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Version complète : A land far far far away !
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Gandalf le OUF
Salut les potes et potines.

Vous le savez ou pas, je rentre d'un voyage en moto de 21 jours au travers du sud-ouest des Etats-Unis.
J'ai débarqué ce matin.
Durant ce séjour, j'ai tenu ma petite femme et mes potes au courant de mes pérégrinations par le biais d'une chronique journalière sur Facebook.
Je ne sais pas si ça vous intéresse a posteriori.
Si c'est le cas, je posterai ça ici après l'une ou l'autre correction genre 'private joke' qui ne vous sensibiliserait pas.
Volyova
Ben, évidement que ça nous intéresse ! Je te l'avais même demandé dans le sujet où tu annoncais ton road trip.
Donc, vas-y, aboule les photos et le racontage ! applaudir2.gif
Grover
Ha ça, les aventures de Mr Propre chez les yankees, j'demande à voir ! yes.gif
Gandalf le OUF
Avant toute chose, genèse, description et carte du trip en question :

Depuis gamin j'ai toujours rêvé d'aller aux USA. Je ne dois pas être le seul gamin à avoir ce rêve d'ailleurs ...
Depuis que m'a repris mon amour pour la moto et tout particulièrement ma Harley-Davidson, ce rêve se doublait d'un autre, faire ce voyage au guidon d'une machine.
Il faut le temps et les sous.
Les sous étaient de côté depuis un moment, la retraite m'a apporté le temps.
Seul hic au départ de l'histoire mon épouse n'aime pas la moto qui lui fait peur.

Mes belles années sont passées et si je suis à ce jour en bonne santé rien ne prédit que demain il en sera de même, donc mon envie grandissait exponentiellement au fur et à mesure que les mois passaient et que je sentais que mon épouse freinait des 2 pieds en argumentant qu'on ne pouvait pas laisser les enfants, que le chien, que ceci, que cela.
Je rongeais mon frein.
Et puis un jour à table, alors qu'on parle vacances et voyages je dis " en tous cas moi, l'année prochaine je pars aux Etats-Unis" !
"Et moi ?" me demande on épouse.
"Tu fais comme tu veux, tu viens ou pas mais moi je pars."

Mon envie des USA était tellement forte que j'acceptais l'idée d'abandonner de faire le tour en moto pour le faire plutôt en voiture avec elle.
Tant pis j'aurais d'autres occasions de faire de la moto.

Bon, y a eu comme un petit froid pendant quelques jours mais je me sentais comme soulagé, j'avais vidé mon sac.
Pour moi l'affaire était dite, il me restait un an pour gérer ça.

Quelques semaines passent et un jour mon épouse me dit : "J'ai réfléchis, vas-y, pars faire ton voyage aux USA en moto."
"Seul ?"
"Oui, vas-y seul, fais le en moto, vas-y maintenant, tu en crèves d'envie, et prends des infos et des repères pour quand nous y retournerons à deux"

Est-ce qu'elle n'est pas fantastique ? Je n'en revenais pas !

Je vous passe les détails des conversations qui ont suivi mais toujours est-il que du coup vers le mois de mai de cette année je me suis plongé dans tous les catalogues en ligne des agences qui organisent ces trips.

N'ayant jamais mis les pieds aux States mon opinions était de me fier tout de même à un organisateur sur place. Je ne connais pas les us et coutumes, le fonctionnement des choses, quelle classe de motels réserver par exemple etc.

Je suis tombé sur 2 Belges installés depuis 9 ans à Phoenix, Arizona, qui avaient été eux-même assouvir leur amour des States et de la moto en s'installant là-bas pour organiser ce genre de trucs.

Mes recherches sur le net prouvent qu'ils sont compétents, très disponibles, très sérieux, que tous leurs clients reviennent ravis et en plus ils sont parmi les moins chers.

Je prends contact par mail et effectivement la réponse est fulgurante et l'offre très alléchante. Madame n'hésitant pas à me téléphoner depuis là-bas durant près d'une heure pour définir oralement avec moi mes desiderata, mes envies, mes besoins, etc.

La première idée est de me joindre à un groupe Franco-Belge qui fait un de leurs tours, si je peux partager une chambre avec quelqu'un je gagne quelques centaines d'euros sur la dépense hôtelière.

Je reçois leur trajet que j'étudie avec soin mais d'une part ils prennent le temps de faire un truc qui ne m'intéresse que très moyennement du côté de Durango et par contre ne vont pas voir un truc que moi je veux voir, les Séquoias Géants.

Bref je décide de ne pas accompagner ce groupe et de partir seul. En échange je suggère à la dame d'essayer de peut-être rogner sur une classe de motel pour regagner les euros que je vais donc assumer seul pour mes chambres.

Ok, ils revoient tout mon plan de route et me font une nouvelle proposition qui entre dans le budget que je me suis fixé.

Banco, je pars le 12/9/2015.
Je roulerai 19 jours et voyagerai pendant 2 jours donc le voyage total sera de 21 jours.
Sur place je passerai de motel en motel réservés à l'avance.
J'aurai une grosse bécane faite pour tracer la route et aussi porter mes bagages puisque moi je n'aurai pas d'auto suiveuse.

Ils me fournissent un Road-Book de 70 pages avec ma route, des adresses de restos recommandés, les adresses des motels, que visiter, comment planifier mes déplacements et mes visites, des conseils utiles sur comment me comporter par rapport aux habitudes américaines, code de la route, service dans les restos, taxes sur les achats, où trouver du cash, comment me faire dépanner si nécessaire, quelles assurances prendre, quels documents avoir etc.
C'est complet, clair, détaillé.

Ces gens connaissent leur boulot, c'est ARIZONA V-TWIN DREAMS.

Le trajet est celui-ci : Phoenix - Sedona - Williams - Grand Canyon - Antelope Canyon - Monument Valley - - Mesa Verde - Durango - La Million Dollar Highway - Moab - Arch Park et Canyon Land - Brice Canyon - Zion Canyon - Las Vegas - Death Valley - Sequoia National Forest - Winslow - Un segment de la Route 66 - Meteor Crater - Phoenix.

Cliquez pour voir le fichier-joint


Voilà le décor placé.

Après en essayant de corriger quelques coquilles et deux ou trois petites choses je ferai juste un copié-collé des compte-rendus quotidiens que je plaçais sur Facebook pour ma femme, mes enfants et mes potes.

La suite très vite.
Hinathéa
Intéressant. Le projet a été bien préparé.
J'ai hâte de suivre le voyage. smiley.gif
Gandalf le OUF
Jour 1 :
Départ de Zaventem notre aéroport national, depuis le bout du bout du terminal.
Pas une porte au début ou au milieu, non, celle du fond.
Pour y arriver t'as déjà du vider tes poches, enlever ta ceinture et tout ce qui peut déclencher l'alarme, montrer ton passeport et ton billet.
Bon, tu arrives à la porte d'embarquement et qu'est ce qu'on te demande ... ton passeport et ton billet, genre je n'ai pas encore du le montrer jusque là. Et puis ... fouille au corps, genre je viens de passer sous un détecteur et pratiquement perdre mon pantalon mais on ne sait jamais que leur premier appareil soit défaillant.

Enfin dans l'avion. On te serine depuis l'achat de ton billet que faut être là bien à l'avance parce que l'avion ne t'attendra pas mais lui il décolle quand même avec une demi heure de retard ...
Bon, l'avion décolle et c'est parti. Pour le confort tu repasseras, les sièges des bus de la STIB sont au moins aussi confortables.
T'as pas intérêt non plus à avoir de gros genoux. Bref 7h30 là dedans ca va faire long.
Heureusement qu'il y a la vidéo. Là rien à dire, profusion de films récents et de tous les genres. Tu te gaves d'images pour oublier que tu as mal au cul.
On ne parlera pas du repas qui ferait faire des cauchemars à tout candidat à top chef.
Entre 2 vidéos tu checks les données du vol et quand tu vois qu'on est à 11000 mètres et que dehors il fait -49 ° tu te dis que le premier qui ouvre une fenêtre il s'en prend une.
Arrivée à NY. Je pense qu'il y a moins de contrôles pour arriver dans les coffres de la banque nationale que pour mettre les pieds dans ce pays. En plus, coup de chance, je tombe sur un douanier qui doit avoir une crise d'hémorroïdes vu la gueule qu'il tire.
Quand le gars me demande ou je vais résider je lui explique que je fais un tour en bécane.
Oui mais dans quel hôtel logerez vous ?
Ben dans 20 hôtels différents banane, tu veux toutes les adresses ?
Ca le laisse perplexe et il ne veut pas en démordre, sans adresse de résidence je ne peux pas passer. Finalement je lui file l'adresse de l'agence de voyage et il est content, du coup il veut bien tamponner mon passeport et me prendre mes empreintes.
Bon allez, direction les bagages. 1h d'attente sans voir arriver ma valoche. Putain où qu'elle est ? Ben 10 mètres plus loin. Sans doute qu'un couillon la sortie du tapis en pensant que c'était la sienne puis se rendant compte de son erreur il l'a posée là contre un poteau et démerde toi.
Bon je sors du local à bagages, après avoir une nouvelle fois montrer mon ticket et mon passeport. Direction la correspondance. Ah, pour entrer dans la zone des correspondances faut montrer son passeport et son billet. Je me dirige vers la porte d'embarquement et là, contrôle des bagages, enlever tout ce qui est en métal, la ceinture, la montre etc.
De l'autre côté t'as un tas de mecs ridicules en train de remonter leur pantalon et de remettre leur ceinture. J'y ai droit évidemment. Ah oui, juste avant de poser mes bagages on m'a demandé devinez quoi ... mon ticket et mon passeport. A ce rythme là mes papiers seront usés avant même que je revienne.
Ca y est je vais vers mon avion ... Ben non, je dois prendre un bus qui me conduit de l'autre côté de l'aéroport et là je dois trouver la porte d'embarquement. Et devinez quoi, la mienne est la dernière ... Tout au fond !
J'en suis là, en train d'attendre mon second avion.

Jour 1, suite :
Le 2ème avion c'est tout de suite moins farce. On sent bien qu'on est sur une ligne intérieure. Tout est payant sauf le café et le thé, rien à bouffer, même la vidéo est payante. La TV étant elle gratuite je me suis branché sur une chaîne de sport pour faire mon éducation en football américain.
A côté des footballeurs américains les jours de rugby sont des taffioles. Voilà un sport qu'il est viril.
L'avion est un long cigare encore moins confortable que le précédent, avec une toilette pour tout l'avion, t'as pas intérêt à être pressé d'autant que quand ils passent avec le chariot à café le couloir est bloqué pour 1/2 heure. J'ai vu des visages très crispés.
Arrivée Phoenix de nuit. Spectacle somptueux de lumières avec ce tracé en carré caractéristique des villes US. Sortie de l'aéroport et rencontre avec les gens de l'agence extrêmement sympathiques et ça ne pouvait pas rater ... un pote d'adolescence qui fait un tour parallèle au mien. Marrant.
Arrivé à l'hôtel je me grouille de jeter ma valise dans la chambre pour aller bouffer un truc parce que les restos ici ca ferme à 22h le samedi. Les autres jours c'est 21h ! Ces gens ont un sens de la fête qui me bouleverse !!!
Mais bernique, lorsque nous arrivons au resto c'est trop tard ils ferment.
Ils exactement 22h ici.
Passage par la station service qui sert d'épicerie, sandwich et bouteille de flotte pour un retour à l'hôtel. Pour la gastronomie US j'attendrai demain.
J'ai déjà des images plein les yeux, des bagnoles pas croyables, des pick-up énormes en veux-tu en voilà, mon premier cactus candélabre et un hôtel, pas le mien, qui est illuminé comme la tour de refroidissement de la centrale de Drogenbos. Impressionnant.
Tout est kingsize ici, y compris mon lit dans lequel on pourrait très facilement loger à 3. Je vais me répandre. Allez, direction la douche et dodo parce que mine de rien, même s'il n'est que 23h ici, moi ça fait 29h que je suis debout et ca commence à faire beaucoup.

Cliquez pour voir le fichier-joint King Size Bed
Gandalf le OUF
Jour 2 :
Le roadtrip proprement dit commence.
Après une bonne nuit de repos et un solide petit déjeuner, direction la concession HD où je prends possession de ma bécane, une Electra flambant neuve de couleur bordeaux.
Après quelques explications sur les particularités de l'engin me voilà sur la route direction Montezuma Castel.
Après une demi-heure j'ai la moto bien en main et c'est que du bonheur. Je roule pépère au rythme des américains qui ne sont pas pressés et moi encore moins. Me suis trouvé une bonne radio qui diffuse de l'excellente musique.
Montezuma Castel c'est une habitation troglodyte des indiens Hoppis. Très sympa.
Ensuite c'est Sedona et mon premier contact avec la bouffe US. Bon, une chose est sûre c'est pas ici que je vais mourir de faim ou de soif. Les portions sont énormes et le plus petit verre de coca fait 50cc. En plus dès qu'il est aux deux tiers vide c'est remplissage automatique. Note que c'est utile vu que depuis le matin j'ai bien dû m'enfiler sans exagérer 3 litres de flotte pour me réhydrater.
Ensuite direction Red Rocks Moutain.
Les gars, si vous devez traverser un désert demandez-moi. Je suis le seul mec au monde qui fait pleuvoir quand il traverse un désert. Avec Monsieur Paul, survie assurée même par temps sec. On est Belge ou on ne l'est pas. Même les hommes-médecine indiens sont venu me demander comment je faisais la danse de la pluie.
Comble du luxe je fais tomber de la pluie à 28 degrés. La classe quoi !
Sinon les Red Rocks Moutain c'est juste magique. Ces montagnes rocheuses ont des couleurs étonnantes, principalement rouge évidemment mais avec plein de nuances.
On est en plein paysage western et tu t'attends à tomber sur John Wayne ou Clint Eastwood à chaque virage.
Visite du parc du même nom et rencontre inattendue avec des biches locales et leurs petits en toute liberté. Trop cool.
Direction Williams pour y passer la nuit.
Superbe route sinueuse dans les canyons et grand final sur l'autoroute entre les énormes trucks américains et avec une dernière averse, histoire de montrer que je maîtrise mon sujet.
Demain c'est le Grand Canyon !

