17-11-2015, 03:35
Bon, maintenant que j'ai pris un poil de recul sur les choses et après avoir lu la diversité des avis ici et ailleurs, je me permets de dire deux ou trois trucs.
N'y cherchez pas d'attaques personnelles, je ne m'exprime que par rapport aux idées. Ça fait jamais de mal de se taper dessus avec des idées.
J'ai trouvé ton message très intéressant, tu connais mieux l'Islam que moi (et sans doute mieux que 99% des Français non-musulmans) et c'est toujours sympa d'apprendre des trucs pas cons au détour d'un message, surtout à une époque où on dit tellement de conneries sur le sujet. Donc merci pour ça.
Pour autant, je ne crois pas du tout que partir en guerre contre Daesh avec nos gros sabots va résoudre le problème. On a vu le résultat de la "War on Terror" de George Bush après le 11 septembre 2001, qui n'a fait que générer plus de chaos, d'instabilité, de milliers de morts inutiles (combien de victimes innocentes dans ces grandes guerres nobles du Bien contre le Mal ?) et créer un terreau pour les extrémistes d'aujourd'hui, sans parler du retour en force de techniques d'un autre âge, arrestations arbitraires, recours à la maltraitance et à la torture à Guantánamo et ailleurs.
Cette politique s'accompagne ici comme ailleurs d'un durcissement toujours plus important des lois sécuritaires à l'efficacité douteuse, des mesures d'exception qui peu à peu deviennent la norme, et une perte de plus en plus grande des libertés publiques et donc des valeurs de la République, dont on se gargarise tant mais dont on se soucie finalement bien peu quant à leur application et à leur préservation.
Non seulement ce renforcement constant des pouvoirs de la police contre les citoyens est grave car il entraîne des dérives terribles (combien de morts aux Etats-Unis, bizarrement souvent des Noirs, victimes de "bévues" de policiers qui seront couverts par le système et s'en sortiront sans trop de problèmes ?), mais en plus elle creuse le fossé avec des populations déjà stigmatisées et délaissées par la République, ne faisant que renforcer leur sentiment de rejet et donc le risque de radicalisation.
Le Monde diplomatique a ressorti un article d'Henri Leclerc, alors président de la Ligue des Droits de l'Homme, daté de février 96. Bien que vieux de près de 20 ans, cet article disait déjà beaucoup de choses que je trouve très pertinentes sur la question, je vous invite à le lire.
N'y cherchez pas d'attaques personnelles, je ne m'exprime que par rapport aux idées. Ça fait jamais de mal de se taper dessus avec des idées.
(14-11-2015, 23:06)reekoo a écrit : Au fond, je pense que Scribe a raison et que je devrais juste me taire. Mais je dois avoir moins de patience et de maîtrise de moi, donc je vais quand même ouvrir ma gueule et dire ce que j'en pense une bonne fois.Ce n'était pas vraiment le sens que je mettais derrière mon message. Je trouve qu'au contraire c'est très bien, très important même de discuter de la question, c'est simplement qu'à quelques heures seulement après les attaques, je ne me sentais pas de m'exprimer en long et en large alors qu'on était encore sur une plaie à vif.
J'ai trouvé ton message très intéressant, tu connais mieux l'Islam que moi (et sans doute mieux que 99% des Français non-musulmans) et c'est toujours sympa d'apprendre des trucs pas cons au détour d'un message, surtout à une époque où on dit tellement de conneries sur le sujet. Donc merci pour ça.
(14-11-2015, 11:45)Grover a écrit : [...]mais oui, j'ai vraiment envie que notre gouvernement leur foute sur la gueule. Cette fois, ça suffit ! La démocratie ne peut survivre face à ces tarés qu'en leur rendant coup pour coup, jusqu'à ce qu'ils cessent ou disparaissent.Je comprends ta réaction, elle est on ne peut plus humaine.
Les histoires de soutien/pas soutien à Bachar el-Assad, on s'en fout ! Plus le temps pour les postures politiques. S'il faut s'unir temporairement avec ce malade et le Hezbollah pour réduire Daech au silence, allons-y. Pour le ménage, on verra plus tard.
Pour autant, je ne crois pas du tout que partir en guerre contre Daesh avec nos gros sabots va résoudre le problème. On a vu le résultat de la "War on Terror" de George Bush après le 11 septembre 2001, qui n'a fait que générer plus de chaos, d'instabilité, de milliers de morts inutiles (combien de victimes innocentes dans ces grandes guerres nobles du Bien contre le Mal ?) et créer un terreau pour les extrémistes d'aujourd'hui, sans parler du retour en force de techniques d'un autre âge, arrestations arbitraires, recours à la maltraitance et à la torture à Guantánamo et ailleurs.
Cette politique s'accompagne ici comme ailleurs d'un durcissement toujours plus important des lois sécuritaires à l'efficacité douteuse, des mesures d'exception qui peu à peu deviennent la norme, et une perte de plus en plus grande des libertés publiques et donc des valeurs de la République, dont on se gargarise tant mais dont on se soucie finalement bien peu quant à leur application et à leur préservation.
Non seulement ce renforcement constant des pouvoirs de la police contre les citoyens est grave car il entraîne des dérives terribles (combien de morts aux Etats-Unis, bizarrement souvent des Noirs, victimes de "bévues" de policiers qui seront couverts par le système et s'en sortiront sans trop de problèmes ?), mais en plus elle creuse le fossé avec des populations déjà stigmatisées et délaissées par la République, ne faisant que renforcer leur sentiment de rejet et donc le risque de radicalisation.
Le Monde diplomatique a ressorti un article d'Henri Leclerc, alors président de la Ligue des Droits de l'Homme, daté de février 96. Bien que vieux de près de 20 ans, cet article disait déjà beaucoup de choses que je trouve très pertinentes sur la question, je vous invite à le lire.
(15-11-2015, 00:55)Ekis a écrit : Une seule chose à ajouter : que les musulmans occidentaux fassent entendre leur refus de cette barbarie, qu'ils s'engagent lourdement et manifestent visiblement et définitivement contre ces connards décérébrés.Ça m'énerve un peu, moi, ce genre de truc. Perso je suis athée, mais j'ai été baptisé et ma famille a plutôt des racines catholiques, comme beaucoup de Français de souche. Quand l'extrême-droite fait des déclarations racistes et quand des lieux de culte musulmans sont dégradés par des abrutis, on ne me demande jamais de me désolidariser de ces cons, alors que pourtant je partage avec eux, à peu de choses près, le même héritage culturel. Perso je serais musulman, j'en aurais je pense un peu ras-le-bol de devoir prouver deux fois plus que les autres que oui je suis un bon Français, et que oui, trois fois oui, je condamne les attentats. Est-ce que ça ne serait pas un révélateur inconscient d'une forme de préjugés que beaucoup ont de l'Islam : oui oui, on sait bien que l'Islam c'est pas que des terroristes, mais quand même, s'ils pouvaient encore nous le redire eux-mêmes, qu'on soit bien sûrs...
C'est le seul moyen à mon sens de sauver notre liberté à tous.
Tell me about the rabbits, George.

