire des examens à Hans.
Il a semblé satisfait,
mon petit frère semble avoir pleinement récupéré ses facultés,
c'est vrai que c'est miraculeux.

Mais alors pourquoi ne parle-t-il plus ?
Pourquoi n'est-il plus aussi vivant, comme avant ?


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#17
9 février 1931

Anniversaire de Hans :
il a 11 ans aujourd'hui.

C'est étrange, j'ai l'impression que c'est
cinq ans de moins qu'il vient de prendre.


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24 février 1931

Le médecin vient de partir.
Je l'ai vu parler à Père en chuchotant.
Leurs mines sérieuses m'inquiètent terriblement.
Qu'essayent-ils de cacher ?

Je suis grande maintenant,
à quinze ans on peut tout entendre.
Mais j'ai trop peur d'interroger Père.


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15 mars 1931

J'ai bien réfléchi.
L'attitude de Hans n'est pas normale.
Le choc et la période de coma que Hans a subi ont dû laisser
des séquelles bien plus graves qu'on ne le pensait.
Mon Hans, que t'arrive-t-il ?


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#18
13 avril 1931

Pâques.
Les vacances me permettent d'être aux côtés de Hans toute la journée.
Et le protéger du mieux possible de la mauvaise humeur permanente de Père.
Il ne veux pas accepter que Hans, son fils unique, soit ainsi pour toujours.


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14 avril 1931

C'est vrai que c'est dur d'accepter
mais ce n'est pas la faute de Hans,
de la mienne peut-être, mais pas celle de Hans.

Je ne sais pas comment le faire comprendre à Père.
Il semble le haïr maintenant.
Quelle horreur, et je me sens si impuissante !


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14 mai 1931

Un an. Un an passé seulement.
J'ai l'impression que ça fait une éternité.

Les choses ne s'arrangent pas,
ni l'état de Hans, ni l'attitude de Père à son égard.


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#19
30 mai 1931

Décision extraordinaire :
Père emmène Hans à Paris pour faire de nouveaux examens.
Il dit que dans cette grande capitale,
il trouvera des médecins réellement compétents.
Il faut que je prépare Hans pour ce grand voyage.


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6 juin 1931
Pas de nouvelle de Père et Hans.
Mais je suis pleine d'espoir.
Ils vont soigner mon petit frère, j'en suis sure !


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15 juillet 1931

Ils sont rentrés !
Hans s'est précipité dans mes bras et s'est mis à pleurer ;
j'ai mis longtemps à le calmer et à l'endormir.

Père est encore plus taciturne qu'avant de partir.
Les médecins français ont confirmé le diagnostic :
Hans restera mentalement et physiquement attardé.
Je suis bouleversée.


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#20
28 aout 1931
L'été s'achève.
Il fut moins étouffant que le dernier
et Hans a pris de bonnes couleurs.

Quand je le regarde, j'ai du mal à réaliser
qu'il sera différent dorénavant.


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16 novembre 1931

Et Père qui ne dit toujours rien
et qui s'enferme de plus en plus souvent dans son bureau à l'usine.


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Noel 1931

Gertrud me dit que, plus fort que la science, il y a l'amour et la foi.
Et Dieu merci, je n'en manque pas.


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#21
12 janvier 1932

Père a amené Hans à l'usine ce matin.
Hans était si effrayé que je les ai accompagnés.

Heureusement Père n'a rien dit.
Je ne comprends pas pourquoi il a souhaité faire cette visite.


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13 janvier 1932
De nouveau Père est parti ce matin à l'usine avec Hans.
Je crois qu'il veut se persuader que Hans peut être utile à quelque chose.
C'est sans doute sa façon de refuser la fatalité.


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17 février 1932

Voilà plus d'un mois que Hans va travailler tous les matins à l'usine avec Père.
Je ne sais pas exactement ce qu'il fait,
mais ça a l'air de lui plaire.
Et je sens un changement dans le comportement de mon frère.
Il est beaucoup moins capricieux.


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#22
14 avril 1932

O je suis tout émue !
Hans m'a fait un cadeau :
un petit automate mammouth dont la trompe monte et descend.
En le voyant, Père a hoché la tête en signe de satisfaction.


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20 mai 1932
Gertrud, puis Père ont chacun eu leur petit automate mammouth.
De plus en plus détaillés et perfectionnés.
Finalement pas si débile que ça le petit frère !


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15 octobre 1932

Maintenant les mammouths de Hans marchent,
lèvent la trompe et agitent la queue.
C'est incroyable !

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#23
22 décembre 1932

Cet après-midi, j'ai rencontré monsieur Grips,
le chef d'atelier de notre usine.