Cliquez pour voir le fichier-joint Concession Harley Davidson de Phoenix
Cliquez pour voir le fichier-joint Idem
Cliquez pour voir le fichier-joint La bécane
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Habitation Hoppi à Montezuma Castle.
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Le moindre espace de la falaise est exploité !
Cliquez pour voir le fichier-joint A l'approche des Red Rocks Moutains
Cliquez pour voir le fichier-joint On comprends pourquoi on les appelle les RED ROCKS !!
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Et le drapeau, omniprésent.
Cliquez pour voir le fichier-joint Quand je fais pleuvoir sur le désert !
Cliquez pour voir le fichier-joint Y a des trucs bizarres qui poussent par ici !
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Un arbre majestueux, la photo ne rend que partiellement sa taille réelle.
Cliquez pour voir le fichier-joint Fleur de cactus
Cliquez pour voir le fichier-joint Idem
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Une habitante des lieux peu farouche.
Volyova
Rôô, c'est trop génial ce trip ! Je me régale inlove2.gif
Je note pour la pluie, on ne sait jamais, si je vais vivre dans un coin sec un jour.

Combien de km ça représente ton trajet complet ?
Et les gens, comment tu les as trouvés ?

J'attends la suite ! content.gif
Gandalf le OUF
J'ai parcouru un poil plus que 4000 miles soit un tout petit peu plus de 6400 km.

Pour les américains j'en parle durant mes comptes-rendus mais en général je les ai trouvés extrêmement sympas, souriants et serviables.
Bien évidemment je me suis baladé plutôt dans les petites bourgades et la campagne que dans les grandes villes où l'ambiance est sans doute toute autre mais là où j'étais, franchement on est très loin de l'image froide et austère qu'on nous donne parfois des ricains.
Ils sont COOL, c'est vraiment le mot qui leur colle à la peau.
Il ne faut pas se faire d'illusions, l'américain moyen se lève tous les jours pour aller bosser et gagner son pain quotidien et pas en rêvant de conquérir le monde et de le dominer.
Ca c'est le point de vue d'une certaine classe politique, mais les nôtres de politiciens sont-ils tellement meilleurs ?
Gandalf le OUF
Jour 3 :

Partie 1

Hier soir, j'ai soupé dans resto à côté du motel au son d'un petit orchestre country.
Ambiance western assurée à condition de savoir faire abstraction de la multitude d'écrans Tv qui remplissent les murs et sur lesquels tu peux suivre en direct le match de foot US de l'équipe locale. Sans déconner il y avait au minimum 10 écrans dans la salle.

USA oblige, me suis pris un hamburger. Rien à voir avec les cochonneries genre Mc Donald ou Quick. C'est un vrai plat et c'est très savoureux. Peut-être un peu riche mais savoureux.

Le sourire de la serveuse est permanent de même que sa serviabilité. Elle fait un gros effort pour me parler lentement et avec des phrases simples, bien consciente que mon anglais a autant de rides que moi.

Leur système de rémunération par pourboire est étonnant mais je me montre généreux, elle le mérite largement.

Ca semble être une constante d'ailleurs l'amabilité des gens. Je me suis fait aborder plusieurs fois entre autre pour me parler de la moto et toujours avec le sourire et beaucoup de gentillesse quand ils se rendent compte que je suis un étranger.

Les américains sont fans de moto et n'hésitent pas à engager spontanément la conversation à ce sujet.
Inutile de faire le keke ou le fier sur ta bécane vu qu'il y en a 10000 autres dans un rayon de 5km autour de toi et autrement arrangées que le modèle stock qui me porte.
Mais tout de même j'ai eu droit à quelques 'Nice bike´ qui font toujours plaisir.

Beaucoup de motards roulent en t-shirt et sans casque et je dois passer pour un extra-terrestre avec mes gants, mon blouson en cuir et mon casque mais bon, mes vieux réflexes sécuritaires européens prennent le dessus et je continuerai à les porter.

A 21h30 j'étais au lit. N'ayant pas encore tout à fait récupéré du jet-lag une bonne nuit me fera le plus grand bien.
J'ai fais un geste pour la planète en coupant l'air conditionné pour la nuit. Faut dire qu'avec les pluies d'hier la température est revenue à un niveau plus supportable.
Me suis réveillé tôt et bien reposé.

Je vous raconte tout ça a en attendant de pouvoir aller prendre un petit déjeuner consistant, et en ensuite en route pour aller survoler le Grand Canyon.

Partie 2

Départ après un copieux petit déjeuner à base d'œufs brouillés et saucisses savoureuses. Je me cale pour la journée. Vais essayer de me contenter d'un sandwich pour midi sinon j'aurai droit à une surtaxe pour surplus de poids dans l'avion en rentrant.

Dans les motels il y a des machines à café et à thé en self service et gratuites.
Je ne me prive pas de bien m'hydrater avant de prendre la route.

Les premiers kilomètres se font dans la fraîcheur et sous un ciel couvert. J'ai même droit à un reliquat de pluie.
Changement complet de topographie, après les canyons d'hier la route qui mène au grand canyon se dessine sur une immense plaine à perte de vue.
C'est là que je comprends que ce grand canyon ne sera pas un truc coincé entre des montagnes mais plutôt une gigantesque crevasse dans un paysage totalement plat.

Première ligne droite à l'américaine. Le hasard a voulu que je regarde mon compteur kilométrique en entrant dedans.
Il aura fallu 30 miles ( +- 50 km) avant que je ne rencontre une courbe. Pas un virage, juste une courbe et derrière une autre ligne droite.
C'est juste incroyable pour nous européens. L'avantage est qu'on a le temps de regarder le paysage.

Arrivé bien en avance à l'aéroport j'ai le temps d'admirer le ballet incessant des hélicoptères. Il y en a au minimum 20, flambants neufs, qui emmènent les touristes au-dessus du canyon.
Le soleil est de retour et avec lui la chaleur.

J'attends mon tour assis sur un banc à regarder les camping-cars titanesques ou les trucks énormes ou encore les hot-rods de folie qui passent sur la route.

C'est un spectacle permanent.

Je suis comme un gamin dans un magasin de jouet.

C'est l'heure du décollage, un tout jeune pilote sympa vient nous chercher, nous donne deux ou trois instructions et on embarque. On a tous un casque sur les oreilles et le décollage se fait sur la musique de Jimmy Hendrix, ça met tout de suite de l'ambiance.

On commence par survoler une forêt et pendant ce temps le pilote baragouine un tas de trucs sur le pourquoi du comment du Grand Canyon. Comme je suis avec des anglophones il parle à toute vitesse sans se soucier de moi et je ne comprends que dalle.

M'en fous j'ai mon idée sur le sujet je vous en parlerai plus loin.

Après quelques minutes je vois qu'on arrive en rasant les arbres à ce qui doit être le bord du canyon et ça sur fond de Star Wars. C'est génial.

Et puis c'est la claque monumentale !!!

On passe d'un vol en rase motte à un vol à 1000 mètres d'altitude sans avoir changé d'altitude justement.

Un gouffre s'ouvre sous nous et le canyon s'offre à notre regard dans toute sa splendeur.

C'est ... Comment dire ... Comment mettre des mots sur ce qui est inracontable, comment décrire ce qui est indescriptible.

On sait que ça va être énorme, on a assez vu de reportages et autres films sur le canyon et pourtant on est scotché par la majesté du spectacle.

Aussi loin que le regard porte ce ne sont que canyons dans d'autres canyons, des roches rouges, roses, bordeaux, grises, blanches, ocres etc.

Je n'ai pas assez avec mes deux yeux pour tout regarder, je voudrais être une araignée avec huit yeux et encore je ne sais pas si ça suffirait.

Personne ne parle en dehors du pilote. Tout le monde est en extase.

Il y a des plateaux couvert de végétation qui mettent des touches de vert et là bas, tout au fond, on distingue le Colorado.

On vole ainsi pendant une vingtaine de minutes et le spectacle se renouvelle sans cesse.

Tiens, c'est la musique de Game of Thrones qui passe en ce moment, ça colle parfaitement avec le décor.

Après +- 30 min c’est le retour vers l'aéroport. Au passage on survole un troupeau de bisons.

Je vous le dis, le survol de Grand Canyon c'est un ´Must Be Done´.

A l'atterrissage je retombe sur mon pote et le groupe de belges et français qui font le tour en parallèle.
Finalement je suis bien content de ne pas être avec eux, vu leur nombre ils perdent un temps fou le matin et ensuite font tout à l'arraché.

Je récupère la moto et je rentre proprement dit dans le parc pour aller faire à pied cette fois une ballade sur les bords du canyon.

Les américains ont une confiance aveugle dans le comportement des gens, à part à quelques endroits prévus pour la photographie de masse, aucune barrière, aucun garde-fou ne limite l'accès aux bords du canyon.

Je me suis assis un long moment au bord d'un gouffre de plusieurs centaines de mètres sans que quiconque me fasse la moindre remarque. En Europe pour le même exploit je passerais la nuit au poste ou en cellule de dégrisement.

Tic et Tac existent vraiment, je les ai rencontré. J'ai vu un lynx aussi, mais de loin.

Je fais des dizaines de photos. Je reprends la moto, je vais plus loin, je refais des photos, et ainsi de suite durant toute l'après-midi.

J'ai la dalle. Rien mangé depuis ce matin. Je rentre dans un resto et je me tape une salle de fruits frais juste excellente. Ca va me caler jusqu'à ce soir.

Maintenant soyons honnêtes, ils nous prennent pour des truffes.
Je l'ai vu le Colorado, c'est un ruisseau de m... au fond de son trou. Tu ne me feras jamais croire que ce pipi de chat a creusé ce canyon.
Ma théorie est que depuis le temps des conquistadors les espagnols viennent piquer de la terre rouge ici pour faire leurs putains de terrains de tennis. Je ne vois pas d'autre explication. L'espagnol est chapardeur, c'est bien connu.

Le soir tombe et je reprends la route pour rejoindre mon hôtel et enfin manger un plat consistant.

La traversée du désert au crépuscule est un spectacle à elle toute seule.

Ce soir je dors chez les Navajos et je mange Navajo.

Enfin c'est ce qu'ils disent, pour moi c'est un steak succulent au demeurant avec quelques légumes frais et cuits et les inévitables french fries.

Allez, demain est un autre jour avec d'autres aventures.


Cliquez pour voir le fichier-joint La compagnie d'hélicos

Cliquez pour voir le fichier-joint Un hélico comme je vais prendre.

Cliquez pour voir le fichier-joint Survol de la forêt sur fond de Jimmy Hendrix puis de Star Wars !

Cliquez pour voir le fichier-joint La première claque !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint Succession de mandales !
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Les bisons.

Cliquez pour voir le fichier-joint Seule photo où j'apparais parmi les centaines de faites ! Lol

Cliquez pour voir le fichier-joint Après les photos en vol, quelques-unes au sol.
Gandalf le OUF
Grover, ce serait bien que tu supprimes le contrôle de flood, c'est assez gavant quand on poste des photos à répétition.
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint

Cliquez pour voir le fichier-joint

Cliquez pour voir le fichier-joint Jeux de lumière sur le Canyon.

Cliquez pour voir le fichier-joint Arc en ciel à la sortie du Canyon.
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Mon motel avec BIENVENUE en Navajo.
Cliquez pour voir le fichier-joint Mon repas du soir.
Ekis
Ah cool ! Les photos qui vont avec le texte ! number-one-45.gif
Hinathéa
Super d'avoir retranscrit ton récit au jour le jour. On a l'impression de te suivre en direct. Et cela permet de tout lire. smiley.gif
Volyova
Toujours top ! Merci de prendre le temps de nous raconter ça number-one-45.gif
Gandalf le OUF
Jour 4 :
Partie 1

Bon, les potes, soyons honnêtes, les Navajos ne sont pas le peuple le plus souriant du monde. Doivent pas encore avoir accepté la défaite et le visage-pâle que je suis n'a pas été étouffé par la cordialité.

Motel propre et très correct, pas de problème, mais pour le sourire faut payer une surtaxe je pense.

Bon, pas grave, juste là pour dormir.

Couché à 22h, debout à 6 h du matin, j'ai rdv à 100 miles pour la visite d'Antelope Canyon.

Le petit déjeuner est sommaire, c'est pas l'abondance des jours précédents. Je m'en contenterai et je vais essayer de rééditer le régime d'hier avec un truc très léger à midi.

A côté de moi les Navajos du coin se goinfrent avec des breakfasts payants.
Quand on voit ce qu'ils ingurgitent au déjeuner on comprends le tour de taille de l'américain moyen.

Pour ceux qui se faisaient des illusions, les naïades d'alerte à Malibu tu ne les rencontres pas au coin de la rue.

