17-12-2014, 17:56
Oh punaise, il s'est presque écoulé un an ici sans que personne ne ronchonne ! Vite, réparons cela !
Mes amis, je vis une profonde crise technophobique.
Mon ordinateur, quasi neuf quand je suis parti à l'étranger et qui a été laissé 15 mois au chaud sans être allumé, me fait les pires misères depuis quelques semaines. J'enchaîne les blue screen of death à la saveur "kernel data inpage error", j'ai tout tenté pour en trouver la source et après avoir perdu des données lors d'un nième plantage intempestif, je me suis résolu à remettre mon ordinateur en configuration usine, espérant restaurer les fichiers système de Windows dans leur état d'origine. J'y ai cru pendant deux jours où tout marchait convenablement, jusqu'à ce qu'un nouveau plantage annihile mes derniers espoirs. J'envisage maintenant un problème matériel physique (bien que je ne puisse vraiment pas dire ce qui l'aurait causé) qui nécessitera sans doute un onéreux passage chez le réparateur. Bien évidemment, la garantie était expirée, sinon c'est pas rigolo.
Mon Internet traverse des phases assez désastreuses qui font que j'oscille constamment entre ordi qui fonctionne sans Internet et Internet qui fonctionne avec ordi qui plante. Le rêve.
J'ai changé de téléphone et ai enfin abandonné mon vieux mais fidèle petit téléphone à touches qui a traversé le monde avec moi pour un fringuant et péteux smartphone qui fait bien. Faut dire, j'en avais marre d'avoir à effacer des sms parce que le stockage maximal de 250 était constamment rempli. Et puis la touche "haut" était cassée, alors quand je voulais monter dans une liste fallait que je descende tout en bas pour revenir au début. C'était ennuyeux. Alors je suis allé chez ma vendeuse de téléphone favorite qui m'a regardé avec des yeux qui sondaient mon âme de néophyte et soupirait déjà de devoir me dire trois mots :
"Bon alors vous voulez quoi ?
- Oh bah je sais pas, qu'est-ce que je peux avoir en smartphone pas trop cher ?
- *Soupir* Ah mais vous n'aurez rien de pas cher avec votre abonnement, il faut passer à un forfait plus élevé si vous voulez un téléphone à 1€.
- Heu ah oui, ok, bah non alors, heu, bah autrement je peux avoir quoi avec mon forfait ? À cet instant je me sens comme un petit miséreux qui va chez l'épicier la faim au ventre et qui étale ses quelques centimes sales sur le comptoir et demande si avec ça il peut avoir une pomme pas trop abîmée.
La vendeuse regarde avec un mélange d'abattement et de pitié le pauvre type que je suis qui ne veut même pas d'un iPhone 8 ou d'un Samsung Cosmology XW3000 : "Bin y'a ça, ça, ou ça".
- OK, heu, je vais prendre (am, stram, gram...) celui là ?
- Très bien alors voulelaisséadéchargécomplètemenpuivoulechargépendanlanuipuiaprèquanvoulerechargépapludedeutroiseuredèkestion ?
- Hein ? Heu oui oui heu non merci à vous aussi, je, c'est bon, oui, je vais le prendre."
Elle m'arrache ma carte des mains, allège mon compte de beaucoup plus d'euros que je ne pensais, et me congédie avec les amabilités plastifiées d'usage.
Et bien des heures plus tard, chez moi, je m'énerve après toutes ces p*tains de fonctions inutiles, d'applications à la noix, je dois plus d'une fois donner accès total à Google et compagnie pour qu'ils puissent me pister en permanence, lire ce que j'écris, les photos que je prends, les sites que je consulte, avec dans la tête petite voix narquoise qui me dit que ça y est, j'ai l'air d'un vieux con dépassé par le monde moderne, je suis devenu mon père hagard face à l'écran de l'ordinateur, et que de toute façon c'est bien fait pour ma gueule, est-ce que j'avais besoin d'un smartphone de toute façon ?
Ça va paraître con et excessif, mais j'ai l'impression d'avoir choisi mon camp dans ce choix si futile, d'avoir attrapé le dernier wagon du train de la modernité, pour ne pas être laissé seul sur le quai, même si je n'aime pas l'endroit où il m'amène.
Je vomis de plus en plus les réseaux dits sociaux, facebook est redevenu cet ennuyeux outil depuis que je suis rentré, j'y lis au choix des récits de voyage dont je ne fais plus partie ou des récits de vie normale qui ne m'intéressent absolument pas. Même Twister qui me semblait moins pire me ruine considérablement le moral quand je vois que la majorité trouve de l'intérêt de parler encore et toujours de sujets comme Nabila ou Eric Zemmour.
La télé me désole, on y brasse du vent et de la nullité à la pelle, on se parle les uns sur les autres et l'on distribue du rire recyclé et poussif pour masquer le néant profond et assourdissant de tout ce qui est dit.
La publicité omniprésente m'agresse à chaque coin de rue en cette ruée de Noël.
Bon, j'arrête, ça avait commencé ronchôdrome et ça vire au déprimodrôme...
Finalement, les quelques îlots de salut technologique viennent de mes fidèles compagnons de voyage : mon petit ordi tout rafistolé qui met un bon quart d'heure à se lancer mais qui au moins fonctionne, mon appareil photo et ma petite liseuse sur laquelle je m'échappe régulièrement pour aller me promener dans Westeros. Finalement, moi qui avait un peu la flemme d'attaquer la saga de George Martin version texte, je me suis laissé prendre au jeu et j'en suis déjà au quart du quatrième tome (A Feast for Crows).
Mais rassurez-vous, la magie de Noël va, à n'en pas douter, faire disparaître ce marasme technologique sous un beau manteau de neige blanche et épaisse. Ou sous une douche de flotte tiédasse.