Il dit que pour un petit garçon de 12 ans,
Hans est maintenant très doué.
Dommage qu'il ne fasse que des éléphants.


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11 février 1933

Longue discussion hier entre Père et Hans,
enfin long monologue de Père, devrais-je dire.

Puisqu'il est impensable que Hans aille à l'école
comme les autres enfants de son âge,
Père souhaiterais l'intégrer véritablement comme salarié de la fabrique.
mais pour cela, il lui a ordonné de cesser ses productions personnelles.

Face ua mutisme de Hans, sa bouche entrouverte et ses yeux hagards,
Père a finalement quitté le salon très énervé.


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12 février 1933

A mon tour j'ai abordé le sujet avec Hans.
Je lui ai suggéré d'obéir à notre père :
créer pour l'usine est sa seule chance
de faire quelque chose de constructif de sa vie.
Et puis il est si doué et il éprouve un tel plaisir à concevoir ses automates.

Même s'il a fait celui qui n'écoutait pas,
je sais qu'il en tiendra compte.


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#24
20 février 1933
Ce n'est pas que Hans ne peut pas parler,
c'est qu'il ne veut pas parler !

Et il se contente du minimum vital pour communiquer.
Sauf avec moi, quoiqu'il demeure toujours très économe de ses mots.


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15 mai 1933
Incroyable !
Hans ne s'est pas contenté de comprendre
comment marche la chaîne de montage,
il l'a totalement repensée !
Père et Monsieur Grips étudient sérieusement ses plans.


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10 juillet 1933
Père a souhaité me voir pour parler de mon avenir,
puisque j'ai été reçue au baccalauréat.
Il désire m'envoyer à l'université,
car il dit que je suis une jeune fille brillante.

Mon cœur battait très fort.
J'aime tellement étudier
Mais cela voudrait dire que je m'éloigne de Hans !


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#25
2 septembre 1933

Quel horrible été !
Constamment partagée entre mon envie d'aller à l'université
et mon refus de quitter mon frère.

J'en ai parlé à Hans.
Il n'a rien dit,
mais le soir même je découvrais mon petit mammouth écrasé.


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9 octobre 1933

Encore une crise de nerfs de Hans lors du dîner.

Père a annoncé que la nouvelle chaîne de
montage imaginée par Hans serait bientôt finie,
mais sans les automates perroquets censés crier les ordres,
qu'il estime superflus.
Furieux, Hans a jeté son assiette de soupe par terre,
puis est parti en courant dans sa chambre.

Comment ça va se passer entre mes deux hommes
quand je ne serai plus là ?


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#26
17 octobre 1933

Je pars.
J'ai énormément de scrupules.

Hans ne me parle plus depuis une semaine.
Mais Père ne comprendrait pas que je veuille rester.
Mon cœur est si lourd.


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Noel 1933

Comme cela me fat bizarre de retrouver la maison.
Je ne l'avais jamais quittée aussi longtemps !

Une fois seuls, Hans n'a pas arrêté de parler,
ses mots sortaient trop vite de sa bouche ;
mais nous avons éclaté de rire en constatant son excitation.

Il m'a offert une adorable petite danseuse
"pour remplacer mammouth" qu'il m'a dit.
J'en ai versé des larmes d'émotion.
Cet éloignement n'a pas atteint notre formidable complicité !





Le Journal d'Anna s'interrompt pendant quatre ans,
lorsqu'elle fait ses études à l'université.
Ce "blanc" dans le Journal a donné lieu à des développements malheureux dans la bd,
puisqu'ils contredisent frontalement la suite du Journal,
mais même déjà ce qui vient d'être raconté.
La bd est donc a écarter résolument du canon.

De manière moins contestable,
ce blanc a laissé un espace pour quelques aménagements dans S4.
On y apprend que Hans a fait quelques voyages dans les Alpes suisses au moins,
non loin de Valadilène.
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#27
Gaga
léger spoiler de S4,
qui ne révèle rien d'essentiel sur l'intrigue principale,
mais porte seulement sur le backgroung de la cité de Vaghen.
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1934

La cité de Vaghen dans les Alpes suisses a connu un incendie dramatique en 1934,
qui a ravage une partie importante de la ville.

En voyage à l'est de Valadilène,
Hans Voralberg a visité la cité et a été sensible à son sort.
Il a ainsi grandement contribué à la rénovation d'équipements de la ville,
en les mécanisant sur de nombreux points.
Une publicité (visible dans le Prologue) pour les automates Voralberg indique :

Vaghen et nous


Si nous, les manufactures Voralberg,
nous targuons d'être proches de nos clients,
nous entretenons une relation privilégiée avec Vaghen et sa population.
La raison de cette proximité ?