Il a copieusement plu durant la nuit. Je n'ai jamais vu une zone désertique où il pleut autant. Phoenix a trinqué paraît-il.

Allez, en route.

Traversée matinale du désert. Il fait frais et c'est ... désertique mais splendide.

En même temps quand tu vois les terres qui ont été allouée aux Navajos par les colons tu te dis que faut vraiment aimer bouffer des cailloux. On comprend un peu leur ressentiment. C'est pauvre.

Depuis le tourisme de masse ´La Nation' comme ils s'appellent eux-mêmes gagne du pognon mais c'est relativement récent et le vulgum pecus Navajo ne vit pas dans l'opulence.

Beaucoup de Navajos sont américanisés mais ils sont tout de même incroyablement typés. J'ai vu une vieille femme qui aurait sa place dans n'importe quel western, y compris les fringues.

En attentant mon tour pour la visite je vous raconte quelques détails US marrants :

Premier truc qui vous vous trouble, lorsque vous êtes sur un parking vous sursautez régulièrement parce que vous entendez un double coup de Klaxon. En fait au lieu d'avoir les clignotants qui se mettent en marche lorsqu'ils ferment leur voiture le klaxon fait en plus un double signal, au cas où le conducteur serait un aveugle je présume. Faut un moment pour s'y habituer.

Autre truc, sur toutes les routes à double voie la ligne pointillée est agrémentée de petits catadioptres qui sont enfoncés dans une petite rigole d'un cm de profondeur. La première fois que tu doubles ça surprend, surtout à moto. Après tu apprends à slalomer entre ces trucs.

Les américains roulent très calmement et prudemment et respectent scrupuleusement le code de la route. Ils s'arrêtent totalement à chaque STOP, même s'il est évident qu'il n'y a personne dans l'autre sens. Pour nous qui avons l'habitude de simplement ralentir puis de passer ça surprend aussi. Ça aussi on s'habitue très vite.

Un truc marrant : je n'ai pas encore vu une seul wc avec la planche du dessus comme chez nous. Impossible de s'asseoir dessus pour mettre ses godasses par exemple, c'est pour chier et puis c'est tout.
Par contre dedans il y a de quoi abreuver un chameau. C'est simple, la première fois que j'en ai vu un j'ai cru qu'il était bouché. Je ne te raconte pas la débauche de flotte à chaque fois que tu tires la chasse.

Leur pq aussi est original, avec un feuillet de chez nous ils en font deux.
Étonnant.
Vu le volume du cul moyen aux states tu te serais plutôt attendu à l'inverse.

Les routes sont bordées sur des centaines kilomètres d'une clôture. C'est incroyable d'autant que de l'autre côté il n'y a strictement rien à part de-ci de-là une vache famélique comme on en voit dans Lucky Luke.

Vu mon premier coyote, hélas mort sur le bas côté de la route.

J'ai rencontré un convoi incroyable : ici il n'est pas rare de croiser un mobilhome (ou Camping-Car selon le pays), genre mobilhome géant comme dans les films avec les flans qui s’écartent pour doubler le volume, qui tire une voiture.
Mais attention, la voiture n'est pas sur une remorque, elle est tractée par le mobilhome avec les 4 roues au sol. J'imagine qu'il y a un système qui fait freiner la bagnole en même temps que le mobilhome sinon je ne vois pas comment ils feraient.

Bref j'ai rencontré un ÉNORME mobilhome qui tractait un ÉNORME pick-up et dans le pickup il y avait une ÉNORME Harley-Davidson.
Je ne sais pas combien de litres ce type consomme aux cent kilomètres mais je ne veux même pas y penser.

Là j'ai fini mon demi litre de café (si, si, c'est la dose normale) et je vais aller à mon rdv.
Le patron du snack en réalisant que je parlais français m'a gratifié d'un Mewci Bowcouw bien sympa.

Partie 2

L'Antelope Canyon est un truc absolument magnifique et étonnant.

En fait au fil des siècles un Rio s'est créé un passage au travers d'une falaise de roche relativement tendre, les SAND ROCKS.

Le résultat est une espèce de long couloir torturé de toutes les couleurs rouges et ocres possibles dans lequel on déambule pour admirer le travail de l'eau sur la roche.

Ce Canyon est extrêmement étroit et ouvert sur le dessus ce qui donne des jeux de lumière absolument fabuleux.

Le Rio se remplit encore régulièrement et le canyon ne se visite pas s'il y a de fortes pluies.
Quand on voit la largeur du Rio avant ce goulet on imagine aisément que devant un tel étranglement le niveau de l'eau va monter extrêmement vite et haut.
Il n'est pas rare que le niveau du sol varie d'un ou deux mètres en quelques jours selon que le Rio dépose beaucoup de matière au sol ou au contraire qu'il lave le Canyon.
C'est d'ailleurs un Washing canyon ce qui veut tout dire.

De retour en ville je vais vite manger un petit truc avant de reprendre la route.

Je retourne un peu sur mes pas pour descendre dans le grand canyon cette fois et je vais voir un pont qui est célèbre ici pour avoir enfin permis de franchir cet obstacle naturel qu'est le Colorado.

Le Rio court au fond d'une large gorge profonde d'une centaine de mètres et savoir qu'il fut une époque où il remplissait parfois la gorge donne une idée de ce que devait être le débit à ces moments là.

Ensuite c'est ´Horseshoe Bend' un méandre de Colorado qui porte bien son nom puisqu'il est en forme de fer à cheval. Vu de tout en haut c'est magnifique et très impressionnant aussi.

Enfin je me dirige vers mon motel à Page.

En ville je croise mon premier bus scolaire jaune.

Je passe aussi dans une avenue le long de laquelle se trouvent les unes à côté des autres toute la panoplie des églises et chapelles des différents cultes présents ici.
WTF !!!

Et enfin mon motel. Le premier tel qu'on les voit dans feuilletons, avec la galerie et le parking juste devant la chambre.
Chouette chambre avec 2 lits kingsize et, juste pour me contredire, un wc comme chez nous.

Je vous fais un reportage sur les chiottes US.

Elle est pas belle la vie ?

Allez, là-dessus direction la piscine. A demain.


Cliquez pour voir le fichier-joint En attendant mon RDV je photographie 2 ou 3 trucs bien amerlock !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint A louer pour balade dans le désert.

Cliquez pour voir le fichier-joint Américains jusque dans les détails !
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Un truc qui fait frémir l'amateur de vin qui sommeille en nous !

Cliquez pour voir le fichier-joint Main Street typique de cette région des USA.

Cliquez pour voir le fichier-joint Et parallèlement, les petites ruelles où le crime se joue dans tout feuilleton digne de ce nom.
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint L'autre coté du canyon, c'est à dire l'entrée pour le rio, c'est assez étroit !

Cliquez pour voir le fichier-joint Le rio, à sec ce jour là. On se rend bien compte qu'il va être difficile de faire rentrer l'un dans l'autre !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint 3 jours auparavant le petit rocher au milieu du chemin était sous terre. On voit comme le sol a été 'lavé'.

Cliquez pour voir le fichier-joint Sur la falaise on voit les dépôts de brindilles et autres de la crue d'il y a 3 jours. Faut pas être dans le canyon à ce moment là !

Cliquez pour voir le fichier-joint Le Colorado au fond d'une gorge qui débordait parfois il y a de nombreuses années. Fameux débit !

Cliquez pour voir le fichier-joint Le fameux pont à gauche qui permit enfin de franchir le Colorado. Il a été doublé comme vous pouvez le constater.

Cliquez pour voir le fichier-joint Le bonheur de tout géologue qui veut étudier les strates !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint Horseshoe Bend

Cliquez pour voir le fichier-joint Le Colorado se descend aussi en bateau, canoë, Raft, etc.

Cliquez pour voir le fichier-joint Ah oui, j'oubliais, la visite d'Antelope Canyon se fait avec des cousins de Gilles EKIS, lol !
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Les fameux bus scolaires jaunes.

Cliquez pour voir le fichier-joint Ca rigole pas pour les fumeurs distraits par ici !

Cliquez pour voir le fichier-joint Mon motel.
Scribe
Ayé, tout lu ! Super récit qui fait envie !

Quelques réactions prises en note durant ma lecture :
  • Déjà, je ne peux qu'applaudir ta décision de t'être lancé dans ce rêve qui te taraudait depuis un moment. A priori, on n'a qu'une vie sur cette bonne vieille Terre, alors il ne faut pas laisser passer sa chance quand on sent que le moment est venu. Ça ne dépend pas toujours que de nous, et puis faut quand même se botter le cul pour franchir le pas. Et tu peux en effet remercier ta femme de t'avoir donné le feu vert pour réaliser le périple en moto, comme tu en rêvais. J'imagine que tu aurais eu un goût d'inachevé si tu avais dû abandonner ton moyen de transport fétiche.
  • Je pense, comme tu l'as dit, que tu as pu apprécier les avantages du voyage en solo. Y'a pas à dire, si on n'a pas peur de se retrouver seul avec ses pensées, voyager seul (ce qui n'exclue pas les rencontres, au contraire) est, pour moi, la meilleure façon d'apprécier pleinement un nouveau coin de planète. La compagnie apporte d'autres choses agréables, mais la liberté totale de faire les choses comme on l'entend, quand on le veut, aussi longtemps que l'on souhaite, ça n'a pas de prix.
  • Concernant les contrôles douaniers à l'aéroport, ouaip, ça ne me surprend guère. Les Américains sont paranoïaques de la sécurité depuis le 11 septembre.
  • Taffioles, les joueurs de rugby ? Met à poil un joueur de football américain (oui enfin, pas en vrai hein, restons décents) et tu verras que dépouillé de tout son bardas de protection, il fait gringalet comparé aux taureaux qui piétinent les pelouses de rugby.
  • Les paysages ont l'air vraiment grandioses, ça fait diablement envie. Cet Antelope Canyon en particulier, qu'est-ce que c'est beau, à chaque fois que je vois ça dans des docus ou des films ça me donne envie de passer la main sur ces surfaces ondulantes polies par l'eau. Bon enfin, le film 127 heures apprend quand même qu'il faut faire attention à ses mains dans ce genre d'endroit... biggrin.gif
  • Les portions de bouffe US, je crois que ça revient à chaque fois que je parle à quelqu'un qui est allé là-bas. J'aurais aussi beaucoup de mal à accompagner mes repas de tous ces foutus sodas... Et la photo des pintes de vin sous plastoc... evan.gif
  • Une Européenne (Allemande ?) rencontrée en Nouvelle-Zélande et qui vivait depuis plusieurs années aux Etats-Unis m'avait dit un truc à propos du comportement des Américains. Elle avait aussi été frappée par la facilité qu'ils ont à engager la discussion avec des inconnus, leur bienveillance générale qui contraste avec notre méfiance et notre distance envers les inconnus. En revanche, elle m'avait dit qu'elle avait eu beaucoup de mal à se faire de véritables amis, et que parfois derrière les sourires et les bonnes manières, il était difficile de savoir ce qu'ils pensaient vraiment et de créer des relations de confiance. Par exemple, elle disait s'être faite inviter plus d'une fois à venir à manger chez des gens lors de discussions, mais quand parfois elle avait cherché à mettre en pratique l'invitation, la chose était reportée à une date indéfinie et qu'en définitive, la proposition tenait plus de la façon de parler que de la véritable invitation.
    Je sais pas si tu as pu constater ça ou pas sur la durée de ton séjour, mais bon, je pose quand même la question.
Globalement, tout ce que tu racontes pour l'instant est assez conforme à l'image que j'avais des States. Hâte de lire la suite !
Gandalf le OUF
Bon, alors au risque de déchirer ton petit coeur de supporter, j'ai rencontré des joueurs de foot US et je peux te garantir que même sans leur armure comme tu dis, les rugbymen à côté c'est des taffioles !
Ces gars là-bas sont de véritables monstres de muscles et de puissance. Pas un rugbyman, et je les respecte, n'aurait sa place là-bas dans une équipe de la NFL.
D'ailleurs s'ils sont arnachés de la sorte c'est pas pour paraître plus costaud mais justement parce que leur jeu est juste un tout petit peu plus viril que ne peut être le rugby.
Et pour terminer sur ce jeu, alors que j'ai encore beaucoup de mal avec les règles, je suis devenu fan de ce sport par l'engagement qu'il demande, par sa vivacité, par l'élaboration des stratégies, par la beauté de certaines phases de jeu et puis surtout parce que c'est un sport qui va de l'avant.
Le rugby c'est comme notre mentalité en Europe, on veut aller en avant mais on fait les passes vers l'arrière.
Ca veut tout dire ! nanana.gif

Bon, parlons des américains.
Malheureusement la formule de mon voyage faite de déplacements ne m'a pas permis d'essayer d'établir une relation plus profonde avec l'un ou l'autre ricain.
J'aurais donc bien du mal à te dire si c'est ou pas plus facile que chez nous.
Ce n'est pas la première fois que j'entends dire ça d'eux mais franchement, est-ce vraiment beaucoup plus facile d'entrer dans l'intimité d'un européen ?
Personnellement, avant que je t'invite sincèrement à venir partager un repas chez moi il te faudra patienter.
Entre la relation qu'on n'invite jamais, le pote qui vient boire un verre mais c'est tout et puis enfin le copain qui a droit de table, le temps est long avant que tu ne passes d'un stade à l'autre. Et mon expérience avec des gens dont je suis devenu un ami ou un bon copain me confirme que c'est pareil chez les autres.
Mon voisin depuis 25 ans et avec lequel je m'entends parfaitement bien n'est jamais venu mangé chez moi et ne m'a jamais invité.
Pourquoi serait-ce autrement aux states ?

