Komkolzgrad, le 15 juin 1997
Ma chère Helena,
Me pardonnerez-vous, Madame, cette douce familiarité ?
C'est que, voyez-vous, je vous ai écrit si souvent et depuis si longtemps
que j'imagine maintenant dans nos relations épistolaires les prémices d'une certaine intimité.
J'ose espérer que si toutes mes précédentes lettres vous étaient parvenues, vous partageriez cc sentiment.
Pour la 112e fois donc, je vous écris à cette adresse en espérant qu'un jour vous y reviendrez
et qu'enfin vous y trouverez une de mes lettres. Peut-être celle-ci ? Je l'espère...
C'est que j'ai tant de choses à vous dire et à vous montrer. Mes travaux avancent bien.
Comme je vous le racontais précédemment, le plus dur fut de passer de la théorie à la pratique,
mais petit à petit je solutionne les différents problèmes et affine une multitude de détails.
Les Grandes Orgues sont presque achevées maintenant et j'ai vraiment hâte que vous les voyez.
Madame, croyez-le, j'ai transformé mon usine en un écrin dont j'espère qu'un jour vous serez la perle.
Un lieu grandiose digne de votre talent et de votre beauté.
Helena ! Vous dont je me sens si proche, vous qui désormais êtes l'unique préoccupation de mon existence,
sachez que le temps qui passe ne fait que confirmer la certitude de vous accueillir un jour, ici,
dans cette usine tout entière à vous dédiée.
J'attends avec un immense espoir que vous acceptiez enfin mon invitation.
Votre fidèle et dévoué,
Sergueï Borodine
Sergueï Borodine
Ma chère Helena,
Me pardonnerez-vous, Madame, cette douce familiarité ?
C'est que, voyez-vous, je vous ai écrit si souvent et depuis si longtemps
que j'imagine maintenant dans nos relations épistolaires les prémices d'une certaine intimité.
J'ose espérer que si toutes mes précédentes lettres vous étaient parvenues, vous partageriez cc sentiment.
Pour la 112e fois donc, je vous écris à cette adresse en espérant qu'un jour vous y reviendrez
et qu'enfin vous y trouverez une de mes lettres. Peut-être celle-ci ? Je l'espère...
C'est que j'ai tant de choses à vous dire et à vous montrer. Mes travaux avancent bien.
Comme je vous le racontais précédemment, le plus dur fut de passer de la théorie à la pratique,
mais petit à petit je solutionne les différents problèmes et affine une multitude de détails.
Les Grandes Orgues sont presque achevées maintenant et j'ai vraiment hâte que vous les voyez.
Madame, croyez-le, j'ai transformé mon usine en un écrin dont j'espère qu'un jour vous serez la perle.
Un lieu grandiose digne de votre talent et de votre beauté.
Helena ! Vous dont je me sens si proche, vous qui désormais êtes l'unique préoccupation de mon existence,
sachez que le temps qui passe ne fait que confirmer la certitude de vous accueillir un jour, ici,
dans cette usine tout entière à vous dédiée.
J'attends avec un immense espoir que vous acceptiez enfin mon invitation.
Votre fidèle et dévoué,
Sergueï Borodine
Sergueï Borodine
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112e lettre de Borodine à Helena, qui ne reçoit pas ces lettres,
puisqu'elle n'est plus à Moscou mais à Arabald depuis mai 1981.

