17.
Anthropologue
Particuipez au cour magistral du Prof. Pons
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La conférence :
À l'issue de la conférence, Kate peut trouver le document racontant la légende de l'arche d'ivoire :
Anthropologue
Particuipez au cour magistral du Prof. Pons
![[Image: 20251206160216-7f2dc900.jpg]](https://ufo-3d.fr/gallery/upload/2025/12/06/20251206160216-7f2dc900.jpg)
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La conférence :
Les Youkols sont un peuple méconnu du Grand Nord. Ils vivent loin, très loin…
Là-bas, aux confins de la Sybérie glacée, l'éloignement et les conditions climatiques
peu propices à l'existence humaine ont fait que les Youkols
sont demeurés un petit peuple passablement méconnu du monde scientifique.
Les quelques diapositives qui vont suivre sont, à la vérité, les seuls documents que nous possédons.
Ces dessins et ces photographies ont été réalisées voici une centaine d'années
par un explorateur russe à qui aujourd'hui l'on doit une grande part
de ce qu l'on sait du peuple Youkol et de sa culture.
Nous savons que lel origines des Youkols remontent à la dernière ère glacière.
Curieusement, on a retrouvé des traces de leur présence en Europe de l'Ouest,
plus précisément nichées au cœur des Alpes.
Ce peuple aurait donc entrepris au fil des siècles, une longue migration vers l'extrême nord du globe.
Nous en connaissons la raison. L'économie des Youkols était exclusivement liée aux mammouths
qu'ils utilisaient comme montures et comme bêtes de somme
et qui leur apportaient la viande, les peaux, la graisse et l'ivoire.
Il n'est pas douteux que nous ayons affaire ici à une véritable symbiose entre l'homme et l'animal.
A la suite des mammouths eux-mêmes chassés par des conditions climatiques changeantes,
les Youkols sont donc montés de plus en plus au nord, jusqu'à l'extrême sibérien.
Certains dessins rupestres, identifiés comme des peintures youkoles préhistoriques,
m'avaient déja permis d'avancer l'hypothèse selon laquelle les Youkols avaient réussi
l'incroyable pari de domestiquer le mammouth !
En effet ils sont, à notre connaissance, la seule peuplade préhistorique
à représenter un homme chevauchant un mammouth.
Aujourd'hui, grâce à cette poupée en peau de mammouth véritable,
identifiée par mes soins comme un objet néolithique authentique,
je suis en mesure de confirmer cette hypothèse.
Les ancêtres des Youkols ont réussi l'exploit d'apprivoiser les mammouths !
Car l'homme préhistorique n'imagine pas : il dessine ce qu'il voit ; il représente ce qu'il vit !
Comme en témoigne incontestablement cet objet aussi quotidien et familier qu'est un jouet d'enfant.
Hum. La vie des Youkols était donc intimement liée à celle des mammouths :
ils en utilisaient la fourrure pour se vêtir et pour confectionner
les toits et les murs de leurs maisons.
Ses défenses constituaient la charpente de leur habitat
et leur servait à fabriquer des armes, des outils et des bijoux.
Curieusement, la disparition du mammouth, voici 12 000 ans
n'a pas eu d'incidence immédiate sur le mode de vie des Youkols.
Il semble que ceux-ci aient conservé longtemps encore, par delà les millénaires,
ce lien très fort qui les unissait aux mammouths.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Youkols ont continué, jusqu'au début de ce siècle,
à se nourrir de viande de mammouth, à se servir de leur peau et à s'abriter sous elle.
Leur artisanat en ivoire de mammouth est resté florissant.
Il nous apparaît donc que, pour ne pas changer leurs habitudes ancestrales,
les Youkols auraient su exploiter, au cours des siècles,
le très grand nombre de cadavres de mammouths congelés
et parfaitement conservés dans le sol glacé de Sibérie.
Ils auraient vécu en grande partie grâce à cet énorme garde manger pendant près de trente siècles.
Aussi plausible soit elle, cette explication ne suffit pas au monde scientifique,
qui je l'avoue, se perd en conjectures...
Fautes d'éléments scientifiques incontestables, il faut, pour l'instant,
nous contenter de toutes les fariboles colportées par les chamans youkols.
La faculté que j'ai l'honneur de représenter ici, n'accorde bien sûr aucun crédit
à tous les mythes et légendes que transmettent ces charlatans.
Il faut prendre ces histoires pour ce qu'elles sont :
ces contes pour tromper l'ennui du long hiver sibérien.
La légende de l'arche de Syberia est à ce titre exemplaire.
Je vous invite à en prendre connaissance dans les pages du livret que je vous ai fait distribuer.
Cette légende tenterai de nous faire croire qu'il existe de nos jours,
quelque part sur une île perdue au nord de la Sibérie, des mammouths bien vivants.
