21-04-2009, 01:01
Étude comparée
Prenons deux cousins crustacéïdes, le crabe et le homard.
Le crabe d'abord. En entrée D'entrée, il manque de classe. Question de proportions, un déséquilibre flagrant des forces. Boule de chair cachetée dans un paquet blindé, le crabe a du mal à balancer des hanches. Dieu a t-il créé le crabe à son image le lendemain d'une soirée trop arrosée, ou a t-il simplement pêché péché, s'accordant une moquerie facile en concevant un tel paria ? Il fit émerger du tank lourdaud une huitaine de brindilles mal carrossées, qu'il nomma "pattes", non sans ironie, et lui dit « Tourteau, c'est ainsi que tu porteras ton fardeau ». Et pour se complaire dans cette avanie, il le dota d'une mécanique mal branlée, infoutue d'utiliser la marche avant : le pesant animal déjà mal servi se balade depuis ce jour avec le pas de côté louvoyant de ceux qui ont honte de leur triste mine. Le déprimant tableau est achevé par la couleur de son veston : est-ce un brun terne ou un morne marron ? Somme nous plus proches de la diarrhée, ou du dégobi post-réveillon ? Non, le crabe ne finit jamais sous les projecteurs, il vit cachant la laideur de son anatomie sous la pénombre des pierres.
Rien à voir, en somme, avec l'élégance homaresque. Contemplez l'artiste. Ligne fuselée, aérodynamisme, un je-ne-sais-quoi d'aristocrate, mais nous ne le prendrons pas à jouer les m'as-tu-vu. Le homard sait conserver l'humidité l'humilité qui le place bien au dessus du panier (de crabes). Il résiste parfaitement à tous les mauvais coups de l'existence grâce à son blindage taillé sur mesure. Sa perfection infaillible est d'ailleurs un frein à sa curiosité débordante : on a vu des homards s'acharner pour réussir enfin à se casser une patte, exprès, pour voir comment ça fait. Mais ne nous égarons pas, car ce qui a fait sa renommé entre tous, c'est sans nul doute sa longue queue souple et puissante ses formidables pinces, qui témoignent de sa pleine virilité animale. N'oublions pas enfin ses antennes longues et graciles qui le gardent connecté au monde extérieur (le homard est passionné par la technologie moderne). Il excelle en tout, se sait grand, il a la démarche sûre, et pour parader ne sort jamais sans sa robe d'apparat qui lui sied à merveille.
Voilà donc pourquoi le homard sera toujours supérieur au crabe. En plus, le crabe j'y suis allergique, alors que le homard aussi.
Prenons deux cousins crustacéïdes, le crabe et le homard.
![[Image: 20221204175327-b36031c6.png]](https://www.ufo-3d.fr/gallery/upload/2022/12/04/20221204175327-b36031c6.png)
Le crabe d'abord. En entrée D'entrée, il manque de classe. Question de proportions, un déséquilibre flagrant des forces. Boule de chair cachetée dans un paquet blindé, le crabe a du mal à balancer des hanches. Dieu a t-il créé le crabe à son image le lendemain d'une soirée trop arrosée, ou a t-il simplement pêché péché, s'accordant une moquerie facile en concevant un tel paria ? Il fit émerger du tank lourdaud une huitaine de brindilles mal carrossées, qu'il nomma "pattes", non sans ironie, et lui dit « Tourteau, c'est ainsi que tu porteras ton fardeau ». Et pour se complaire dans cette avanie, il le dota d'une mécanique mal branlée, infoutue d'utiliser la marche avant : le pesant animal déjà mal servi se balade depuis ce jour avec le pas de côté louvoyant de ceux qui ont honte de leur triste mine. Le déprimant tableau est achevé par la couleur de son veston : est-ce un brun terne ou un morne marron ? Somme nous plus proches de la diarrhée, ou du dégobi post-réveillon ? Non, le crabe ne finit jamais sous les projecteurs, il vit cachant la laideur de son anatomie sous la pénombre des pierres.
Rien à voir, en somme, avec l'élégance homaresque. Contemplez l'artiste. Ligne fuselée, aérodynamisme, un je-ne-sais-quoi d'aristocrate, mais nous ne le prendrons pas à jouer les m'as-tu-vu. Le homard sait conserver l'humidité l'humilité qui le place bien au dessus du panier (de crabes). Il résiste parfaitement à tous les mauvais coups de l'existence grâce à son blindage taillé sur mesure. Sa perfection infaillible est d'ailleurs un frein à sa curiosité débordante : on a vu des homards s'acharner pour réussir enfin à se casser une patte, exprès, pour voir comment ça fait. Mais ne nous égarons pas, car ce qui a fait sa renommé entre tous, c'est sans nul doute sa longue queue souple et puissante ses formidables pinces, qui témoignent de sa pleine virilité animale. N'oublions pas enfin ses antennes longues et graciles qui le gardent connecté au monde extérieur (le homard est passionné par la technologie moderne). Il excelle en tout, se sait grand, il a la démarche sûre, et pour parader ne sort jamais sans sa robe d'apparat qui lui sied à merveille.
Voilà donc pourquoi le homard sera toujours supérieur au crabe. En plus, le crabe j'y suis allergique, alors que le homard aussi.
Sauf un.
Tell me about the rabbits, George.

