Presbytère de l'église
Confession du curé
Léon Bonnard, curé de Valadilène, raconte comment il a été manipulé par Rodolphe Voralberg :
Confession du curé
Léon Bonnard, curé de Valadilène, raconte comment il a été manipulé par Rodolphe Voralberg :
À mon successeur, Monsieur le Curé de la Paroisse de Valadilène,
Le secret du confessionnal est un serment que nous ne devrions jamais rompre.
C'est pourquoi la révélation que je fais aujourd'hui est l'aboutissement d'une difficile réflexion.
Un jour de mars 1938, Rodolphe Voralberg est venu frapper à ma porte.
À l'époque, j'étais un tout jeune curé, très impressionné par la forte personnalité
de l'homme le plus important de notre petite ville de Valadilène.
Ce jour là, je m'en souviens encore, il pleuvait.
Sous ses cheveux trempés, son visage traduisait une souffrance infinie.
Il m'annonça alors, les mâchoires serrées et les yeux noyés de douleur,
que son fils Hans venait de mourir et qu'il voulait que je vienne immédiatement bénir son corps.
Quand je pénétrais dans le sombre salon de la maison familiale,
le cercueil du jeune Hans trônait au milieu de la pièce, fermé.
Monsieur Voralberg m'expliqua qu'il ne souhaitait pas que l'on voie
le cadavre de son fils retrouvé déchiqueté au fond d'une précipice.
Un faux pas, une mauvaise chute probablement, dû au fait que malgré ses 18 ans,
le fils Voralberg n'avait plus toute sa tête.
Je l'ai cru. J'ai supervisé les funérailles, célébré la messe,
inhumé Hans Voralberg avec le respect qu'imposait cette tragédie.
Ainsi va la vie... et j'aurais sûrement oublié cet épisode si…
Quelques années plus tard, bien après la mort de son père,
Anna Voralberg eut un accident à l'usine qui faillit bien lui coûter la vie.
Est-ce d'avoir approché de si près la mort ?
Le fait est qu'elle souhaita que je l'entende en confession.
Et elle m'avoua ce qui dorénavant allait hanter à jamais mes nuits.
Le corps de son jeune frère, Hans, ne reposait pas dans leur caveau familial
pour la simple raison qu'il était toujours vivant !
J'avais béni et sanctifié un cercueil vide !
J'avais participé et cautionné une mascarade
organisée par la folie haineuse de Rodolphe Voralberg.
J'avais été honteusement abusé par un homme
qui préféra croire et faire croire à la mort de son fils
plutôt que d'accepter son départ considéré à ses yeux comme une trahison.
Quelle sorte donc de curé avais-je été et pouvais-je être désormais ?
Notre Seigneur miséricordieux sera mon seul juge.
Mais, afin que vous soyez un meilleur pasteur que je ne le fus,
vous devez savoir qu'une de vos ouailles manque à l'appel.
À vous maintenant de porter ce terrible secret
et d'en disposer comme bon vous semblera.
Léon Bonnard, prêtre
Le secret du confessionnal est un serment que nous ne devrions jamais rompre.
C'est pourquoi la révélation que je fais aujourd'hui est l'aboutissement d'une difficile réflexion.
Un jour de mars 1938, Rodolphe Voralberg est venu frapper à ma porte.
À l'époque, j'étais un tout jeune curé, très impressionné par la forte personnalité
de l'homme le plus important de notre petite ville de Valadilène.
Ce jour là, je m'en souviens encore, il pleuvait.
Sous ses cheveux trempés, son visage traduisait une souffrance infinie.
Il m'annonça alors, les mâchoires serrées et les yeux noyés de douleur,
que son fils Hans venait de mourir et qu'il voulait que je vienne immédiatement bénir son corps.
Quand je pénétrais dans le sombre salon de la maison familiale,
le cercueil du jeune Hans trônait au milieu de la pièce, fermé.
Monsieur Voralberg m'expliqua qu'il ne souhaitait pas que l'on voie
le cadavre de son fils retrouvé déchiqueté au fond d'une précipice.
Un faux pas, une mauvaise chute probablement, dû au fait que malgré ses 18 ans,
le fils Voralberg n'avait plus toute sa tête.
Je l'ai cru. J'ai supervisé les funérailles, célébré la messe,
inhumé Hans Voralberg avec le respect qu'imposait cette tragédie.
Ainsi va la vie... et j'aurais sûrement oublié cet épisode si…
Quelques années plus tard, bien après la mort de son père,
Anna Voralberg eut un accident à l'usine qui faillit bien lui coûter la vie.
Est-ce d'avoir approché de si près la mort ?
Le fait est qu'elle souhaita que je l'entende en confession.
Et elle m'avoua ce qui dorénavant allait hanter à jamais mes nuits.
Le corps de son jeune frère, Hans, ne reposait pas dans leur caveau familial
pour la simple raison qu'il était toujours vivant !
J'avais béni et sanctifié un cercueil vide !
J'avais participé et cautionné une mascarade
organisée par la folie haineuse de Rodolphe Voralberg.
J'avais été honteusement abusé par un homme
qui préféra croire et faire croire à la mort de son fils
plutôt que d'accepter son départ considéré à ses yeux comme une trahison.
Quelle sorte donc de curé avais-je été et pouvais-je être désormais ?
Notre Seigneur miséricordieux sera mon seul juge.
Mais, afin que vous soyez un meilleur pasteur que je ne le fus,
vous devez savoir qu'une de vos ouailles manque à l'appel.
À vous maintenant de porter ce terrible secret
et d'en disposer comme bon vous semblera.
Léon Bonnard, prêtre

