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Myst, la Saga Originale
#8
Tiens je vais aussi faire mes petites notations :

Myst
17/20
Evaluer Myst sur les critères de jeux actuels serait injuste. Myst serait loin derrière des jeux plus beaux, à la durée de vie décuplée, aux sons ciselés. Ceux qui n'ont joué à Myst que récemment ne peuvent comprendre l'intérêt que l'on peut porter à cette chose étrange aux graphismes éculés et aux sons crachotants. Comment leur expliquer, à ces incultes, la valeur de ce jeu ? Myst a été le premier jeu à devenir plus qu'un jeu, peut-être la première œuvre d'art vidéoludique. Un jeu qui a créé des sensations qu'aucun autre jeu n'avait jusqu'alors sû susciter. Le premier à faire naître le frisson de l'aventure, l'envie de la découverte, le premier à nous faire griffonner sur des bouts de papiers des codes étranges, des annotations, des réflexions, à faire travailler nos méninges, le premier à nous faire douter, nous intriguer, nous faire nous sentir mal à l'aise. Des mondes vides de toute activité et pourtant habités par une musique, des mélodies si simples, si justes, si envoûtantes. Un scénario d'autant plus génial qu'il est d'une simplicité confondante. Evaluons les jeux actuels sur la magie, le génie, l'innovation, l'ambiance ou la créativité. Peu d'entre eux pourraient se hisser au niveau de Myst.

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Riven
20/20
Myst a été lors de sa sortie une révolution dans le monde du jeu vidéo. Avec Riven, Cyan a réussi l'exploit de créer un jeu qui surpasse de très loin Myst pour inscrire son nom très, très haut, tellement haut que personne n'a encore réussi, et ne réussira sans doute jamais, à le surpasser : Riven est sans aucun doute encore aujourd'hui le meilleur jeu d'aventure jamais créé. Certes, on a aujourd'hui fait plus beau graphiquement que Riven, mais on ne peut pas blâmer le jeu de n'avoir pas bénéficié de la technologie moderne. Aujourd'hui le jeu n'a pas la puissance visuelle d'un Revelation, mais il demeure incroyablement beau et extrêmement détaillé. Si un mot devait résumer Riven, ce serait cohérence. Les sons habitent les environnements et les machines dans un réalisme total. Les musiques se fondent dans les décors à tel point qu'on ne les perçoit pas consciemment, pourtant elles créent des ambiances indescriptibles. Les énigmes sont intégrées dans le monde de Riven, elles ne sont pas là juste pour faire ponctuellement chercher le joueur, elles sont là parce que les mécanismes de Riven fonctionnent ainsi, au joueur de les comprendre. Une maniabilité on ne peut plus intuitive, point and click oblige. Et une durée de vie quasi infinie, non seulement le jeu est très long (et plutôt très complexe), mais une fois terminé et exploré une première fois, vous n'en aurez sans doute pas vu ni compris la moitié tant le monde de Riven est riche de détails.
Riven est sans nul doute le jeu Myst le plus crédible, le plus réaliste, non, le plus réel. Plus qu'un jeu, c'est un monde véritable où vous raisonnez comme si vous y étiez vraiment, dans lequel vous sentez vraiment la crainte d'être découvert, où votre cerveau seul, non assisté par quelque artefact magique ou gadget fantaisiste, vous fournira la clé pour avancer et triompher. Je découvre encore régulièrement des choses dans Riven après des années passées à l'explorer de part en part. Et l'on se pose encore et toujours cette question : comment a t-on pu réaliser quelque chose d'aussi abouti, d'aussi unique ? Si la perfection n'existe pas, Riven s'en approche très, très près. Un 19/20 me semblait injuste, j'aurais plutôt mis un 19, 8. Autant lui accorder la note maximale.

Edit : j'ai un peu modifié ma critique de Riven, je me suis trouvé un peu trop timoré à la relecture devant ce chef-d'œuvre.

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Exile
16/20
Après Riven, la tâche était ardue pour prendre la suite, et Exile souffre de la comparaison. Mais une fois cette petite déception (on s'y attendait, on pouvait difficilement espérer un jeu du même niveau) on réévalue Exile, créé par feu le studio Presto, à sa juste valeur. Plus faciles, ses énigmes n'en demeurent pas moins bien construites et plaisantes à résoudre. Les Âges sont assez petits mais très beaux et typés, avec des ambiances variées. La vue à 360 degrés est très réussie et apporte une impression de plus grande liberté que le point and click classique. L'histoire est plaisante, même si elle reste un peu trop superficielle : on aurait aimé en savoir plus sur l'histoire de Narayan ou sur les actions des fistons rebelles d'Atrus. Les multiples fins sont très réussies et permettent notamment de terminer l'histoire sur une semi-réussite, possibilité intéressante qui sort de la conclusion dichotomique et manichéenne qui est trop souvent le lot commun des jeux d'aventure. En résumé, un très bon jeu d'aventure et un bon Myst.

