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C'est ainsi que tout a commencé...
#5
Allez zou, une brique de plus. Mais désolée, je dois passer en mode Gaga

Les seuls jeux auxquels j’avais joué avant Myst étaient sur disquette : je crois que c’était les Lemmings, Civilisation et autres Tetris ainsi que le test de la version beta (enfin, bêta) d’une enquête policière pour une boîte avalée très vite par Ubisoft. C’est dire si ça remonte au ludolithique supérieur. Internet en était à ses balbutiements. Nous avions une adresse « compuserve » formée de seuls chiffres. Et un mooooodeeeem (shindg shindg shindg uuuuuuuuuuu tondon tondon tondon, j’ai encore l’insupportable séquence sonore en mémoire). Gogol n’existait pas. C’est dingue, non, un monde dans lequel Gogol n’existait pas !

C’est dans ce contexte que je dois replacer l’expérience de Myst. Un contexte où l’ordinateur était avant tout un outil d’écriture et de travail, et où les jeux, en dehors des quelques cités, consistaient surtout à comprendre le fonctionnement de programmes dont nous n’avions pas les manuels (eh oui, l’apparition des camions est consubstantielle à celle des programmes).

J’ai acheté Myst en 1995 à cause d’un article paru dans Libé lors de la distribution du jeu en France, article extrêmement élogieux, qui mentionnait le fait que le jeu révolutionnait les codes et qu'il avait rencontré un succès phénoménal aux Etats-Unis. Je l’ai toujours, cet article, quelque part au fond d’un carton. Mais quand j’ai vu l’illustration du cd, j’ai eu des doutes. La silhouette d’un homme tombait vers une île étrange où les constructions et édifices étaient ramassés dans un espace très restreint. Et c’étaient quoi, ces arbres ridicules qui ne constituaient même pas une forêt mais occupaient quand même la moitié de la surface disponible ? Et cette fusée qui semblait sortir tout droit de Tintin ? Mais pourquoi cet homme tombait-il ? Et d’où ? D’un avion, sans doute… dommage qu’il ait oublié son parachute. Tout ça ne me paraissait pas sérieux. Je n’ai pas fait attention au sens du titre, l’anglais n’était pas, alors, une condition sine qua non de survie. J’ai juste pensé à une apocope de « mystère ». Donc un mystère dans un huis-clos, un thriller fantastique, peut-être ?

J’ai installé et lancé le jeu en début de soirée. Et je n’ai pu décoller de l’écran qu’à sept heures du matin, uniquement parce que je devais partir gagner ma pitance. J’avais les yeux bouffis et la cervelle bouillante. Cette nuit-là, Myst a été à la fois une claque et une expérience hypnotique. L’écran n’existait plus en tant que tel, il était devenu portail puis s’était effacé au cours de la plongée dans un autre monde.

Aujourd’hui, nous sommes un peu plus rompus aux types d’énigmes proposées par nos jeux favoris, mais là tout était nouveau. Tout était à deviner, le processus, le fait qu'il y avait des relations entre les espaces, entre les objets. Le fait que la conséquence d’une action n’intervenait pas nécessairement dans la même scène. Je ne sais plus combien d’heures, de jours, j’y suis restée. Pas seulement parce que je calais sur certaines énigmes. J’ai ainsi haï le labyrinthe aux tunnels courbes. Mais aussi et surtout parce que je n’avais pas envie que cela finisse. Ce n’était pas un huis clos. L’île étriquée s’ouvrait sur d’autres mondes, des mondes plus étonnants les uns que les autres tant sur le plan graphique que sonore, et qui présentaient cette étonnante caractéristique d’être à la fois invraisemblables et réalistes. Le tout servi par une musique parfaite.

Je l’ai fait donc durer des jours et des semaines. Comme à cette époque il était possible d’avoir de multiples sauvegardes, j’en avais une pour chaque Age et quand je rentrais, j'en chargeais un et le reparcourais, ou mettais le volume à fond simplement pour que le clapotis de Chanelwood imprègne l’appartement ou que les sons si étranges de Selenic résonnent partout. Et je lisais, ou jouais avec le chat, ou travaillais… sans quitter Myst.

C’est sans doute ce que nous avons tous en commun : d'une certaine manière nous n’avons jamais quitté Myst. Th_thlinking3

Re-désolée, c'est un peu long, mais c'est bien la marque de la nostalgie. Sniff.
edit : fôte de la ortografe
Putain, deux ans !  [p.c.c.,Om]
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Messages dans ce sujet
C'est ainsi que tout a commencé... - par Dournon - 21-11-2013, 22:36

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