Au cours de l'un de ses voyages, notre ingénieur en chef visionnaire, Hans Voralberg,
a découvert une Vaghen dévastée par un terrible incendie de sinistre mémoire.
Ému par la situation, M. Voralberg a fait contribuer nos manufactures
à la reconstruction et à la mécanisation de la ville,
restituant sa beauté éternelle tout en la propulsant dans la modernité
grâce aux automates dernier cri issus de nos ateliers.


Cela a de plus favorisé de très nombreux emplois qui ont relancé une économie stagnante,
comme l'indique un prospectus sur la ville (sous spoiler, parce qu'il n'est pas dans le Prologue) :
Hans a été tout particulièrement sensible à l'histoire de la violoncelliste Véra Schoenberg,
qui a continué à jouer au milieu des habitants prisonniers de l'incendie.
En son hommage, il a conçu la rénovation totale de la place musicale,
avec l'automate qui rend hommage à la musicienne.

[Image: 20230603085319-d22c0c04.jpg]

Ce séjour de Hans a également pu être l'occasion pour Gustav Renner (le père de Leni)
de connaître l'entreprise Voralberg, et de désirer y travailler
(il fut "l"un de nos plus brillants employés" dira Anna Voralberg en 1945),
avant qu'il ne revienne à Vaghen s'occuper du refuge Silberspiegel.
Après son importante contribution à la restauration de Vaghen,
Hans a disparu "aussi soudainement qu'il était apparu"
indique un prospectus sur l'histoire de la ville.
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#28
début juillet 1937

Anna, absente de Valadilène lors de son parcours à l'université,
reprend son journal lorsqu'elle y revient, à l'été 1937.
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10 septembre 1937

Quelle drôle d'impression de retrouver ce journal.
Et après ma première impulsion de vouloir le déchirer,
je ne résiste pas à l'envie d'écrire un peu.

Me voilà seule dans mon cher grenier.
Je suis revenue à la maison depuis deux mois
et, après un été passé sous le signe d'intenses retrouvailles entre mon frère et moi,
Hans a repris le chemin de l'usine.

Père a bien vieilli
et Gertrud a de l'arthrose maintenant qui la fait terriblement souffrir.


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#29
Jours heureux

13 septembre 1937

Tout compte fait ces quatre ans passés ont été favorables à Père et Hans.
Leurs rapports sont moins tendus.

Ils ne se parlent pas beaucoup plus,
mais maintenant ils ont une chose en commun : l'usine !
Je crois que j'en suis suis même un peu jalouse, c'est bête.


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17 septembre 1937

Hans n'a pas changé !
Il a conçu pour aider Gertrud une cuisine complètement automatisée,
et celle-ci n'arrête pas de pester contre chaque pantin de bois.
Je les adore !


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9 octobre 1937

Je suis allée voir travailler Père et Hans.
Il y avait longtemps que je n'avais pas mis les pieds à l'usine,
c'est fou comme elle a changé.
Et puis je crois que l'étais très curieuse de les regarder vaquer à leurs affaires.

J'aime beaucoup le bureau de Père.
Hans, lui, s'est installé dans un petit local du rez-de-chaussée :
fouillis avec plein de pièces détachées, d'automates non terminés, de dessins, de plans :
exactement comme je me l'imaginais !

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#30
15 octobre 1937

L'usine marche bien.
Les commandes de jouets n'arrêtent pas de tomber, surtout en cette période.

C'est vrai que même à l'université, quand je disais m'appeler Voralberg,
on me demandait si j'avais un rapport avec la fabrique de Valadilène.
Et je sais que le génie de Hans y est pour beaucoup.


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2 novembre 1937

Pour me sentir utile, j'ai commencé à aider Père
à mettre de l'ordre dans les papiers administratifs.

Et le plus extraordinaire dans tout ça,
c'est que j'ai l'impression que, pour la première fois,
nous formons tous les trois une vraie famille !


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8 décembre 1937

Hans me surprendra toujours :
son comportement à l'usine et à la maison est si différent.

A l'atelier, il est sérieux, concentré :
un petit bonhomme qui suit tout, qui est partout, qui contrôle tout.
On a l'impression que chaque jouet est son bébé.

Et à la maison, il redevient un véritable gamin,
boudeur, farceur et insouciant.


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Noël 1937

Le plus beau de ma vie.
Avec Hans nous n'avons pas cessé de rire comme des gosses,
sous l’œil réprobateur de Père.
Mais je sais que pour ne fois il se forçait.
Nous sommes tous plein d'espoir.

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