Une sorte de relique de l'ère glaciaire !
Une petite population miraculeusement préservée depuis plus de 120 siècles
par les soins des Youkols, qui abriterait des pachydermes, s'appellerait Syberia…
Mes amis, je ne saurais trop vous mettre en garde contre la tentation que vous pourriez avoir
de croire un instant à ces sornettes.
L'île de Syberia ne figure sur aucune carte et la survivance des mammouths au XXIe siècle
n'est qu'un fantasme de mauvais savant.
Les Youkols comptèrent hélas parmi les premières victimes
de l'intense colonisation de la Sibérie par les Russes durant le XXe siècle.
Le système des kolkhozes et des sovkhozes, ainsi que la longe chaîne d'exploitation,
de mépris et d'humiliation marque une rupture définitive dans le mode de vie traditionnel des Youkols.
Depuis l'effondrement de l'empire communiste,
la population youkole se trouve confrontée aux mêmes problématiques
de désorganisation politique et sociale que connaissent les autres communautés sibériennes.
Il en résulte deux conséquences : certains Youkols en mal d'identité se sont définitivement
éloignés de leurs traditions et se sont fondus irrémédiablement dans la population russe.
D'autres au contraire ont ardemment désiré renouer avec leur culture ancestrale perdue sous le régime soviétique.
En ce début de XXIe siècle, les derniers véritables Youkols
sont repartis vivre sur les vastes territoires de leurs ancêtres.
Nul ne sait aujourd'hui où ils demeurent exactement et quels sont leurs moyens de subsistance.
Leur existence même serait sujette à caution, s'ils ne visitaient de temps à autre
les comptoirs de fourrure les plus isolés de la toundra
pour troquer quelques défenses de mammouth contre des produits de première nécessité.
Voilà qui conclut mon cours d'aujourd'hui.
Je vous remercie de votre attention.
Là-bas, aux confins de la Sybérie glacée, l'éloignement et les conditions climatiques
peu propices à l'existence humaine ont fait que les Youkols
sont demeurés un petit peuple passablement méconnu du monde scientifique.
Les quelques diapositives qui vont suivre sont, à la vérité, les seuls documents que nous possédons.
Ces dessins et ces photographies ont été réalisées voici une centaine d'années
par un explorateur russe à qui aujourd'hui l'on doit une grande part
de ce qu l'on sait du peuple Youkol et de sa culture.
Nous savons que lel origines des Youkols remontent à la dernière ère glacière.
Curieusement, on a retrouvé des traces de leur présence en Europe de l'Ouest,
plus précisément nichées au cœur des Alpes.
Ce peuple aurait donc entrepris au fil des siècles, une longue migration vers l'extrême nord du globe.
Nous en connaissons la raison. L'économie des Youkols était exclusivement liée aux mammouths
qu'ils utilisaient comme montures et comme bêtes de somme
et qui leur apportaient la viande, les peaux, la graisse et l'ivoire.
Il n'est pas douteux que nous ayons affaire ici à une véritable symbiose entre l'homme et l'animal.
A la suite des mammouths eux-mêmes chassés par des conditions climatiques changeantes,
les Youkols sont donc montés de plus en plus au nord, jusqu'à l'extrême sibérien.
Certains dessins rupestres, identifiés comme des peintures youkoles préhistoriques,
m'avaient déja permis d'avancer l'hypothèse selon laquelle les Youkols avaient réussi
l'incroyable pari de domestiquer le mammouth !
En effet ils sont, à notre connaissance, la seule peuplade préhistorique
à représenter un homme chevauchant un mammouth.
Aujourd'hui, grâce à cette poupée en peau de mammouth véritable,
identifiée par mes soins comme un objet néolithique authentique,
je suis en mesure de confirmer cette hypothèse.
Les ancêtres des Youkols ont réussi l'exploit d'apprivoiser les mammouths !
Car l'homme préhistorique n'imagine pas : il dessine ce qu'il voit ; il représente ce qu'il vit !
Comme en témoigne incontestablement cet objet aussi quotidien et familier qu'est un jouet d'enfant.
Hum. La vie des Youkols était donc intimement liée à celle des mammouths :
ils en utilisaient la fourrure pour se vêtir et pour confectionner
les toits et les murs de leurs maisons.
Ses défenses constituaient la charpente de leur habitat
et leur servait à fabriquer des armes, des outils et des bijoux.
Curieusement, la disparition du mammouth, voici 12 000 ans
n'a pas eu d'incidence immédiate sur le mode de vie des Youkols.
Il semble que ceux-ci aient conservé longtemps encore, par delà les millénaires,
ce lien très fort qui les unissait aux mammouths.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Youkols ont continué, jusqu'au début de ce siècle,
à se nourrir de viande de mammouth, à se servir de leur peau et à s'abriter sous elle.
