22-03-2008, 10:04
Une des caractéristiques principales de l'espèce humaine est qu'elle produit des récits. Nous sommes la seule espèce à en être capable, alors que nous ne sommes pas la seule à disposer d'un langage. Nous avons besoin de récits pour nous dire qui nous sommes. Cela n'a rien à voir avec la foi ou la science ou la magie ou l'art en eux-mêmes. En fait, il ne s'agit pas ici de science ou de foi, mais des récits qui sont produits à partir d'eux. Histoire tirée du domaine "science", catégorie poids plume : "un acide attaque une base", c'est déjà un récit, il se passe un truc, y'a une gentille et un méchant ; catégorie poids lourds : Big-bang, une histoire avec un début, un milieu, une fin, même si les théories ne sont en rien définitives. Aujourd'hui, aucun physicien ne serait capable d'expliquer une théorie quelconque sans la présenter en récit, parce que nous ne comprendrions rien, tout simplement, s'ils parlaient autrement. Ce qu'ils nous disent n'est donc pas de la science, mais des histoires - de la fiction. Je le sais, je suis abonnée à Science et avenir
. Revenons à nous, humains. L'Odyssée de l'espèce : vous l'avez vu ? Alors vous avez vu comment on construit un mythe - une histoire atemporelle, définitive et qui donne sens au réel - à partir de données scientifiques ponctuelles, incertaines et en aucun cas définitives. Fiction, parce que même les positivistes ont besoin d'une genèse. Nous sommes aussi capables en tant qu'humains, et c'est là où ça devient fascinant, de juxtaposer des histoires issus de domaines qui a priori s'excluent mutuellement. Sans que ça nous gêne et souvent sans qu'on s'en rende compte. Et finalement, c'est grâce à ça qu'on avance, nous, les humains. Avec des récits. Dont le dernier arrivé n'éjecte pas le précédent, non, ni même s'empile sur lui, il se glisse à ses côtés et trouve sa place. Et ces récits nous disent tous, science, foi, art, que nous ne sommes pas là par hasard. Ils sont fait pour ça, c'est pour ça que nous avons développé la capacité de les produire.
Un dernier truc par rapport à la généalogie du Ouf. Je n'ai pas d'enfants (oui, je sais, mes précieux gènes sont perdus pour les générations futures, quelle tristesse... ). Et depuis longtemps j'ai réalisé que je n'étais pas tant affectée par le fait de ne pas me projeter dans le futur à travers une descendance que par celui d'être le terme, l'extrémité, d'un fil qui se déroule depuis près de quatre milliards d'années. Quatre milliards d'années qui vont s'arrêter avec moi. Ca fout les boules, non ? En tout cas, ça déconcerte les gens auxquels je réponds ça lorsqu'ils me demandent ce que ça me fait de ne pas avoir de gosses!
. Revenons à nous, humains. L'Odyssée de l'espèce : vous l'avez vu ? Alors vous avez vu comment on construit un mythe - une histoire atemporelle, définitive et qui donne sens au réel - à partir de données scientifiques ponctuelles, incertaines et en aucun cas définitives. Fiction, parce que même les positivistes ont besoin d'une genèse. Nous sommes aussi capables en tant qu'humains, et c'est là où ça devient fascinant, de juxtaposer des histoires issus de domaines qui a priori s'excluent mutuellement. Sans que ça nous gêne et souvent sans qu'on s'en rende compte. Et finalement, c'est grâce à ça qu'on avance, nous, les humains. Avec des récits. Dont le dernier arrivé n'éjecte pas le précédent, non, ni même s'empile sur lui, il se glisse à ses côtés et trouve sa place. Et ces récits nous disent tous, science, foi, art, que nous ne sommes pas là par hasard. Ils sont fait pour ça, c'est pour ça que nous avons développé la capacité de les produire.Un dernier truc par rapport à la généalogie du Ouf. Je n'ai pas d'enfants (oui, je sais, mes précieux gènes sont perdus pour les générations futures, quelle tristesse... ). Et depuis longtemps j'ai réalisé que je n'étais pas tant affectée par le fait de ne pas me projeter dans le futur à travers une descendance que par celui d'être le terme, l'extrémité, d'un fil qui se déroule depuis près de quatre milliards d'années. Quatre milliards d'années qui vont s'arrêter avec moi. Ca fout les boules, non ? En tout cas, ça déconcerte les gens auxquels je réponds ça lorsqu'ils me demandent ce que ça me fait de ne pas avoir de gosses!
Putain, deux ans ! [p.c.c.,Om]