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Revelation
16/20
Je mets à Revelation la même note qu'à Exile, mais pour des raisons assez différentes. Si Exile était globalement bon, Revelation est plus contrasté : la quasi-perfection y côtoie le ridicule et le médiocre. Parlons d'abord du bon, et il y en a. Revelation est d'une splendeur tétanisante. Tomahna est indescriptible de beauté et fourmille d'éléments réalistes, le vent, les ombres, la lumière, l'eau, les animaux et les hommes, chaque détail est rendu avec un réalisme saisissant. Les Âges de Haven et Spire, dans deux styles très différents, sont aussi de grandes réussites visuelles. La musique est également très réussie, Jack Wall, déjà aux manettes dans Exile, rempile avec brio. Question durée de vie, on a aussi de bonnes heures d'exploration devant nous, les Âges étant plus vastes que ceux d'Exile. Au niveau des énigmes, c'est là que les choses se gâtent un peu. Celles de Tomahna et Haven sont bien pensées, celles de Spire en revanche laissent parfois à désirer, notamment dans une "épreuve chronométrée" pas vraiment bienvenue... Quant à Serenia... je lui réglerai sont compte en même temps que le scénario. Tiens d'ailleurs, venons-en au scénar, justement. Au début, il tient relativement bien en haleine, on a envie de savoir ce que sont devenus Sirrus et Achenar et on se plaît à découvrir leur vie dans ces Âges-prisons, tout en se demandant s'ils ont pu changer depuis Myst. C'est en fait à Serenia, dernier âge du jeu, que Revelation, parti pour être une grande réussite, perd une bonne part de son capital sympathie.
Cet âge est globalement raté. Il demeure très beau, mais on se croirait dans le monde magique de Barbie, avec des cailloux qui volent par la volonté du Saint Esprit, des esprits élémentaires farfelus, des globes de mémoire improbables, j'en passe et des pires. Pour la première fois, Myst cède à la facilité du "faut pas chercher à comprendre, c'est mâââgique!" et le résultat est très décevant. Puisque c'est magique, justement, on n'y croit plus, on ne s'y croit plus. Les énigmes tombent dans le risible quand il s'agit d'assembler des souvenirs comme on range des cubes. Et le scénario, qui jusque là tenait la route, se vautre dans le n'importe quoi au final. Final lui aussi décevant d'ailleurs puisqu'au lieu d'une belle séquence visuelle qui aurait pu nous récompenser d'avoir supporté Serenia jusqu'au bout, on se contente d'écouter Atrus marmonner un laïus pas vraiment captivant. Il a l'air triste, le bougre : on le comprend, finir aussi mal un si beau jeu, il y a de quoi faire la gueule.