Leur artisanat en ivoire de mammouth est resté florissant.
Il nous apparaît donc que, pour ne pas changer leurs habitudes ancestrales,
les Youkols auraient su exploiter, au cours des siècles,
le très grand nombre de cadavres de mammouths congelés
et parfaitement conservés dans le sol glacé de Sibérie.
Ils auraient vécu en grande partie grâce à cet énorme garde manger pendant près de trente siècles.
Aussi plausible soit elle, cette explication ne suffit pas au monde scientifique,
qui je l'avoue, se perd en conjectures...
Fautes d'éléments scientifiques incontestables, il faut, pour l'instant,
nous contenter de toutes les fariboles colportées par les chamans youkols.
La faculté que j'ai l'honneur de représenter ici, n'accorde bien sûr aucun crédit
à tous les mythes et légendes que transmettent ces charlatans.
Il faut prendre ces histoires pour ce qu'elles sont :
ces contes pour tromper l'ennui du long hiver sibérien.
La légende de l'arche de Syberia est à ce titre exemplaire.
Je vous invite à en prendre connaissance dans les pages du livret que je vous ai fait distribuer.
Cette légende tenterai de nous faire croire qu'il existe de nos jours,
quelque part sur une île perdue au nord de la Sibérie, des mammouths bien vivants.
Une sorte de relique de l'ère glaciaire !
Une petite population miraculeusement préservée depuis plus de 120 siècles
par les soins des Youkols, qui abriterait des pachydermes, s'appellerait Syberia…
Mes amis, je ne saurais trop vous mettre en garde contre la tentation que vous pourriez avoir
de croire un instant à ces sornettes.
L'île de Syberia ne figure sur aucune carte et la survivance des mammouths au XXIe siècle
n'est qu'un fantasme de mauvais savant.
Les Youkols comptèrent hélas parmi les premières victimes
de l'intense colonisation de la Sibérie par les Russes durant le XXe siècle.
Le système des kolkhozes et des sovkhozes, ainsi que la longe chaîne d'exploitation,
de mépris et d'humiliation marque une rupture définitive dans le mode de vie traditionnel des Youkols.
Depuis l'effondrement de l'empire communiste,
la population youkole se trouve confrontée aux mêmes problématiques
de désorganisation politique et sociale que connaissent les autres communautés sibériennes.
Il en résulte deux conséquences : certains Youkols en mal d'identité se sont définitivement
éloignés de leurs traditions et se sont fondus irrémédiablement dans la population russe.
D'autres au contraire ont ardemment désiré renouer avec leur culture ancestrale perdue sous le régime soviétique.
En ce début de XXIe siècle, les derniers véritables Youkols
sont repartis vivre sur les vastes territoires de leurs ancêtres.
Nul ne sait aujourd'hui où ils demeurent exactement et quels sont leurs moyens de subsistance.
Leur existence même serait sujette à caution, s'ils ne visitaient de temps à autre
les comptoirs de fourrure les plus isolés de la toundra
pour troquer quelques défenses de mammouth contre des produits de première nécessité.
Voilà qui conclut mon cours d'aujourd'hui.
Je vous remercie de votre attention.
À l'issue de la conférence, Kate peut trouver le document racontant la légende de l'arche d'ivoire :
La légende de l'arche d'ivoire
La fin de la dernière glaciation fut marquée par un réchauffement de la planète.
Ce brusque changement climatique mit en péril les conditions de vie
de nombreuses espèces animales dont les mammouths,
qui peuplaient, en ce temps-là, les contrées du Grand Nord sibérien.
On raconte alors que le peuple des Youkols décida, à l'instar de Noé,
de construire une énorme arche pour tenter de préserver l'existence
des mammouths auxquels ils vouaient un véritable culte religieux
tant leur mode de vie était en symbiose avec celui de ces pachydermes.
L'énorme navire fut entièrement fabriqué en défenses de mammouth.
On y fit rentrer un petit troupeau de ces animaux ainsi que d'énormes quantités de fourrage.
La destinée de cette embarcation fut confiée à quelques clans Youkols particulièrement intrépides.
Ils avaient pour mission de mener les animaux
vers des contrées demeurées plus accueillantes pour leur survie.
Un jour, 50 étés après dit-on, l'arche revint à son point de départ...
Les Youkols furent étonnés de n'y trouver personne à bord si ce n'est les corps de quelques mammouths parfaitement conservés dans la glace qui recouvrait le navire.
Prenant ce signe comme un cadeau des dieux, mystérieux et impénétrable,
ils mangèrent les mammouths dans un mémorable festin...
Une semaine plus tard, emportée par les courants, l'arche était repartie...
Pour revenir à nouveau, un demi-siècle plus tard,
avec toujours personne à bord mais de nouveaux mammouths congelés.