Non, je crois que ce qui perturbe les gens c'est justement cette franche cordialité initiale qui laisse peut-être croire que la suite ira plus vite que chez nous alors qu'il n'en est rien.
Mais à tout prendre je préfère leur cordialité, même si elle n'est que première apparence, à la gueule que tirent la plupart des gens chez nous.
Scribe
CITATION
J'aurais donc bien du mal à te dire si c'est ou pas plus facile que chez nous.
C'est pas tellement une question de plus facile ou pas, juste un fonctionnement (potentiellement) différent. Je sais pas si c'est vrai ou pas, je n'ai jamais expérimenté la chose. Dîner ou pas, peu importe, l'impression générale de la personne qui m'avait parlé de ça c'était plus qu'on pouvait facilement avoir 50 potes mais qu'il était dur de se faire des vrais amis au boulot ou dans la vie de tous les jours. Mais bon, je conçois bien que le contexte de ton voyage n'était pas spécialement propice à expérimenter la chose.

Pour le rugby en fait j'en sais rien, c'était un poil pour chambrer. dents.gif En googlant, y'a cette vidéo qui explique quelques trucs si on zappe les cinq six minutes gnangnan du début. En gros, la conclu c'est que les joueurs de football américain sont un poil plus puissants que les rugbymen mais ils ont des protections et leur temps de jeu est beaucoup plus court. Le football américain est plus explosif, le rugby demande plus d'endurance.
Gandalf le OUF
Jour 5 :

En route pour Monument Valley.

LA vallée des bons vieux western avec John Wayne.

Mais avant ça, un arrêt programmé pour aller voir le Navajo National Monument, un site avec une antique cité Hopi dans une alcôve taillée par la nature dans une gigantesque falaise.

Premier gag de la journée les Navajos ont réinventé les dos d'âne destinés à limiter la vitesse. Eux ils installent des putains de rigoles.
Y a bien un panneau qui annonce ´DIP' mais comme tu ne sais pas ce que c'est et qu'il y a un panneau tous les cent mètres ici tu ne fais pas gaffe.
La surprise est de taille ! J'ai fait un de ces bonds avec la bécane ...
Même à la vitesse recommandée c'est juste dément. Après je te garantis que tu fais gaffe.

Bla bla avec le ranger du coin, un Navajo très sympa et souriant ( Ca change ) qui me dit que la visite du parc est gratos. Ça aussi c'est étonnant pour nous qui sommes habitués à payer partout, même pour aller pisser.

Allez hop, je me fais 2 des balades recommandées dont une me mène à une plate-forme rocheuse sur la falaise d'en face par rapport au pueblo.

C'est une nouvelle fois étonnant, Ce truc est tout de même là depuis le treizième siècle et il tient toujours debout.
Pour des murs façonnés avec de la boue et du torchis c'est balaise.

On ne peut pas approcher plus près, dommage mais vu la foule ça se comprend si on veut que ça dure encore 1000 ans.

La seconde promenade me mène vers le début du canyon pour une vue en enfilade.
Durant cette promenade quelque chose me préoccupe mais je n'arrive pas à savoir quoi.
Et puis ça me vient, je réalise le silence absolu dans lequel je suis. Pas une mouche, pas une abeille, pas le moindre insecte volant, pas un seul chant d'oiseau ne vient perturber ce silence total. C'est vraiment incroyable.
J'ai même été me renseigner pour savoir s'il y avait des oiseaux dans le coin et oui, il y en a, mais soit ils ne s'étaient pas encore remis de leur virée de la veille, soit ils ont tellement de boulot pour trouver à bouffer qu'ils ont autre chose à foutre que de chanter.

La végétation est rachitique et n'importe lequel d'entre nous crèverait de faim après 1 semaine dans ce trou et pourtant les Hopi utilisaient pas moins de 400 plantes différentes pour se nourrir et se soigner.

Ils avaient même inventé une sorte de chewing-gum. Bon, y avait pas 50 goûts différents mais tout de même.

Je redémarre, direction Monument Valley.

Soyons clair, il y a deux jours je me suis pris une claque monumentale sur la joue droite en allant voir le Grand Canyon. Aujourd'hui, en bon chrétien, j'ai tendu la joue gauche et je me suis pris une mandale maison.

C'est juste inimaginable et toutes les images qu'on a pu voir à la télé ou dans des revues sont incapable de rendre la majesté de tels lieux et ceci pour la simple raison que les images sont toujours focalisées devant elles alors que lorsque vous êtes devant ou dedans vous captez visuellement un ensemble panoramique qui donne sa vraie dimension au spectacle.

Pour visiter le site faut se faire accompagner en 4x4 par un guide Navajo.

Pour moi ce sera une guide et j'irai en compagnie d'une famille d'allemands fort sympathiques ce qui tout de même surprenant puisque tout le monde sait que l'allemand est agressif (Private joke).

Ne reculant devant aucun sacrifice je prends le grand tour, 2h30 de visite, de multiples arrêts explicatifs et la visite d'une partie que les pèquenots qui ont mégoté sur quelques dollars ne verront pas. Bien fait pour leur tronche.
Si vous faites un jour cette visite, croyez-moi, prenez le grand tour en 4x4.

Le petit tour est succinct et je vous déconseille de le faire avec votre voiture de location, d'une part parce que la plupart du temps c'est interdit par le loueur, et quand on voit la piste on comprend pourquoi, d'autre part parce que vous passerez à côté de toutes les explications du guide.

Je n'essaie même pas de vous raconter ce que j'ai vu, vous verrez les photos. Toute tentative de description est vouée à l'échec.
J'ai tellement tardé sur le site que je me suis tapé le reste de la route de nuit, mais j'ai profité d'un couché de soleil somptueux sur les montagnes et les nuages.
Quel pied.

Arrivé à l'hôtel vers 20h (oui, ici il fait nuit vers 19h) je me suis précipité dans un resto-bbq pour manger avant qu'ils ne ferment.
Pour rappel ces joyeux fêtards d'américains ferment tous les restos vers 21h00.

Une fois de plus j'ai été abasourdi par les portions servies ici.
J'avais commandé un petit mixed grill pas trop cher et je m'attendais à recevoir 4 ou 5 pignons de poulet et quelques spare-ribs mais quand le plat est arrivé, les spare-ribs étaient tellement énormes que je ne voyais pas la cuisse de poulet qui était en dessous.
Énorme c'est vraiment le mot pour le dire.
Le tout accompagné de beans (yessss !), de légumes cuits, de patates rissolées et pour faire bonne mesure d'une petite salade à côté.
Le seul truc qui avait une dimension normale c'était ma Desperado.

Cela a été aussi le lieu de mon premier désappointement...

A la table d'à côté il y avait un couple de français, mais alors le beauf dans toute sa splendeur.
Ce con s'adressait à un groupe de jeunes français eux-mêmes assis à une table plus loin.
Ça a commencé par le sempiternel : "Parigots, têtes de veau" hurlé dans toute la salle dés que cet abruti a su que ces jeunes gens étaient parisiens.
Déjà là le sourire des jeunes s'est légèrement crispé et ils n'avaient de cesse ensuite que d'essayer de raccourcir voire de stopper la conversation.
Bernique, ce gros con en rajoutait tant et plus.
Une fois ses plaisanteries épuisées il s'est attaqué aux américains "qui conduisent comme des cons" alors que si ça ne tenait qu'à lui il les aurait tous dépassé vite fait bien fait, ensuite, alors qu'il ne parle pas un mot d'anglais et tente de se faire comprendre de la serveuse avec des gestes et des onomatopées ou pire encore des mots français américanisés du genre " I want a bouteille of vin" il se permet de dire tout haut, "Putain ils sont cons ces amerloques, ils comprennent rien à ce qu'on leur dit" et pour finir Monsieur Je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde se permet de conseiller aux jeunes gens qui vont aller visiter Monument Valley de ne surtout pas le faire avec les 4x4 parce que les gens y seraient entassés comme des animaux et boufferaient de la poussière tout du long sans rien voir à cause de cette même poussière et donc de surtout le faire plutôt avec leur propre voiture.

Sachant ce que je vous ai raconté plus haut c'est évidemment une énorme connerie et sur le coup je n'ai pas pu m'empêcher de faire une signe de folie derrière le dos du beauf.
Signe qui a été parfaitement capté par un des jeunes gens.

Non mais quel con alors.
Putain ce genre de mec pourrait te bousiller les vacances juste à le rencontrer.
Qu'est ce qu'il fout ici cet abruti ?
Pourquoi il ne visite pas plutôt le Berry en charrette à bras au lieu de venir nous faire chier à 8000 bornes de chez lui ?
Vous le sentez là qu'il m'a énervé ce trouduc ?

Pour finir pour aujourd'hui et pour revenir au truc de la poussière, c'est vrai qu'il y en a pas mal qui s'envole au passage des 4x4 mais pas de quoi en crever non plus.
Ceci étant mon expérience de motard m'a bien servi puisqu'avant de partir, sachant qu'on allait sur une piste, j'avais pris la peine de prendre un tour de cou de motard qui m'a bien servi.

Pour le coup les allemands m'enviaient un peu.

Mais bon, on le sait, le teuton est envieux, c'est d'ailleurs pour ça qu'il vient régulièrement chez nous pour nous piquer ce qui lui fait envie.

Saleté de boches.


Cliquez pour voir le fichier-joint Navajo National Monument, c'est pas la luxuriance de la forêt amazonienne.

Cliquez pour voir le fichier-joint Sec mais beau !

Cliquez pour voir le fichier-joint Quand je vous dis qu'ils faisaient du chewing-gum ...

Cliquez pour voir le fichier-joint ... avec ça !

Cliquez pour voir le fichier-joint La cité Hopi - Navajo du 13ème siècle.

Cliquez pour voir le fichier-joint De plus près.

Cliquez pour voir le fichier-joint Le site vu en enfilade avec ce fameux ce silence assourdissant !!!
Gandalf le OUF
Cliquez pour voir le fichier-joint Monument Valley !

Cliquez pour voir le fichier-joint Une Mesa.

Cliquez pour voir le fichier-joint Les clebs errants locaux.

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Cliquez pour voir le fichier-joint Pub Marlboro ou presque !

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Cliquez pour voir le fichier-joint Une alcôve en formation.

Cliquez pour voir le fichier-joint Le Hogan, habitation traditionnelle typique des Navajos.

Cliquez pour voir le fichier-joint Son occupante qui perpétue les traditions à l'intention des touristes bien sûr !

Cliquez pour voir le fichier-joint Structure du toit. Imposant !

Cliquez pour voir le fichier-joint Une alcôve dont le toit a percé.

Cliquez pour voir le fichier-joint Moments magiques lorsque notre guide puis celui d'un autre groupe ont entonné une chanson Navajo.

Cliquez pour voir le fichier-joint C'est pas Lascaux mais tout de même, ça le fait !

Cliquez pour voir le fichier-joint De vrais broncos indiens sauvages laissés en totale liberté dans le parc.

Cliquez pour voir le fichier-joint C'est juste beau !

Cliquez pour voir le fichier-joint

Cliquez pour voir le fichier-joint 3 photos qui illustrent quand les nuages et la lumières changent le paysage en quelques minutes.

Cliquez pour voir le fichier-joint

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Cliquez pour voir le fichier-joint Vous connaissez cette route ... C'est celle où Forest Gump a arrêté de courir !!!
Gandalf le OUF
Jour 6 :

Je vais vous dire un truc, un hot tub ( bain chaud) après une journée à rouler en bécane et à crapahuter dans Mesa Verde c'est le paradis.

I love the american way of life.

Oui je sais je vous fais chier mais vous voulez que je vous raconte ou pas ?

Mais commençons par le commencement.

Donc je vous l'ai déjà dit, le but de la journée était la visite de Mesa Verde.
Une Mesa pour ceux qui l'ignorerait c'est en gros un plateau dominant une plaine.

Monument Valley n'est composée que de ça, dont la plus célèbre pour les fans de western est Thunder Mesa.
Mais si là elles sont relativement petites comme on le voit dans les films et reportages, il en existe de gigantesques et Mesa Verde est de celles-là.

Après un peu de route je me présente au bureau des Rangers pour demander des infos sur la visite.
Le ranger, extrêmement sympa, commence par me donner un prospectus en français car il a deviné que je ne suis pas vraiment du coin.
Je me demande d’ailleurs comment il a deviné ça ? J'ai un accent ou quoi ?

Bref une fois mon prospectus et mon plan devant moi il m'explique très gentiment ce que je peux aller voir dans le parc et comment.
L'intérêt de Mesa Verde réside dans le nombre extrêmement élevé d'habitations troglodytes des anciens indiens Anasazi.
Une d'entre elles est tout particulièrement remarquable, the Cliff Palace.
Normalement on la visite en compagnie d'un guide d'où mon arrêt au bureau des Rangers mais pas de bol, ils sont en train de faire des fouilles archéologiques et des travaux d'entretien et ces visites guidées sont supprimées, mais m'explique t’il, il y a un point de vue qui surplombe cette cité de façon magnifique et qui me permettra de très bien la voir.

Ensuite, il existe une autre cité, plus petite et accessible moyennant un peu de marche et qui elle est visitable sans guide.
Je constaterai sur place qu’il y a tout de même 2 Rangers qui s'assurent que les touristes ne mettent pas les pieds au-delà des barrières.

