10-11-2011, 15:47
(10-11-2011, 12:33)Volyova a écrit : Tu veux dire "nenufar", plutôtRien à faire, je n'y arrive pas.
Ce qu'en dit Antidote (le meilleur logiciel de linguistique française fait par nos cousins du Québec et utilisé dans toutes les rédactions exigeantes) :
Citation :Historique de nénuphar, nom masculinMais on ne me fera pas croire que c'est un souci de retrouver la graphie médiévale qui motive cette réforme. Si c'était le cas, on ne supprimerait pas les accents circonflexes, marques des "S" disparus qui permettent de faire COMPRENDRE aux élève pourquoi on dit "forêt" mais "forestier", "hôpital" mais "hospitalier", "fête" mais "festif", etc.
Étymologie
Emprunt au latin médiéval nenuphar, ‘nénufar’.
Remarque. — Le mot nénuphar a été emprunté au latin médiéval nenuphar au xiiie siècle. L’ancien français, qui utilisait une écriture plus ou moins phonétique, écrivait ce mot avec un f; la graphie ph est apparue en moyen français pour se rapprocher de la graphie latine. C’est cette dernière graphie qui a prévalu depuis lors. La graphie en f a toutefois toujours été privilégiée par le dictionnaire de l’Académie française jusqu’à son édition de 1935 et a, de plus, fait l’objet d’une recommandation dans les rectifications orthographiques proposées en 1990 par le Conseil supérieur de la langue française.
La présence du ph en latin médiéval n’est pas étymologique. Elle s’explique par le fait que la grande majorité des mots étrangers qui ont pénétré en latin sont d’origine grecque et que c’est la graphie ph qui était utilisée en latin pour transcrire la lettre grecque φ, qui se prononçait [f] depuis le tournant de l’ère chrétienne. On peut penser que les lettrés de l’époque auraient transcrit le [f] de ce mot avec un ph, pensant qu’ils avaient affaire à un mot grec, comme l’était d’ailleurs son synonyme nymphaea.
Le mot nénuphar est un globe-trotter: le latin médiéval nenuphar remonte à l’arabe nīnūfar, altération de nīlūfar, qui avait été emprunté du persan. Ce dernier l’avait emprunté au pehlvi nīlōpal, lequel provient du sanscrit nīlautpala, lotus bleu, décomposable en nīlah ‘bleu foncé’ et utpalam ‘fleur de lotus’.


