17-11-2015, 19:35
Bah si, merci d'avoir répondu, comme je le disais avant les discussions animées ne me dérangent pas.
Tu as raison, je n'ai pas toutes les réponses. Je ne connais pas bien la situation politique en Syrie et dans la région, la situation est complexe et l'on donne assez peu la parole à ceux qui proposent justement une vision alternative. Je vais quand même essayer de le faire.
Il y a cet excellent article paru dans Le Monde hier qui expose très bien les choses, encore une fois je vous incite à le lire et à défaut, je vais tenter de résumer du mieux possible les choses.
En 2003, nous étions une majorité de Français à nous opposer à la guerre en Irak voulue par la présidence Bush sous des motifs pour le moins fallacieux de supposées armes de destruction massive. Aujourd'hui, alors que nous sommes directement frappés par le terrorisme, nous reprenons à notre compte la rhétorique guerrière (car ne pas riposter, ce serait être faible) et sommes décidés à agir pour éradiquer Daesh par la force. Mais nous faisons ici exactement ce que Daesh souhaite, c'est-à-dire entrer ouvertement dans une soit-disante "guerre de civilisations" qui ne fera que radicaliser les positions des deux camps.
Quelles ont été les conséquences de la guerre en Irak ? Outre les milliers de victimes (ces vies humaines valent-elles donc moins que les vies humaines "de chez nous" ?), la guerre a complètement fragilisé le pays, fait reculer terriblement le niveau de vie et d'éducation et créé un terreau fertile pour le terrorisme d'aujourd'hui. Daesh est en grande partie né dans le vide et le chaos laissé par les troupes américaines à leur retrait du pays.
Pour moi il faudrait bien davantage lutter contre les causes profondes de ces situations, regarder en face notre politique au Moyen-Orient avant tout motivée par les intérêts économiques et la recherche du profit, tout en fermant les yeux sur le fait que certains Etats financent directement ces réseaux islamistes ; regarder en face, chez nous, les banlieues délaissées que l'on se contente de faire taire par plus de répression policière plutôt que de chercher véritablement à écouter la colère de ces populations, en leur donnant la parole plutôt qu'en les montrant du doigt, en les instrumentalisant ou en les stigmatisant comme savent si bien le faire nombre de nos experts télévisuels favoris (cf. ci-dessous, pour ceux qui voudraient creuser en vidéo) :
Je sais bien que tout ce discours paraîtra à beaucoup ridicule, qu'il est irresponsable de prendre le temps de réfléchir à des solutions de longue durée quand d'autres attentats menacent peut-être. Mais n'est-il pas encore plus irresponsable d'ignorer ces causes profondes et de ne faire qu'agir sur la partie visible de l'iceberg avec des réponses inappropriées et inefficaces, tout en se voilant la face sur ce qui a véritablement favorisé l'émergence de ce terrorisme ?
Si l'Histoire ne sert à rien, si nous n'apprenons jamais de nos actions passées, si nous ne prenons pas le temps de penser les conséquences de nos actions, nous referons sans fin les mêmes erreurs et nous ne résoudrons rien, au contraire.
Tu as raison, je n'ai pas toutes les réponses. Je ne connais pas bien la situation politique en Syrie et dans la région, la situation est complexe et l'on donne assez peu la parole à ceux qui proposent justement une vision alternative. Je vais quand même essayer de le faire.
Il y a cet excellent article paru dans Le Monde hier qui expose très bien les choses, encore une fois je vous incite à le lire et à défaut, je vais tenter de résumer du mieux possible les choses.
En 2003, nous étions une majorité de Français à nous opposer à la guerre en Irak voulue par la présidence Bush sous des motifs pour le moins fallacieux de supposées armes de destruction massive. Aujourd'hui, alors que nous sommes directement frappés par le terrorisme, nous reprenons à notre compte la rhétorique guerrière (car ne pas riposter, ce serait être faible) et sommes décidés à agir pour éradiquer Daesh par la force. Mais nous faisons ici exactement ce que Daesh souhaite, c'est-à-dire entrer ouvertement dans une soit-disante "guerre de civilisations" qui ne fera que radicaliser les positions des deux camps.
Quelles ont été les conséquences de la guerre en Irak ? Outre les milliers de victimes (ces vies humaines valent-elles donc moins que les vies humaines "de chez nous" ?), la guerre a complètement fragilisé le pays, fait reculer terriblement le niveau de vie et d'éducation et créé un terreau fertile pour le terrorisme d'aujourd'hui. Daesh est en grande partie né dans le vide et le chaos laissé par les troupes américaines à leur retrait du pays.
Pour moi il faudrait bien davantage lutter contre les causes profondes de ces situations, regarder en face notre politique au Moyen-Orient avant tout motivée par les intérêts économiques et la recherche du profit, tout en fermant les yeux sur le fait que certains Etats financent directement ces réseaux islamistes ; regarder en face, chez nous, les banlieues délaissées que l'on se contente de faire taire par plus de répression policière plutôt que de chercher véritablement à écouter la colère de ces populations, en leur donnant la parole plutôt qu'en les montrant du doigt, en les instrumentalisant ou en les stigmatisant comme savent si bien le faire nombre de nos experts télévisuels favoris (cf. ci-dessous, pour ceux qui voudraient creuser en vidéo) :
Je sais bien que tout ce discours paraîtra à beaucoup ridicule, qu'il est irresponsable de prendre le temps de réfléchir à des solutions de longue durée quand d'autres attentats menacent peut-être. Mais n'est-il pas encore plus irresponsable d'ignorer ces causes profondes et de ne faire qu'agir sur la partie visible de l'iceberg avec des réponses inappropriées et inefficaces, tout en se voilant la face sur ce qui a véritablement favorisé l'émergence de ce terrorisme ?
Si l'Histoire ne sert à rien, si nous n'apprenons jamais de nos actions passées, si nous ne prenons pas le temps de penser les conséquences de nos actions, nous referons sans fin les mêmes erreurs et nous ne résoudrons rien, au contraire.
Tell me about the rabbits, George.


Cliquez pour voir le message - Recliquez pour le cacher...