Il faut me dit-il, partir d'un point central en haut de la Mesa et rayonner pour voir le plus de trucs possibles.

Comptez +- 2h pour faire le tour des points de vue.

2 h en moto ?

Avec les arrêts, oui.

Ok, et il est loin ce point de départ ?

Ben c'est à 15 miles d'ici.

Ah !

Déjà ça donne une idée de la taille du parc.

Je vais pour le quitter quand il me dit qu'il adore mon T-shirt, celui qu'on acheté en Italie avec Steve Mc Queen dessus.
On échange encore quelques mots sur ce sujet et au moment où je prends congé il me dit avec un grand sourire : Have fun with your bike
.
Je ne sais pas pourquoi il me dit ça de cette façon mais je le remercie, je prends la bécane et je me dirige vers le poste de contrôle. Pour les possesseurs du pass annuel des parcs d'état c'est gratos. C'est mon cas donc je passe fissa et en route.

Je ne vais pas tarder à comprendre pourquoi le ranger m'a dit ça, la route monte vers le plateau en une succession de superbes courbes sur une route bien large.

Malgré ma retenue avec une bécane qui n'est pas à moi et qui me coûtera un bras si je la vautre je finis par craquer un peu et par me lancer dans une montée comme on en a fait en allant vers Venise au mois de mai. Un pied d'enfer.

Malgré que ce ne soit pas ma Fat Boy et que je me méfie tout de même un peu de mes erreurs de conduites avec une moto que je connais peu, cette machine se conduit très facilement et réponds aux moindres sollicitations.
C'est la première fois que je la pousse un peu et je dois dire que je comprends le plaisir de conduite de ceux qui en possèdent une.
Et encore, celle-ci est stock.

Bon, c'est pas tout ça, me voici en haut et ma visite commence.

Faut aimer ce genre de trucs mais moi ça m'intéresse et je suis toujours curieux de voir comment nos glorieux ancêtres se démerdaient pour survivre.
Ces habitations troglodytes sont étonnantes de conception et d'intelligence d'aménagements.
Après faut aimer vivre en hauteur parce que pour le coup elles ne sont vraiment pas au niveau du sol.

Avantages de ces maisons en alcôves : abri pour la pluie ou la neige, t° relativement constante derrière les murs une fois une partie de l'alcôve bouchée, comme dans les grottes, protection évidente contre les prédateurs et ennemis car ces zouaves aimaient se foutre sur la gueule entre tribus.

Inconvénient majeur, si t'as oublié quelque chose en bas tu te fais vraiment chier pour aller le chercher.

Durant mon tour je passe au travers d'une forêt pétrifiée.
Dans les années 90 un terrible incendie a ravagé une partie de la Mesa et la multitude de troncs d'arbres encore debout après toutes ces années donne un spectacle particulier. J'y reviendrai.

Bon, après mon tour en moto je vais manger une "petite" salade dont vous aurez la photo plus bas.

Excellente, elle a la particularité d'être assaisonnée avec une des sauces créées par Paul Newman. Très bonne sauce d'ailleurs.
C'est con comme un petit détail te change la vie. Lol.

Après midi départ pour une promenade à pied vers le site visitable.
Vu de près c'est quand même incroyable qu'au 12ème siècle à peu près ces gens aient construit de telles bâtisses avec quelques troncs d'arbres, du torchis et de la boue.

Devant le site il y a une sorte de boîte contenant des prospectus expliquant le site et dans la même boîte une autre boîte avec une fente. Le truc c'est que tu es supposé mettre un dollar dans la boîte si tu prends le prospectus, mais personne ne surveille.
Eh ben j'ai observé un long moment et pas un seul américain n'a omis de mettre son dollar. Je n'imagine même pas un truc comme ça par chez nous. Les seuls qui n'ont pas payé sont des touristes européens.

Et ensuite vient mon morceau de bravoure de la journée, une randonnée le long d'une de ces corniches qu'utilisaient les Anasazis pour se déplacer le long des falaises qu'ils avaient colonisées.
C'était, comment dire, ...... Sportif !
A déconseiller aux gens en mauvaise forme physique et trop sensibles au vertige.

Certains passages se font sur un sentier d'un mètre de large avec la falaise d'un côté et le ravin de l'autre.

Par le précipice abrupt mais si tu rates une marche tu vas quand même te faire une solide dégringolade plus quelques bobos. Sans parler de la frousse que tu te feras.

Il y avait un moment un passage tellement étroit entre la falaise et un énorme rocher que quelqu'un comme .... au hasard, Eddy (Un pote à moi qui est disons … corpulent !), ne passerait pas.
Même de profil !

Ce sentier, même en sachant où il est, est totalement indétectable pour quelqu'un qui regarde d'en face tant il se fond dans les accidents de terrain et la végétation.

En cours de route on passe devant des petroglyphes, des dessins et gravures dans la falaise faites par les Anasazis. Chose étonnante c'est là, tout simplement, avec un petit panneau demandant de ne pas toucher mais personne pour surveiller.
C'est un peu comme si à Lascau on laissait la grotte ouverte. Et pourtant pas un graffiti, pas une déprédation.

Bref après 1h30 à crapahuter le sentier me ramène sur le dessus de la Mesa et je prends le chemin de retour mais cette fois sur terrain plat. Ouf.
Du coup je traverse à pied cette fois une autre partie de la forêt qui a été touchée par l'incendie et c'est vraiment surprenant parce qu'à côté d'arbres totalement cramés se trouvent d'autres arbres qui ont partiellement brûlé mais qui sont repartis et qui font de nouvelles branches pleines de feuilles.

En gros en cas d'incendie tu as les arbres qui te la font en mode Jeanne D'arc, ils crament et ils meurent et puis t'as les autres qui te la font en mode Jésus, je meurs mais je ressuscite après.

Pour réaliser cet exploit, ces arbres, confrontés aux incendies depuis la nuit des temps, ont développé une capacité de résistance au feu grâce à des couches superposées qui font que le cœur de l'arbre, au centre du tronc, résiste longtemps aux fortes chaleurs. Après, ils pèlent.
Tout dépend donc je pense de l'épaisseur du tronc et de la vitalité de l'arbre pour savoir s'il va ou non survivre à l'incendie.

En tous cas le résultat visuel est étonnant avec ce melting-pot d'arbres bien vivants et d'arbres pétrifiés.

Accessoirement tu te dis tout de même que si un incendie se déclarait maintenant, vu la taille gigantesque de la zone qui a cramé, tu as extrêmement peu de chances de t'en sortir. Du coup tu évites de fumer.

Bon la visite de la Mesa est terminée, je vais prendre la direction de mon motel.

"Ite Mesa Est" dirais-je pour faire un bon mot.

Durango me voici.
Durango, ville provinciale typiquement américaine, ses commerces, ces bars, ces motels, ces bains chauds ....
Oh oui, les bains chauds.

Là je vous narre mes aventures depuis un bar-resto typiquement américain avec une ambiance de folie car l'équipe de foot us locale joue et gagne. C'est juste dément.

Au menu Ceasar Salad. Miam.

Demain j'irai peut-être à la piscine ou alors encore au bain chaud, je me tâte.

Allez, salut.


Cliquez pour voir le fichier-joint Belle illustration d'une Mesa, un plateau dominant une plaine. Ici je suis sur Mesa Verde.

Cliquez pour voir le fichier-joint Première rencontre avec une forêt pétrifiée. On voit les vestiges des anciens arbustes alors que la base est ré-envahie par les nouvelles pousses.

Cliquez pour voir le fichier-joint

Cliquez pour voir le fichier-joint Cliff Palace, cité Anasazi.

Cliquez pour voir le fichier-joint La cité, au-dessus le toit de l'alcôve et sur ce toit la forêt pétrifiée qui reprend vie.

Cliquez pour voir le fichier-joint Ici aussi la falaise est totalement exploitée.

Cliquez pour voir le fichier-joint Balcony House, uniquement accessible par échelles.

Cliquez pour voir le fichier-joint Constructions vues de plus près.

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Cliquez pour voir le fichier-joint Mélange surprenant d'arbres brûlés et morts, d'autres brûlés mais reprenant vie et de jeunes pousses.

Cliquez pour voir le fichier-joint Celui-ci n'a pas résisté.

Cliquez pour voir le fichier-joint Celui-là bien et maintenant il pèle.

Cliquez pour voir le fichier-joint Balade sur la corniche.

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Cliquez pour voir le fichier-joint Les petroglyphes.

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Cliquez pour voir le fichier-joint Ce sentier en corniche est bien là devant vous, mais où ???

Cliquez pour voir le fichier-joint Durango et sa vieille gare d'époque.

Cliquez pour voir le fichier-joint La ticketterie.

Cliquez pour voir le fichier-joint Le train qui vous emmène dans les hauteurs.

Cliquez pour voir le fichier-joint

Cliquez pour voir le fichier-joint

Cliquez pour voir le fichier-joint 'Petite' salade à la sauce PAUL NEWMAN !!! La classe quoi !

Cliquez pour voir le fichier-joint Le bar resto de ce soir où on ne s'entend pas écrire tellement il y a de l'ambiance !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint Le repos du guerrier version USA : Le HOT TUB !!!
Gandalf le OUF
Ca vous intéresse toujours ou j'arrête ?
Grover
CITATION(Gandalf le OUF @ 13/10/2015, 16:49) *
Ca vous intéresse toujours… ?
yes.gif
CITATION(Gandalf le OUF @ 13/10/2015, 16:49) *
… ou j'arrête ?
non.gif
Hinathéa
Comme Grover.
Je commençais même à m'inquiéter quand je ne voyais pas la suite venir, lundi. reflexion_gratte.gif
Scribe
Yep, continue, c'est chouette de suivre ton périple. J'attends avec impatience l'épisode où tu arrives au volcan et où tu descends à D'ni par la faille. yes.gif

Ces habitations des Anasazis* sont vraiment fascinantes, lovées dans leur falaises depuis des siècles...



*mon correcteur orthographique ne connaît pas ce mot et me propose "antinazis" à la place. spamafote.gif
Gandalf le OUF
Jour 7 :

Aujourd'hui c'est relâche. Journée shopping à Durango.

C'est une petite ville sympa dans le Colorado.

Typiquement américaine avec sa Main Street aux multiples commerces, le quartier historique encore plus commercial mais très typé, les commerces au rez-de-chaussée et au-dessus des bureaux comme dans les films avec les détectives ou les avocats, vous voyez le genre, et puis ses quartiers résidentiels avec ce genre de maison où on voyait le gamin passer en vélo et jeter le journal au loin.

Je crois que ce genre de distribution existe toujours car en passant devant les bureaux du Durango Herald j'ai vu des vélos qui devaient servir à ça.

De Durango part un antique train à vapeur qui vous emmène vers les hauteurs.
J'ai renoncé, le prix de la place allant de 95 à 200 dollars. J'aime bien faire des trucs mais tout de même, je ne les ponds pas.

Par contre j'ai visité le musée qui est sympa.

Encore un truc étonnant ici, tous les musées que j'ai visités sont gratuits. Et comme toujours il y a une boîte avec indiqué que les dons seront grandement appréciés.
Du coup tu laisses ton petit billet sans remords.

Donc shopping en vue; ça ne me coûtera sûrement pas moins de pognon mais au moins j'aurai quelque chose en main. Mouarf !
Pour le shopping, inutile de dire qu'on trouve tout ce qu'on veut, fringues, alcools, gadgets, armes, etc.

J'ai passé un moment à la terrasse d'un coffee shop à observer le monde qui m'entourait.

Bus scolaires, trucks, pickups, bécanes, bagnoles de fous, bagnoles de police avec énorme pare-buffle à l'avant, plus quelques engins étranges comme cette bicyclette sur laquelle le cycliste est plus allongé qu'assis, avec un guidon ape, une fourche de bécane custom et à l'arrière un mini moteur genre Solex pour aider au pédalage, le spectacle est permanent.

Je suis entré entre autres dans un candy-shop. A côté les magasins de bonbons chez nous sont minables, pas tant par la taille que par le choix proposé. Juste invraisemblable. J'ai résisté.

Bon, j'ai tout de même fait quelques achats et ma carte de crédit a pris un petit coup dans l'aile mais au diable les varices comme disait mon orthopédiste.

Petit tour à la concession HD du coin. Les prix sont quasi les mêmes que chez nous, y a pas de miracle.

J'ai aussi croisé des gars qui à mon avis jouent au foot US dans une équipe du coin.
À côté notre Dédé est anorexique. (Un pote considéré comme 'balaise' de ce côté de l'atlantique)
Ces types sont des monstres.

Ils te filent une baffe et tu passes du Colorado à l'Arizona sans toucher le sol.
J'adore de plus en plus ce sport et les matchs sont d'une intensité incroyable.

J'aime le foot et j'ai apprécié de découvrir le rugby à 7 grâce au gamin de Dédé mais ça c'est vraiment autre chose. Woaw !!!

Le temps est magnifique et comme nous sommes tout de même dans une station de ski, il fait suffisamment frais que pour ne pas être incommodé par la chaleur.

Ici tout les bikers, sauf les touristes, roulent relax.
J'ai donc sacrifié avec grand plaisir aux coutumes locales en roulant en short, basket, t-shirt et casquette sur la tête.
Ca aussi c'est un pur plaisir !!!