Ce manège se reproduisit pendant des millénaires, et à chaque fois
de nouveaux mammouths étonnement bien conservés, sortis de nulle part...
Les Youkols interprétèrent ce phénomène comme une manifestation bienveillante
de leurs concitoyens morts lors du premier voyage de l'arche
dans quelque cataclysme maritime infernal,
mais dont l'âme avait trouvé le repos éternel
sur une île mythique que les chamans surnommèrent Syberia...
Ils en firent une religion avec ses rites et ses coutumes aux échéances rythmées par les apparitions périodiques du navire fantôme et sa précieuse cargaison.
Pendant des siècles, rien ne sembla devoir changer dans le cycle mystérieux de l'arche si ce n'est peut-être la taille des mammouths qui imperceptiblement diminua au fil du temps.
Jusqu'au jour, il y a quelques centaines d'années,
où l'arche est revenue plus tôt que prévu et vide !
Les pauvres Youkols tombèrent alors dans un profond désarroi :
les esprits de leurs anciens les oubliaient ; tout ce en quoi ils croyaient
et qui avait fait leur culture depuis la nuit des temps perdait son sens.
Les plus fervents tentèrent de continuer d'espérer
d'autant que l'arche poursuivait ses allées-venues vers l'inconnu
et même, que la fréquence de ses apparitions avait augmenté.
Certains très vieux Youkols pouvaient se vanter de l'avoir vue plusieurs fois.
Mais dorénavant, à chaque retour, le bateau blanc n'offrit plus que sa carcasse, désolée et vide, aux regards devenus sans espoir des derniers Youkols.
La croyance devint superstition, la réalité, légende...
La fin de la dernière glaciation fut marquée par un réchauffement de la planète.
Ce brusque changement climatique mit en péril les conditions de vie
de nombreuses espèces animales dont les mammouths,
qui peuplaient, en ce temps-là, les contrées du Grand Nord sibérien.
On raconte alors que le peuple des Youkols décida, à l'instar de Noé,
de construire une énorme arche pour tenter de préserver l'existence
des mammouths auxquels ils vouaient un véritable culte religieux
tant leur mode de vie était en symbiose avec celui de ces pachydermes.
L'énorme navire fut entièrement fabriqué en défenses de mammouth.
On y fit rentrer un petit troupeau de ces animaux ainsi que d'énormes quantités de fourrage.
La destinée de cette embarcation fut confiée à quelques clans Youkols particulièrement intrépides.
Ils avaient pour mission de mener les animaux
vers des contrées demeurées plus accueillantes pour leur survie.
Un jour, 50 étés après dit-on, l'arche revint à son point de départ...
Les Youkols furent étonnés de n'y trouver personne à bord si ce n'est les corps de quelques mammouths parfaitement conservés dans la glace qui recouvrait le navire.
Prenant ce signe comme un cadeau des dieux, mystérieux et impénétrable,
ils mangèrent les mammouths dans un mémorable festin...
Une semaine plus tard, emportée par les courants, l'arche était repartie...
Pour revenir à nouveau, un demi-siècle plus tard,
avec toujours personne à bord mais de nouveaux mammouths congelés.
Ce manège se reproduisit pendant des millénaires, et à chaque fois
de nouveaux mammouths étonnement bien conservés, sortis de nulle part...
Les Youkols interprétèrent ce phénomène comme une manifestation bienveillante
de leurs concitoyens morts lors du premier voyage de l'arche
dans quelque cataclysme maritime infernal,
mais dont l'âme avait trouvé le repos éternel
sur une île mythique que les chamans surnommèrent Syberia...
Ils en firent une religion avec ses rites et ses coutumes aux échéances rythmées par les apparitions périodiques du navire fantôme et sa précieuse cargaison.
Pendant des siècles, rien ne sembla devoir changer dans le cycle mystérieux de l'arche si ce n'est peut-être la taille des mammouths qui imperceptiblement diminua au fil du temps.
Jusqu'au jour, il y a quelques centaines d'années,
où l'arche est revenue plus tôt que prévu et vide !
Les pauvres Youkols tombèrent alors dans un profond désarroi :
les esprits de leurs anciens les oubliaient ; tout ce en quoi ils croyaient
et qui avait fait leur culture depuis la nuit des temps perdait son sens.
Les plus fervents tentèrent de continuer d'espérer
d'autant que l'arche poursuivait ses allées-venues vers l'inconnu
et même, que la fréquence de ses apparitions avait augmenté.
Certains très vieux Youkols pouvaient se vanter de l'avoir vue plusieurs fois.
Mais dorénavant, à chaque retour, le bateau blanc n'offrit plus que sa carcasse, désolée et vide, aux regards devenus sans espoir des derniers Youkols.
La croyance devint superstition, la réalité, légende...