Mes amis, je vis une profonde crise technophobique.
Mon ordinateur, quasi neuf quand je suis parti à l'étranger et qui a été laissé 15 mois au chaud sans être allumé, me fait les pires misères depuis quelques semaines. J'enchaîne les blue screen of death à la saveur "kernel data inpage error", j'ai tout tenté pour en trouver la source et après avoir perdu des données lors d'un nième plantage intempestif, je me suis résolu à remettre mon ordinateur en configuration usine, espérant restaurer les fichiers système de Windows dans leur état d'origine. J'y ai cru pendant deux jours où tout marchait convenablement, jusqu'à ce qu'un nouveau plantage annihile mes derniers espoirs. J'envisage maintenant un problème matériel physique (bien que je ne puisse vraiment pas dire ce qui l'aurait causé) qui nécessitera sans doute un onéreux passage chez le réparateur. Bien évidemment, la garantie était expirée, sinon c'est pas rigolo.
Mon Internet traverse des phases assez désastreuses qui font que j'oscille constamment entre ordi qui fonctionne sans Internet et Internet qui fonctionne avec ordi qui plante. Le rêve.
J'ai changé de téléphone et ai enfin abandonné mon vieux mais fidèle petit téléphone à touches qui a traversé le monde avec moi pour un fringuant et péteux smartphone qui fait bien. Faut dire, j'en avais marre d'avoir à effacer des sms parce que le stockage maximal de 250 était constamment rempli. Et puis la touche "haut" était cassée, alors quand je voulais monter dans une liste fallait que je descende tout en bas pour revenir au début. C'était ennuyeux. Alors je suis allé chez ma vendeuse de téléphone favorite qui m'a regardé avec des yeux qui sondaient mon âme de néophyte et soupirait déjà de devoir me dire trois mots :
"Bon alors vous voulez quoi ?
- Oh bah je sais pas, qu'est-ce que je peux avoir en smartphone pas trop cher ?
- *Soupir* Ah mais vous n'aurez rien de pas cher avec votre abonnement, il faut passer à un forfait plus élevé si vous voulez un téléphone à 1€.
- Heu ah oui, ok, bah non alors, heu, bah autrement je peux avoir quoi avec mon forfait ? À cet instant je me sens comme un petit miséreux qui va chez l'épicier la faim au ventre et qui étale ses quelques centimes sales sur le comptoir et demande si avec ça il peut avoir une pomme pas trop abîmée.
La vendeuse regarde avec un mélange d'abattement et de pitié le pauvre type que je suis qui ne veut même pas d'un iPhone 8 ou d'un Samsung Cosmology XW3000 : "Bin y'a ça, ça, ou ça".
- OK, heu, je vais prendre (am, stram, gram...) celui là ?
- Très bien alors voulelaisséadéchargécomplètemenpuivoulechargépendanlanuipuiaprèquanvoulerechargépapludedeutroiseuredèkestion ?
- Hein ? Heu oui oui heu non merci à vous aussi, je, c'est bon, oui, je vais le prendre."
Elle m'arrache ma carte des mains, allège mon compte de beaucoup plus d'euros que je ne pensais, et me congédie avec les amabilités plastifiées d'usage.
Et bien des heures plus tard, chez moi, je m'énerve après toutes ces p*tains de fonctions inutiles, d'applications à la noix, je dois plus d'une fois donner accès total à Google et compagnie pour qu'ils puissent me pister en permanence, lire ce que j'écris, les photos que je prends, les sites que je consulte, avec dans la tête petite voix narquoise qui me dit que ça y est, j'ai l'air d'un vieux con dépassé par le monde moderne, je suis devenu mon père hagard face à l'écran de l'ordinateur, et que de toute façon c'est bien fait pour ma gueule, est-ce que j'avais besoin d'un smartphone de toute façon ?
Ça va paraître con et excessif, mais j'ai l'impression d'avoir choisi mon camp dans ce choix si futile, d'avoir attrapé le dernier wagon du train de la modernité, pour ne pas être laissé seul sur le quai, même si je n'aime pas l'endroit où il m'amène.
Je vomis de plus en plus les réseaux dits sociaux, facebook est redevenu cet ennuyeux outil depuis que je suis rentré, j'y lis au choix des récits de voyage dont je ne fais plus partie ou des récits de vie normale qui ne m'intéressent absolument pas. Même Twister qui me semblait moins pire me ruine considérablement le moral quand je vois que la majorité trouve de l'intérêt de parler encore et toujours de sujets comme Nabila ou Eric Zemmour.
La télé me désole, on y brasse du vent et de la nullité à la pelle, on se parle les uns sur les autres et l'on distribue du rire recyclé et poussif pour masquer le néant profond et assourdissant de tout ce qui est dit.
La publicité omniprésente m'agresse à chaque coin de rue en cette ruée de Noël.
Bon, j'arrête, ça avait commencé ronchôdrome et ça vire au déprimodrôme...
Finalement, les quelques îlots de salut technologique viennent de mes fidèles compagnons de voyage : mon petit ordi tout rafistolé qui met un bon quart d'heure à se lancer mais qui au moins fonctionne, mon appareil photo et ma petite liseuse sur laquelle je m'échappe régulièrement pour aller me promener dans Westeros. Finalement, moi qui avait un peu la flemme d'attaquer la saga de George Martin version texte, je me suis laissé prendre au jeu et j'en suis déjà au quart du quatrième tome (A Feast for Crows).
Mais rassurez-vous, la magie de Noël va, à n'en pas douter, faire disparaître ce marasme technologique sous un beau manteau de neige blanche et épaisse. Ou sous une douche de flotte tiédasse.
Tell me about the rabbits, George.