Là je me suis arrêté dans un bar "Welcome Bikers" pour siroter une Bud en vous racontant tout ça. La déco est faite à partir de poignées de pompes à bière.
Original, voire photo ci-dessous.

Grâce au copieux petit déjeuner j'ai sauté le repas de midi sans problème.

Ce soir je retourne au bar-resto d'en face et je me tape une pizza maison.

Ce sera tout pour aujourd'hui.


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Intérieur d'une loco.
"Tourne la manette Joe"
"Euh... laquelle ?"
"La rouge Joe, la rouge"
"P... de b... de m... !"

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Intérieur pour les gens zézés !

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Intérieur pour les grattes-culs ou sans-dents.

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Eliot Ness est parmi nous !

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Elles avaient tout de même une classe folle ces caisses !

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Ils ont un peu changé les camions de pompiers !

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Je déteste la chasse et les chasseurs mais ça, ça m'a quand même fait marrer !

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Le plus vieil hôtel de la ville.

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Comme je disais, les immeubles avec commerces au rez et bureaux au 1er. On s'attend à trouver le bureau de Philip Marlowe.

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Et les célèbres escaliers anti-incendie.

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Faut dire que le skate là-bas c'est un vrai moyen de locomotion.

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A boire pour les toutous. Bon, ok, ça se fait aussi chez nous ...

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Mais à manger, avouez que c'est nettement plus rare !!!

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Un petit chewin-gum ?

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Mon bar du jour.

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Déco originale !
Volyova
Trop bien ce voyage par procuration applaudir.gif
Gandalf le OUF
Jour 8 :

Avant de parler de cette journée commençons par finir celle d'hier.

Pour le soir j'avais donc décidé de retourner manger au même resto-bar que la veille et d'y commander une pizza.
Que je vous explique : au fond du bar se trouve une ancienne caravane transformée en cuisine et il faut se présenter à la fenêtre pour faire sa commande.
Vous payez, vous donnez votre prénom pour qu'on vous retrouve et vous allez vous asseoir.
Je vais donc à la fenêtre et je fais mon choix de pizza.

La jeune fille de service me demande si je veux une pizza 12 inchs ou une 16 inchs.
Comme je ne sais pas vraiment quoi répondre elle me demande si j'ai fort faim.
Je veux que j'ai faim, j'ai rien mangé à midi et j'ai l'estomac dans les talons.
Ok me dit elle, alors prenez une 16 inchs.
Ok, ça roule.

Je vais m'asseoir et je potasse un peu ma route du lendemain.
Au bout d'un moment un gars se dirige vers moi avec un plateau et une énorme pizza.
Devant mon air sceptique il me demande si je suis bien Paul et comme je réponds par l'affirmative il dépose la pizza devant moi et me souhaite bon appétit.

Oh my god !!!

Cette pizza avait la taille d'une des jantes de ma bécane.

Mais comment font les gens ici pour s'enfiler un truc comme ça ?
Parce qu'en plus elle est garnie de façon copieuse.

Même ceux qui ont le plus gros appétit parmi nous n'arriveraient pas à la fin.
Avec une pizza comme celle là Patsi tient une semaine.

J'en ai avalé la moitié par pure gourmandise parce qu'elle était vraiment excellente. Sans doute une des meilleures que j'ai jamais mangé mais à la moitié j'ai calé.
Suis reparti avec un carton et mon autre moitié mais ce matin je l'ai mise à la poubelle.

Je ne me voyais pas me trimbaler avec ma pizza pendant la journée.
J'ai regardé s'il n'y avait pas un sdf qui trainait par là pour la lui filer mais dans ce quartier ils ne traînent pas. Dommage.

Oui, ils ont des sdf aussi.

Bon dodo et ce matin, tôt levé et petit déjeuner consistant.
Aujourd'hui j'ai une de mes plus grosses étapes, +- 500 bornes et pas que d'autoroute.
Il fait frisquet voire même franchement frais et j'ai mis une petite laine pour protéger mon torse de vaillant guerrier de la route.

Durango est à 2000m d'altitude et je pars vers Silverton qui est à 2800m.
Ici l'automne montre le bout de son nez et le matin ça caille.

La route s'élance dans les Rocky Moutains et ça monte bien.
Je passe certainement les 3000m d'altitude puisque ensuite je redescends vers Silverton même.
On se croirait dans les Alpes sauf qu'ici tous les sommets sont arrondis, comme usés.

La forêt qui borde la route des 2 côtés est parée de toutes les couleurs vertes, jaunes, oranges et rouges propres à l'automne par ici.
Ajouter à cela un petit vent qui fait voler de magnifiques feuilles jaunes au travers de la route et vous aurez une idée du trajet somptueux que je fais dans les montagnes.

En arrivant à Silverton une erreur d'aiguillage m'oblige à faire un demi tour sur un truc en pente plein de graviers.
Je vais pour reprendre ma route lorsqu'un camion déboule sur ma gauche.
Vu le genre de camion par ici tu ne discutes pas et tu t'arrêtes, sauf que là je suis en dévers et sur du gravier... et ça ne rate pas, la bécane se couche.

P.... de b.... de m... !!!

Bon j'étais à l'arrêt donc je sais déjà qu'il n'y aura aucun dégât mais je jure tout de même un bon coup, d'autant que la moto n'est pas à l'horizontale mais en pente, le guidon vers le bas.

Avant même d'essayer je sais déjà que je n'arriverai pas à la redresser seul.

J'ai à peine le temps de me dégager qu'un américain d'une cinquantaine d'année arrête sa jeep à côté de moi et me dit avec un sourire 25 carats : Bad place to stop !
Tu l'as dis bouffi.

Ni une ni deux en 15 secondes chrono la moto est sur sa béquille.
Thanks for your help sir !

Bon, je lui dis que je crois que j'ai besoin d'un bon café et toujours avec son grand sourire il m'indique un coffee shop à Silverton, ou alors au bled suivant, Ouray qui, me dit-il, est un coin de Suisse en Amérique.
« Very nice place !!! ».

Comme j'avais décidé de m'arrêter à Silverton je ne change pas mes plans.

Si vous avez un minimum de bases en anglais vous aurez compris que Silverton est une déclinaison de Silver Town, et donc comme c'est une bourgade minière qu'est ce qu'on y trouve ?
Voilà !

Très sympa, avec de vieilles maisons aux façades peintes et plein de commerces du métal en question.
Emplette et hop je reprends la route.
Accessoirement c'est le bled où arrive le train à vapeur que je n'ai pas pris la veille.

Départ pour Ouray en empruntant la Million Dollar Highway.
Il y a plusieurs routes pour aller de Durango à Moab mon point de chute, mais on m'avait conseillé celle-là pour sa beauté.
On ne m'a pas menti.

Ce second tronçon est absolument magnifique et s'enfonce profondément dans les Rocheuses.
La route est en bon état et large mais elle a cette particularité de longer d'impressionnants ravins sans qu'il n'y ai le moindre garde-fou ou rail de sécurité. Pour nous habitués à ce genre de trucs c'est un peu déstabilisant.
Pas vraiment dangereux mais étrange.
De toute façon tu ne risques pas grand chose, la vitesse étant strictement limitée à 25 voire même 15 milles/h et les américains respectant scrupuleusement ces limitations, pour se vautrer faut vraiment le vouloir.

Sur le trajet, des travaux.

Pourquoi nous raconte t'il ça vous demandez vous, on s'en fout qu'il y ait des travaux.

Juste pour deux trucs : Primo ici pas de feu réglant la circulation dans un sens ou dans l'autre comme chez nous, mais 2 gars, un à chaque bout du chantier, qui règlent la circulation avec un grand bâton au sommet duquel il y a un panneau à 2 faces.
Un côté avec Stop, l'autre avec Slow. Et les mecs communiquent par talkie-walkie.
À chaque chantier routier tu vois ça avec 2 mecs qui passent leur journée à faire ça.

L'autre truc pour lequel je vous parle de ces travaux c'est qu'il est courant de voir des femmes travailler aussi dur que les hommes sur ces chantiers.
Ce n'est pas chez nous qu'on verrait ça.
Moi j'applaudis à 2 mains... D'autant qu'applaudir à une main est extrêmement difficile.

Bref j'arrive à Ouray.

Ok, mon gars de tout à l'heure n'a jamais mis les pieds en Suisse c'est une certitude.
En dehors du fait que nous soyons dans un paysage montagneux et que les maisons ont vaguement , mais très vaguement, un air de chalets ça s'arrête là.
Pour autant la bourgade est effectivement très jolie et inviterait au repos si j'avais le temps.

Ah oui, ce qui est très Suisse partout où je passe c'est la propreté et l'entretien des lieux.
Allez, ne mégotons pas, ok, on est dans la Suisse américaine.

Sortant des Rocheuses que j'aurai donc traversé de part en part j'arrive sur une sorte de plateau extrêmement fertile puisqu'il est occupé par d'immenses cultures de toutes sortes et surtout évidemment de maïs.
Une occasion de voir les fameux tracteurs jaune et vert de John Deer.
Quelques magnifiques ranchs aussi.

La configuration des bourgades américaines fait qu'au sortir de la ville, perpendiculairement à la route principale partent des routes secondaires qui mènent à des lieux de résidence de plusieurs bâtisses.
Du coup, pour faciliter le boulot du facteur, à l'entrée de ces routes se trouvent des séries de boîtes aux lettres.
Vous savez, ces boîtes typiques avec le petit drapeau qui se lève lorsqu'il y a du courrier dedans.

J'imagine que de loin les habitants surveillent leur boîte à la jumelle pour savoir s'il y a du courrier.
- Il y a du courrier chou ? J'attends un paquet des 3 Suisses.
- Attends, je prends la longue vue et je te dis ça tout de suite. Ah oui, le drapeau est levé. Bon je vais le chercher je reviens d'ici 30 minutes.
Faudra que je pense à m'arrêter pour vous photographier ça.

Nouveau décor, je rentre dans une zone beaucoup plus aride en me dirigeant vers Grand Jonction, Colorado.
C'est incroyable la vitesse à laquelle le paysage change dans ce pays.

Un peu avant d'arriver à Grand Jonction je passe devant un énorme magasin de boots et chapeaux cowboy. Ils soldent tout à 50% pour cause de fin d'activité.
Je pile et je rentre dans le parking.
Ok, ça c'est un putain de magasin de boots !!!
Vous verrez les photos en bas. J'ai photographié 2 rayons et il y en a 15 comme ça.
L'autre coté du magasin est consacré aux Stetson, ceintures et autres accessoires en cuir.
Bon, j'ai craqué pour des boots.
J'aurais bien pris un Stetson aussi mais franchement je me demande où je l'aurais mis.
En plus ici c'est courant mais chez nous t'as tout de même l'air d'un pingouin avec ça sur la tête.

Arrêt à Grand Jonction vers 15h pour avaler une sorte de croque-monsieur et discuter le bout de gras par Messenger avec ma femme.

Je fais le plein.
Important de faire le plein régulièrement aux states et bien avant d'être à sec car tu ne sais jamais quand tu verras une autre pompe.

Très bonne idée, la ville suivante est à 150 km et je ne verrai pas une seule pompe entre les deux.
Ici c'est pas comme chez nous, il n'y a des pompes qu'aux abords des villes ou bourgades, pour le reste va te faire voir.

Allez hop, j'enquille la Highway 70 et me voilà parti pour 150 km de désert absolu.
Encore un changement de décor.

Les Highways sont les autoroutes américaines.
Vitesse limite 75 ou 80 milles à l'heure maxi.
2x2 bandes mais séparées par un terre plein central sur lequel dans sa portion la plus étroite tu peux mettre un terrain de tennis en longueur et dans la plus large, facile un terrain de foot.
Et ceci sans raison vraiment apparente. Ils s'en foutent ils ont toute la place qu'ils veulent.

Si je ne dois retenir qu'un truc de ce voyage ce sont certainement ces immensités désertiques …

et aussi la gentillesse des américains, leurs véhicules en tous genres, la majesté de certains lieux, les portions invraisemblables de bouffe et l'américain way of life.

Oui je sais ça fait plus d'un truc, et alors ?

C'est moi qui raconte oui ou merde ?

Bon.

Donc c'est le désert mais pas comme au Sahara, ici le sol est recouvert d'une végétation, rabougrie certe, mais bien présente.
Il fait une chaleur infernale et tu n'oses même pas imaginer ce qui t'arriverait si tu tombais en panne d'essence.
Pour pisser tu te mets le dos au soleil de peur de voir ta bite transformée en merguez le temps que tu te soulages.
Heureusement tu transpires tellement que t'as plus rien à pisser.
La moto a aussi chaud que moi et j'ai les mollets qui cuisent.

En plus depuis ce matin j'ai un point douloureux dans le dos.
C'est simplement musculaire et pas bien grave mais ça me fait tout de même iech.
Bref je serai content d'arriver.

A l'approche de Moab nouveau changement de décor.
Je reviens vers le grand canyon et les immenses falaises rouges vifs. Je passe devant d'énormes rochers gris qui ressemblent à s'y méprendre à de la peau d'éléphant.
On dirait vraiment qu'on a enterré là d'immenses éléphants dont seul le dos dépasserait. Marrant.

Allez, me voici enfin à Moab et j'ai bien mérité un petit tour de piscine puis de jacuzzi.

Si, si, il y a ça dans ce motel aussi.

Une bonne petite bouffe en ville, avec un Jack Daniel's-Coca de derrière les fagots, quelques achats et me voici devant le bureau de ma chambre à vous raconter ma journée.

