14-03-2008, 22:47
Le Homard et la Soucoupe
C’était un peu après l’apparition du monde.
En un lieu très ancien où les homards abondent,
On vit soudain paraître une soucoupe bleue :
Sur son armure d’azur, elle reflétait les cieux.
Elle était fière et belle, fendait l’air capricieux
Les homards, si curieux d’habitude, prirent effroi.
Tout leur courage fuit, ils s’éloignent à trois lieues.
Mais ne médisons pas de tous les crustacés…
L’un d’eux, frappé à l’œil, par la fière bombasse
Se trouve hanté par elle, frémit, tourne collapse.
La soucoupe ne le remarque pas, hélas.
Toute occupée qu’elle est à scruter la surface
De l’eau : elle est à la recherche d’un îlot.
Le prenant pour la terre, sur un vieux cachalot,
Se pose négligemment, entreprend de bronzer.
Le homard tout mordu la rejoint à la nage
Il arrive essoufflé et ne lui fait pas moins
Sa cour : « Jeune beauté, éclatante prunelle!
Aviez vous remarqué que nous coïncidions ?
Nous portons tous les deux solide carapace
Mais sous la mienne, un cœur transi est aux abois :
Car il vous aime. En est-il pour vous comme pour moi ? »
La soucoupe se stétausculte le cœur : « oui, il bat! »
Le homard fou de joie frétille de la queue,
La soucoupe, de même, frétille de son mieux :
« Dire que j’n’attendais rien de cette étendue bleue,
J’allais repartir seule, et puis nous voici deux. »
Moralité :
Tant va la soucoupe à l’îlot qu’à la fin elle s’arrache!
Prince, soyez vaillant, ne suivez pas la masse,
Et peut-être voudra-t-elle vous garder dans sa nasse.
C’était un peu après l’apparition du monde.
En un lieu très ancien où les homards abondent,
On vit soudain paraître une soucoupe bleue :
Sur son armure d’azur, elle reflétait les cieux.
Elle était fière et belle, fendait l’air capricieux
Les homards, si curieux d’habitude, prirent effroi.
Tout leur courage fuit, ils s’éloignent à trois lieues.
Mais ne médisons pas de tous les crustacés…
L’un d’eux, frappé à l’œil, par la fière bombasse
Se trouve hanté par elle, frémit, tourne collapse.
La soucoupe ne le remarque pas, hélas.
Toute occupée qu’elle est à scruter la surface
De l’eau : elle est à la recherche d’un îlot.
Le prenant pour la terre, sur un vieux cachalot,
Se pose négligemment, entreprend de bronzer.
Le homard tout mordu la rejoint à la nage
Il arrive essoufflé et ne lui fait pas moins
Sa cour : « Jeune beauté, éclatante prunelle!
Aviez vous remarqué que nous coïncidions ?
Nous portons tous les deux solide carapace
Mais sous la mienne, un cœur transi est aux abois :
Car il vous aime. En est-il pour vous comme pour moi ? »
La soucoupe se stétausculte le cœur : « oui, il bat! »
Le homard fou de joie frétille de la queue,
La soucoupe, de même, frétille de son mieux :
« Dire que j’n’attendais rien de cette étendue bleue,
J’allais repartir seule, et puis nous voici deux. »
Moralité :
Tant va la soucoupe à l’îlot qu’à la fin elle s’arrache!
Prince, soyez vaillant, ne suivez pas la masse,
Et peut-être voudra-t-elle vous garder dans sa nasse.
J'suis pas un mauvais gars, mais c'est plus fort que moi
Les vampires et les vamps, Ça m'rend dingue
J'achète des chauves-souris, pour mettre dans mon burlingue
Et j'épouse toutes les tueuses que j'connais (Boris Vian)
Les vampires et les vamps, Ça m'rend dingue
J'achète des chauves-souris, pour mettre dans mon burlingue
Et j'épouse toutes les tueuses que j'connais (Boris Vian)