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End of Ages
14/20

End of Ages a suivi Revelation à un an d'intervalle. Ça fait court, pour développer un jeu vidéo, même si End of Ages a été en partie développé en même temps que son aîné. Il n'empêche que le jeu sentait un peu la précipitation avant même de tourner sur nos machines. Une fois dans le jeu, l'appréhension s'avère justifiée : après la claque graphique de Revelation, on réalise rapidement qu'End of Ages ne joue pas dans la même cour. Certes, nous voilà en 3D véritable, mais cela n'apporte pas un véritable plus à l'aventure. Les décors restent globalement beaux, voire très beaux, mais moins fouillés, moins riches, plus fades. Exit aussi les acteurs filmés sur fond bleu (ou vert) et incrustés ensuite, nous avons droit à des personnages en 3D qui, même s'ils sont plutôt bien modélisés, ne valent pas leurs prédécesseurs en chair et en os.
Concernant l'histoire, elle est intéressante pour peu qu'on connaisse bien la saga. Les personnages sont inégaux, la personnalité mystérieuse de Yeesha est intrigante mais aussi confuse, il faut parfois s'y Jreprendre à deux fois pour voir ce qu'elle cache derrière ses allusions étranges et autres phrases métaphoriques. Esher est moins obscur, plus direct, mais sans doute manque t-il de profondeur. N'oublions pas les bahros, ces créatures étranges qui vous entourent. Ils sont un élément clé du jeu et apportent un peu de vie à des Âges plutôt déserts.
Les Âges justement sont assez décevants. De taille réduite, ils n'ont pas de réelle profondeur : alors que dans les précédents volets, on se plaisait à découvrir l'histoire des Âges explorés par les bribes d'informations distillées un peu partout, ici pas grand chose à se mettre sous la dent, on se contente de quelques informations sommaires. Seul Laki'Ahn développe une histoire cohérente et intéressante. Les énigmes sont assez minces dans l'ensemble. Certes, le système d'utilisation de la tablette pour communiquer avec les bahros est une bonne idée, mais la reconnaissance douteuse des symboles dessinés et la surexploitation du système font qu'on hésite souvent entre énervement après ces foutus bahros qui ne comprennent rien et lassitude de devoir éternellement gribouiller des symboles sur son caillou (en plus ça pèse son poids ces trucs, je me suis tapé un mal de dos pendant une semaine après).
End of Ages est donc sans doute le moins bon des Myst, il n'en demeure pas moins un jeu d'aventure plaisant. Il laisse un petit goût permanent de « c'est bien mais ça pourrait être mieux » et aurait mérité d'être plus approfondi ; les conditions dans lesquelles se trouvait Cyan Worlds à l'époque ne l'ont sans doute pas permis.

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Uru : Ages Beyond Myst – Myst Online : Uru Live
18/20
Je n'ai pas connu le premier live et j'ai peu joué aux extensions, je me contenterai donc de noter Uru sur Ages Beyond Myst et sur le second Live ; je parlerai d'ailleurs des deux sans distinction, considérant le jeu comme l'aventure en ligne et multijoueur qu'il aurait toujours dû être.

Au départ, Uru ne m'emballait pas plus que ça. Attaché à la vieille école du point and click, je n'aimais pas l'idée de contrôler un avatar en vue à la 3ème personne. J'ai commencé Uru en solo alors que le premier live était déjà abandonné. L'aventure fut une très agréable surprise : une fois pris en main l'avatar, on s'identifie rapidement à ce petit personnage bondissant et gambadant joyeusement, si bien que l'immersion reste presque aussi importante que dans une vue à la première personne.
Uru nous offre enfin la possibilité de découvrir D'ni, la mystérieuse Cité souterraine dont on a tant entendu parler, ainsi qu'une multitudes d'Âges aux paysages on ne peut plus divers et variés. Fouler du pied les pierres d'Ae'Gura, les sols herbeux et verdoyants de Tsogahl, le sable du désert de Minkata ou la neige de Delin. Jouer les équilibristes sur les poutres au dessus du vide à Kadish Tolesa. Sauter par dessus des flots de lave ou patauger gaiement dans l'eau à Eder Gira. Piloter des wagons gigantesques à Er'Cana. Manger des champignons hallucinogènes à Teledahn (comment, vous n'avez pas testé ?). Des heures d'exploration, de casse-têtes, d'émerveillement. Mais surtout, avec l'aventure en ligne, la possibilité de s'y promener à plusieurs, de discuter, de résoudre ensemble des énigmes, de prendre des photos, plein de choses inutiles mais qui font qu'on s'y croît vraiment. On passe du temps à explorer chaque Âge, à y retourner pour le plaisir ou pour aider d'autres personnes. Les énigmes sont dans l'ensemble d'un bon niveau et cohérentes, même si certains Âges dévoilés lors du live se sont révélés un peu courts. On pourra aussi pester sur des mises à jour trop peu nombreuses ou des choix de Cyan et/ou Gametap qui créèrent des discussions animées. Qu'importe, ce que l'on retiendra d'Uru, c'est surtout cette immersion, cette ambiance, ce plaisir pris à explorer les mondes des D'ni, comprendre leur histoire, participer et créer des événements dans la Caverne et ailleurs, seul et surtout à plusieurs. Bref, un magnifique voyage que j'ai pris un très grand plaisir à effectuer. Un grand et beau jeu d'aventure, sans équivalent dans le monde du jeu vidéo. Espérons qu'il reviendra parmi nous le plus tôt possible.

PS : Heureusement que le jeu était vendu avec un jefftom intégré qui a été très utile pour trouver, décortiquer, analyser, rassembler, recouper toutes les informations. Sans ce magnifique gadget intelligent et multifonctions, le jeu aurait peut-être paru plus fouillis. Merci à lui. Respect
Tell me about the rabbits, George.
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