Demain visite de Canyonland National Park.

A plus les potes et potines.


Cliquez pour voir le fichier-joint Silverton et ses facades colorées

Cliquez pour voir le fichier-joint

Cliquez pour voir le fichier-joint Un vieux bâtiment avec le Coffee Shop où je me suis remis de mes émotions.

Cliquez pour voir le fichier-joint Les rangées de boites aux lettres.

Cliquez pour voir le fichier-joint Un putain de magasin de boots !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint Un second rayon, il y en a 15, rien que des boots !

Cliquez pour voir le fichier-joint La partie STETSON.

Cliquez pour voir le fichier-joint J'ai donc craqué pour ça ! Le tiers du prix chez nous.

Cliquez pour voir le fichier-joint Une vue des rocheuses. C'est les alpes en plus arrondi.

Cliquez pour voir le fichier-joint Ma chambrette. Cosy !

Cliquez pour voir le fichier-joint Le bureau temporaire de la rédaction de ce compte-rendu fantastique ! Si, si !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint Le repos du guerrier, parce que bon, faut pas déconner non plus !
Scribe
CITATION(Gandalf le OUF @ 15/10/2015, 14:01) *
J'imagine que de loin les habitants surveillent leur boîte à la jumelle pour savoir s'il y a du courrier.
- Il y a du courrier chou ? J'attends un paquet des 3 Suisses.
- Attends, je prends la longue vue et je te dis ça tout de suite. Ah oui, le drapeau est levé. Bon je vais le chercher je reviens d'ici 30 minutes.
laugh2.gif

T'as craqué pour les bottes mais pas le chapeau ? Quitte à avoir le look cow-boy tu aurais pu pousser le vice jusqu'au bout quand même. biggrin.gif Bon, c'est vrai, un chapeau c'est chiant à trimbaler et sur une moto c'est ptet pas l'idéal...


Question pratique d'ailleurs, tu étais équipé comment niveau bardas ? Tu pouvais transporter combien de kilos sur ton bolide ?
Volyova
C'est vrai que c'est étonnant ce changement de paysage, du désert aride aux montagnes suisses !
Les photos sont vraiment chouettes et permettent de mieux te suivre.
En fait tu devais avoir l'impression d'être dans un film en permanence, on a tellement l'habitude d voir ces décors dans des films biggrin.gif
Ma frangine a fait un voyage l'année dernière sur la "route du blues", en passionnée de cette musique. De Menphis à la Nouvelle-Orléans, sur les lieux mythiques du blues avec des concert très "roots"
Elle me disait qu'elle s'était parfois sentie comme "prise dans un film" tellement les lieux lui semblaient caricaturaux alors qu'ils étaient juste réels.
Gandalf le OUF
Pour Scribe : Je n'aurais vraiment pas su où le foutre le Stetson, sinon je crois que j'aurais craqué aussi !

Niveau équipement : j'avais des chaussures montantes mais pas trop rigides qui ne m'ont pas quitté, en moto comme en randonnées pédestres. Nickel !
J'avais pris mon jean's en Kevlar mais j'y ai renoncé après 2 jours, trop chaud en moto et trop raide lors de longues marches, retour au jean's classique.
Des T-Shirts et comme je l'explique quelque part mais peut-être pas encore ici, mon blouson de cuir qui m'offrait une bonne protection en cas de chute mais aussi et ça m'a surpris moi-même une excellent protection contre les ardeurs du soleil.
J'ai assez peu roulé en toute décontraction, mais quand je l'ai fait c'était vraiment très très agréable.
Pour mes affaires je disposais de 2 sacoches latérales dont une a été remplie par les boots et un peu de linge sale, d'un coffre de porte-bagage assez conséquent puisqu'il contenait tout mon linge propre au départ et d'un sac à dos que j'ai fixé sur le siège passager dés que le linge sale et les achats cadeaux et autres souvenirs sont devenus trop conséquents que pour tenir dans le simple coffre.
C'était juste mais j'y suis arrivé. J'étais parti avec un strict minimum aussi !

Pour Volyo : C'est exactement ça. Tu roules ou te promènes et subitement tu as l'impression d'être dans un décor familier de film ou de série. C'est étonnant mais magique !
Gandalf le OUF
Jour 9 :

Pas de grand déplacement aujourd'hui, je visite les environs de Moab.

Départ tôt car je vais visiter Canyonland, 5 h de visite prévues et je voudrais faire un autre truc l'après-midi.

Canyonland est une autre zone de tout ce qui touche de près ou de loin le Grand Canyon.
On monte sur une Mesa et on avance jusqu'au bord qui surplombe les canyons environnants.

Première partie, Island in the sky.
C'est un parc national donc mon pass fonctionne.
Après une assez longue route dans le parc on arrive aux différents centres d'intérêts.

Premier arrêt pour aller pedibus admirer un cratère fait il y a 2.000.000 d'année par l'arrivée inopinée d'un météore un poil distrait.
Ce con a fait un trou comac dans le sol, allant jusqu'à faire ressortir le sel qui se trouvait tout en dessous.

Oui, il y a 3.000.000 d'années toute cette zone était une gigantesque mer intérieure qui s'est lentement évaporée, d'où le sel.
Il y a donc au milieu de ce cratère comme des rochers grisâtres qui seraient du sel.

Je dis qui seraient parce que j'ai pas été goûter.
Mais bon, je fais confiance aux panneaux explicatifs. Vous me connaissez, je ne suis pas du genre chicaneur.

Gros trou tout de même. J'aurais pas voulu être là quand c'est tombé.
Sous l'impact le météore c'est vaporisé mais heureusement personne n'est venu le réclamer, on aurait été emmerdés.

Je repars pour aller à l'extrême bout de la Mesa d'où la vue à la réputation d'être magnifique.
Et je ne suis pas déçu du déplacement. Du haut de ce promontoire la vue est à couper le souffle.
On voit jusqu'à une distance de 100 miles ce qui plutôt grosso que modo fait tout de même 160 kms.
D'ici à là-bas ce ne sont que canyons enchevêtrés.
Les falaises sont vertigineuses et on voit un peu partout ces piliers de pierre coiffés d'un gros rocher qui semble en équilibre tout là haut.

C'est étonnant, le temps et l'énergie que ces mecs auront dû dépenser pour aller foutre ses cailloux là en haut. Mais le spectacle en vaut la peine.
Ah, on me signale à l'instant que ce ne serait pas du tout comme ça que ça c'est fait, il s'agirait de l'érosion toussa toussa.
Bon on s'en fout, le spectacle est au rendez-vous.

Je repars pour m'arrêter cette fois au bord d'un autre canyon.
Je m'arrête surtout parce que je vois des 4x4 s'engager dans une piste qui semble descendre dedans.
Je m'approche du ravin et effectivement les 4x4 descendent une piste qui plonge dans le canyon.
La piste est large pour une bagnole et demi, n'est pas macadamisée et présente par-ci par-là des élargissements pour que ceux qui montrent puissent croiser ceux qui descendent.
Faut bien regarder sa route pour voir où on met ses roues et faut bien regarder devant pour anticiper la venue d'un autre véhicule car ces élargissements ne sont pas légion.

Putain, un truc comme j'aime. Si je reviens je loue un 4x4.
Ça doit être trop cool de descendre ainsi dans le fond d'un canyon.

Bon allez je vais un peu plus loin.
Nouvel arrêt et magnifique spectacle d'étendues d'eau en escaliers de couleur turquoise.
Ce sont des salines. Donc il y a bien du sel ici, ils ne racontaient pas de conneries tout à l'heure.
Cette touche turquoise dans cette immensité rouge est du plus bel effet.

Je repars encore une fois pour aller voir Dead Horse point of vue.

Cette fois c'est une plongée visuelle sur la Green River qui nous est offerte.
Magnifique.
Et devinez quoi ?
Cette rivière est effectivement toute verte.
En même temps elle aurait été violette qu'on aurait moins compris qu'elle s'appelle la Green River.

D'ici je vois aussi la piste dont je vous parlais tout à l'heure d'un autre point de vue, avec les 4x4 qui passent en bas.

Allez, mine de rien avec le temps de retour vers l'hôtel les 5 heures seront bien passées.

Je repasse donc par l'hôtel pour me rafraîchir un peu avant de repartir et aussi pour dire quelques mots sur Skype avec ma petite famille.
Devant l'hôtel est garée une de ces motos avec 2 roues devant qu'on voit pas mal par ici.
Comme je la regarde le couple qui en est propriétaire et qui est assis là en train de fumer une clope engage la conversation.
Je leur explique qu'on ne voit pas vraiment ces engins chez nous, ce qui explique ma curiosité, et que chez nous on voit plutôt les trikes avec 2 roues derrière.
Et comme je lui demande si c'est facile à conduire il me répond avec cette candeur typique des américains : "Comme une moto-neige mais je suppose que vous ne savez pas ce que c'est."
Genre chez nous il n’y a pas de neige et donc on connaît pas.
Mouarf, ces amerloques sont vraiment trop parfois.

On a papoté ainsi un bon moment et, petite satisfaction toute personnelle, alors que les premiers jours j'étais un peu paumé avec mon anglais je constate avec plaisir que ça va de mieux en mieux.
Je retrouve mon vocabulaire, je fais moins de fautes et je comprends de mieux en mieux ce qu'on me dit.
Je n'en suis pas à regarder les News en comprenant tout mais je progresse.

Cet après-midi le programme consiste à emprunter ce qu'ils appellent une Scenic Road, c'est à dire une route particulièrement belle.
Celle que je vais emprunter pénètre dans un canyon pour longer le Colorado mais en étant vraiment à côté et pas au-dessus.
Magnifique route effectivement, enchâssée entre les parois du canyon et sinuant de concert avec les méandres du rio.
C'est un aller-retour mais ce n'est vraiment pas un souci tant les jeux de lumière dans ce canyon en cette fin d'après-midi donne l'impression de ne pas refaire la même route.
En chemin je fais un stop dans un petit musée qui retrace l'histoire de tous les films tournés dans la région. Il y en a une chiée.
J'ai fais une autre halte juste pour le plaisir d'aller sur une petite plage et m'asperger le visage avec l'eau du rio.

Je me suis rafraîchi avec la flotte du rio Colorado les mecs.
Ma vie ne sera jamais plus tout à fait la même.

Ceci étant elle est plutôt fraîche.

Je n'ai pas fait de photos sur cette route mais bien une vidéo avec ma GOPRO. Vous n'en verrez donc rien mais c'était plus que joli, croyez moi sur parole !

Je termine ma journée dans un autre petit resto sympa qui propose tellement de sortes de hamburgers que c'est vraiment toute une histoire de choisir.

Miam.

Allez, à demain.

Cliquez pour voir le fichier-joint Canyon Land et un bout de la piste.

Cliquez pour voir le fichier-joint La piste qui descend !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint le jeu local, il faut tenter de rajouter une pierre. Il y en a vraiment partout !

Cliquez pour voir le fichier-joint Le cratère du météore et la couche de sel dévoilée.

Cliquez pour voir le fichier-joint Island in the sky.

Cliquez pour voir le fichier-joint La Green River. Vous la verrez mieux plus loin.

Cliquez pour voir le fichier-joint Les Hoodoos, flèches rocheuses surmontées d'un roc de structure différente.

Cliquez pour voir le fichier-joint Vue de plus près. C'est vraiment étonnant !

Cliquez pour voir le fichier-joint Phénomène d'érosion. On a vraiment l'impression que tout ça c'est effondré d'un coup !

Cliquez pour voir le fichier-joint Les strates.

Cliquez pour voir le fichier-joint Green River, indubitablement verte !

Cliquez pour voir le fichier-joint Les salines

Cliquez pour voir le fichier-joint Idem

Cliquez pour voir le fichier-joint Je ne pouvais pas ne pas photographier ça !

Cliquez pour voir le fichier-joint Est-ce qu'on n'est pas dans un film là Volyo ?

Cliquez pour voir le fichier-joint Rencontre inopinée !!!

Cliquez pour voir le fichier-joint La moto à trois roues, rare chez nous, très commune là-bas !
Gandalf le OUF
Jour 10 :

Avant de quitter définitivement Moab je pars visiter Arch Valley.

Je vous le dit tout net, Arch Valley ça se mérite.

D'abord parce que les arches sont relativement distantes les unes des autres mais aussi parce que pour une fois la route ne conduit pas à proximité des points de vue ou de visite, faut marcher et pas qu'un peu sous un soleil omniprésent.

Premier arrêt après une entrée magnifique dans le parc, Balanced Rock, un énorme rocher en équilibre sur une aiguille rocheuse.
Vraiment impressionnant. Tu te dis qu'à un moment tout de même ils vont interdire aux oiseaux de se poser dessus de peur qu'il ne bascule.
Tout semble figé dans ces parcs rocheux mais le désert vit et change encore régulièrement.
Une aiguille rocheuse plus petite mais semblable à peu de distance de celle-ci s'est effondrée il y a quelques années. Rien n'est immuable, même pas les montagnes.
Quelques photos et je repars.

Arrêt suivant Delicate Arch.

Une demi-heure de marche pour accéder au site et ça monte.

Sur le chemin une antique baraque de pionnier. Fallait vraiment avoir envie pour venir se foutre ici. Je vous raconte pas la simplicité de la baraque, mais elle est toujours débout malgré son âge.

Après un sentier plus ou moins horizontal commence une sérieuse ascension sur une énorme plaque rocheuse.
Nouvel épisode de la gentillesse spontanée des américains : une dame d'une cinquantaine d'années est appuyée contre une barrière en bas de cette plaque rocheuse et semble attendre quelque chose ou quelqu'un me dis-je.
Au moment où j'arrive à sa hauteur un américain qui marche à côté de moi s'arrête et demande à la dame : Are you ok ?
Effectivement la dame a renoncé à la grimpette et préfère attendre son mari et rassure le bonhomme, mais une fois encore c'est un exemple de cette spontanéité des américains. En Europe je pense qu'il aurait fallu qu'elle s'écroule par terre avant que quelqu'un daigne s'intéresser à elle.

Bon grimpette il y a, grimpette je fais.

Mon passé de randonneur en montagne me fait retrouver mes réflexes, ne pas regarder l'obstacle à franchir, diminuer fortement la longueur des pas et se concentrer sur sa respiration. Au bout de quelques minutes je trouve mon rythme et je grimpe en laissant derrière moi tous ceux qui m'accompagnaient plus ou moins.
Au moins ça je sais encore le faire, et ça grimpe, je vous le dis.

Une fois en haut ça repart le long d'une corniche relativement large et enfin je débouche sur l'arche.

Et une fois encore : WOAW !

Cette arche suspendue dans le ciel est de tout beauté. Le spectacle est magnifique et je m'assieds un bon moment pour admirer cette merveille de la nature.

Je perds aussi un bon moment à attendre un moment où aucun clampin ne va se placer sous l'arche pour faire quelques photos.
C'est incroyable ce besoin des gens de se faire photographier juste à côté ou juste en dessous, voire même carrément sur un truc remarquable.
À croire que s'ils n'ont pas la photo de leur tronche avec le sujet à photographier leurs copains ne croiront pas qu'ils y ont été.
Quel intérêt de se faire photographier sous une arche alors qu'elle est simplement splendide toute seule ?

Bref, retour vers la bécane. Cette première excursion m'aura pris une petite heure.

En route pour aller voir Sand Dune Arch et Broken Arch qui ne sont distantes que d'une dizaine de minutes de marche.
Sand Dune Arch est une petite arche sympa au fond d'un petit canyon.
C'est surtout le chemin pour y parvenir qui est cool entre les parois du canyon.
Ensuite direction Broken Arch qui doit son nom au fait qu'elle est fêlée. Celle-ci est nettement plus imposante. Allez, photos et retour vers la moto.

Comme d'habitude il fait soif et je bois beaucoup.

En route pour The Devil's Garden.
Sous ce nom poétique entre tous se cache une putain de randonnée de plus de deux heures aller-retour.

La première partie est plutôt facile avec un sentier bien damé qui mène jusqu'à Landscape Arch.
Une pure merveille. C'est une arche toute fine de la longueur d'un terrain de foot.

WOAW again !!!

A partir de là commence la seconde partie qui mène à la Double Arch et celle-là aussi elle se mérite.
Le chemin qui y mène est un' primitive trail ´ c'est à dire qu'à part t'indiquer le chemin rien n'a été fait pour te faciliter le boulot.
C'est grimpette en tous sens, montée et descente dans le bush et chaleur d'enfer.

Les sand-rocks dont est composé le relief ont tendance à se fendre facilement sous l'effet de l'érosion, des infiltrations d'eau, etc.
Donc, pour imager un peu, certains gros blocs ressemblent un peu à un pain découpé. Et vous vous promenez sur la croûte d'une tranche, sachant que les autres tranches ne sont pas juste à côté. Bon, les tranches sont larges mais c'est spectaculaire et vraiment fun.

Lorsque j'arrive enfin à cette Double Arch je finis ma bouteille d'eau d'un litre et demi. Avec ce que j'ai bu au petit déjeuner je dois en être à largement plus de deux litres ingurgités dans la matinée.

Tout va à l'envers ici. En Belgique je bois deux bières et j'en pisse un bac, ici je bois 3 litres de flotte et je pisse un gobelet.

Encore une fois il fait très chaud mais cette chaleur est infiniment plus supportable que chez nous. Je préfère largement un 35° ici qu'un 25° chez nous parce que l'air est sec. On n'est pas écrasé par le taux d'humidité.
Par contre on se déshydrate à toute vitesse. Après 10 minutes de marche on a la bouche en carton et il faut boire, boire et encore boire.
Pour certaines randonnées les panneaux recommandent 3 litres d'eau minimum par personne. C'est vous dire.

Bref me voici à Double Arch qui comme son nom l'indique est composée de 2 arches superposées. C'est une nouvelle fois splendide. Comme d'autres je reste aussi assis là un bon moment à admirer.

Bon allez, en route pour le retour, sans flotte. Je sens bien que je vais avoir soif pendant l'heure qui suit. Heureusement dans ce sens ça redescend plutôt.
Au bout d'une demi-heure je n'arrive même plus à avaler ma salive tant elle est épaisse.

En chemin je rencontre un lapin local suffisamment sympa que pour me laisser approcher à moins de 3 mètres pour le photographier.
J'engagerais bien la conversation mais déjà que j'ai encore un peu de mal avec mon anglais, alors le ´Lapin des sables' j'ose même pas vous en parler.
Je le remercie tout de même de son obligeance et je repars.

Je finis par arriver au parking et je me jette sur la fontaine. Il y en a partout aux states de ces fontaines et heureusement.
Vous voyez de quoi je parle hein ? Ces petites fontaines qui ressemblent à un évier et dont le jet est dirigé vers le haut quand vous appuyer sur le bouton.
Il y a aussi un robinet pour remplir les gourdes et bouteilles. Je remplis la mienne et j'en vide aussi sec la moitié. J'en suis à plus de 3 litres ingurgités et la sensation de soif reste présente. Impressionnant.

Bon, il est maintenant près de 15h et je dois encore repasser chercher un bagage à l'hôtel avant de me taper 350 km.
Retour à l'hôtel, récuperrassionage du bagage et en route.

Et me voilà reparti dans les grandes zones désertiques.

Tout en roulant je me fais la réflexion qu'il fallait tout de même les avoir sérieusement accrochées pour oser se lancer dans ce genre de traversées sur des chariots branlants et de vagues pistes toutes cabossées sans aucune certitude de trouver de l'eau.
Ces pionniers en avaient.

Ceci étant quand on sait que je vous parle là d'il y a moins de 200 ans d'ici et qu'on voit le réseau routier aujourd'hui on se dit qu'ils n'ont pas lésiné sur le macadam par la suite. La vache !

En roulant je croise beaucoup d'autres motards et je constate une fois de plus qu'il existe une véritable inimitié entre Harleyistes et propriétaires de Japi ou autres.
Ceux là ils peuvent toujours se brosser pour avoir un petit signe de la main lorsqu'ils croisent les Harleyistes qui sont évidemment très largement majoritaires.
S'ils veulent un bonjour ils le font entre eux et puis c'est tout.
Mais c'est vraiment incroyable. A un moment je suivais 2 mecs qui faisaient aussi un voyage en moto mais sur des japis. Eux devant donc et moi 50 mètres derrière.
Arrive en face un groupe de Harley, eh ben pas un signe jusqu'au moment où ils sont arrivés à ma hauteur et moi j'ai eu droit à un signe de la part de toutes les motos.
Tu dois te sentir un peu seul parfois en Japi par ici. Mouhahahaha !

Ah oui j'oubliais, comme j'avais tout de même un gros coup de barre en sortant du parc, avant de reprendre la route je fais le plein et je vais boire un café.
Dans le magasin je me laisse tenter par un tout petit pot, genre Yakult, sur lequel il est écrit : Energy for 5 Hours.
On dirait du yoghourt liquide comme consistance mais alors le goût il arrache. J'avais pris goût raisin mais c'est tellement puissant que t'en reste scotché un moment à la première gorgée.
Mais alors pour être efficace c'est efficace. Je ne sais pas ce qu'ils foutent là dedans mais après 15 minutes mon coup de barre était passé et je pêtais la forme.
Je claquerai mes derniers dollars pour en ramener quelques flacons.

J'arrive à Hanksville.
Déjà faut être américain pour appeler ça ´Ville'.
Moi j'aurais appelé ça Hank-Trou-Perdu.
Bonjour le bled.

Bon, pourquoi j'en parle, c'est parce que le gars d'hier ( celui avec son trike à l'envers, essayez de suivre un peu, merde ) m'a parlé de la route qui suit entre ce bled et Torrey où je me rends.
Cette route m'a t'il expliqué est magnifique car elle passe dans une vallée étroite très verte mais dans laquelle vivent aussi quantité de ´deers' sorte de biches locales et de ´wild turkeys' soit des dindes sauvages.

Des dindes sauvages ???

« Ouaip et grandes comme ça « me dit il en montrant son genou.

« Et ces animaux ont une fâcheuse tendance à traverser sans regarder. »

Ah ouais ?

Putain, effectivement si tu rencontres ça au détour d'un virage tu vas au plancher sans coup férir.

Donc à partir de Hanksville, mollo-mollo sur la manette des gaz.

Eh ben j'ai eu droit aux deux.
Les biches dans une prairie sur le côté et les dindes carrément sur le bord de la route.
Ça surprend tout de même.
J'ai photographié la biche et son petit mais les dindes se sont barrées le temps que je m'arrête en sécurité.

Je dis ça parce qu'ici les dégagements sont tous en dévers et en gravier.
Et le gravier en dévers j'ai déjà donné.
J'ai même failli donner une deuxième fois tant ces trucs sont traîtres.
Donc méfiance.

Le crépuscule se pointe et j'ai droit à un ciel rouge et orange de toute beauté une fois de plus.
Torrey enfin.

J'ai zappé le petit tour dans Capitol Reef, il était trop tard. De toute façon on m'avait prévenu que ce serait limite et que je ne pourrais faire qu'un petit tour dedans.
Pas l'impression d'avoir raté quelque chose.

L'attrait de ma chambre d'hôtel et de sa douche après ma journée l'aura emporté.
Hôtel sympa façon motel de film une fois de plus avec l'excellente idée d'avoir un Resto inclus. Ça m'évitera un nouveau déplacement. Suis un peu naze.

Au menu de ce soir ça a été steak de thon avec ses petits légumes. Une petite salade fraîche en entrée et un diet cola. Ça va mieux tiens.

Et me voici dans mon pieu, à vous raconter tout ça avec un œil sur l'inévitable match de foot us.

Bon, j'ai dû changer de carte mémoire dans mon appareil photo. Ça veut dire pas loin de 700 photos pour ma première semaine. Plus ce que la Go Pro a enregistré.

Les gars si je dois vous faire un montage avec tout ça soit je sabre sérieusement soit attendez-vous à un truc de 5 heures. Mouahahahahaha !

À vous de choisir.

Putain mes pompes de moto sont ocres à force de poussière du désert. Me demande si je saurai les ravoir.

Bah m'en fous, c'est beau aussi.

A plus bande de zouaves.


Addenda à la journée :

Je me suis livré à une petite expérience : comme je voyage léger pour cause de place, il y a deux jours j'ai fait ma petite lessive le matin dans l'hôtel puisque je restais deux nuits. Je pouvais faire sécher.
Le soir ce n'était pas vraiment sec à cause de l'air co.
Donc j'ai sorti la planche à repasser qu'il y a dans beaucoup de chambre et j'ai terminé le séchage au fer en regardant la tv.
Pas de soucis sauf qu'à la fin j'en avais marre et que je me suis demandé : est-ce qu'on peut faire sécher des chaussettes au micro-onde ?
Allez hop, 2 minutes pour voir.
Eh ben on peut mais faut sortir les chaussettes avec une pince après tellement elles sont chaudes. Mouahahahahaha on n'arrête pas le progrès.


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Cliquez pour voir le fichier-joint La nature fait ça ...

Cliquez pour voir le fichier-joint Les hommes font ça. Je vous avais dit que c'était le jeu à la mode.

Cliquez pour voir le fichier-joint Authentique cabane de pionnier, fallait le vouloir !

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Cliquez pour voir le fichier-joint La même avec 2 pingouins qui se trouvent beaux en-dessous.

Cliquez pour voir le fichier-joint Elle va casser un jour, c'est sûr !

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Cliquez pour voir le fichier-joint Landscape Arch, toute en finesse.

Cliquez pour voir le fichier-joint 'Primitive Trail' C'est par là mais démerde-toi !

Cliquez pour voir le fichier-joint Les rochers découpés comme des tranches de pain

Cliquez pour voir le fichier-joint Double Arch

Cliquez pour voir le fichier-joint Vue par l'autre côté.

Cliquez pour voir le fichier-joint Mon pote le lapin

Cliquez pour voir le fichier-joint Biche locale dans le crépuscule

Cliquez pour voir le fichier-joint Son petiot

Cliquez pour voir le fichier-joint Coucher de soleil sur Torey

Cliquez pour voir le fichier-joint Mon motel avec resto inclus et l'omniprésent drapeau national

Cliquez pour voir le fichier-joint Putain mes pompes ... !
Volyova
Et pourquoi qu'on peut pas voir la vidéo ?
Tu la postes sur Viméo ou sur You Tube et tu la rends privée pour que seul ceux à qui tu donnes le lien puissent la voir.

Et sinon, c'est quoi un tour de cou de motard et à quoi ça sert ?

Et aussi, tes photos sont superbes et vachement parlantes, je trouve. Tu as souvent saisi tout ce qui fait l'Amérique et nous semble si exotique, que ce soit dans les paysages ou dans le mode de vie ! number-one-45.gif
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